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CHAPITRE II. — LA TOPOGRAPHIE HANS TOU.S LES TEMPS

car ses plans appariiennenl plutôt, à la Perspective cavalière qu’à la Topographie proprement dite».

Celte opinion de l’un des hommes en qui nous avons toujours trouvé un guide des plus éclairés ne doit cependant pas nous empêcher de considérer Beaulieu et avec lui plusieurs des grands dessinateurs, ses contemporains, que nous avons cités plus haut, Sébastien Leclerc et Le Pauire entre autres, comme les promoteurs d’une véritable transformation du dessin topographique dans les œuvres destinées au public.

On trouve, en elfet, pour nous en tenir à Beaulieu, que son Recueil ayant pour litre : Les glorieuses Conquêtes de Louis le Grand, où sont représentés les caries, profils, plans des villes avec leurs attaques, combats, batailles, etc., est bien nommé, car, à côté des vues pittoresques et des scènes à personnages, on y trouve aussi de nombreux plans géométriques et de véritables caries topographiques. Selon nous, il faut voir dans celle œuvre et dans les belles gravures des autres auteurs qui en ont été rapprochées (') une association des plus heureuses et des plus habiles entre la Perspective cavalière ou même le paysage proprement dit et la Topographie régulière. Il s’agissait, en effet, à l’époque dont nous nous occupons, de familiariser par transition la Cour, les gens du monde et souvent même les chefs militaires également mondains avec la rigueur géométrique toujours un peu froide.

Nous voudrions pouvoir mettre sous les yeux du lecteur de plus nombreux spécimens de cette merveilleuse Topographie à la fois géométrique, artistique ët même élégante, comme tout ce qui portait le cachet du Grand Roi, mais, obligé de nous réduire, nous choisissons le plan du siège de Béthune avec le profil de celte ville par Beaulieu {PL IV et V), le plan et une vue de la ville de Charleroy dédiés à Vauban par Le Paulre

('/On trouve en vente à la Chalcographie du Louvre, une série de ces gravures, dont la plupart sont de véritables tableaux, mais presque toujours accompagnés de plans géométriques. Cette série se compose de J76 planclies signées par les artistes suivants : lleaulieu, Séb. Leclerc, D. Marot, P. Le Pautre, G. Pérelle, N. Pérelle, Louis de Ghâtillon, Colin, F. Ertinger, J. Dolivar, Moyse, N. Cocliin, Loisel.

4i2 les instruments, les méthodes et le dessin TOPOGR.VPIIIQUES.

[PI. VI), enfin une vue du château de Vincennespar Van der Meulen {PL VII).

Les deux premiers documents justifient suffisamment ce que nous venons de dire de l’évolution si importante de la Topographie, et le troisième montre avec quel soin les plus grands peintres appliquaient les principes de la Perspective, car il est évident que la vue plongeante du château de Vincennes et de ses jardins a été exécutée d’après un plan exact et les élévations des édifices. C’est cet art en même temps que celui du dessin et de la composition que Sébastien Leclerc et Van der Meulen lui-même enseignaient, ce dernier à l’École des Gobelins, où l’on peut encore en retrouver des traces sur les esquisses conservées dans cet établissement (*),

L’histoire de la transformation de l’art de la Topographie en France est essentiellement liée à celle de l’organisation de la défense de notre pays, à partir de la constitution de son unité. Si, comme le fait très justement remarquer le colonel Augoyat, la protection des frontières du Royaume, à l’aide de forteresses convenablement situées, a commencé à être entreprise méthodiquement sous François I®'' et continuée par Henri IV, tout le monde sait que cette œuvre n’a été achevée que sous Louis XIV et par Vauban. L’étude détaillée et attentive des frontières de terre et de mer, à l’aide du dessin aussi bien que des autres moyens d’observation et d’investigation dont on disposait à cette époque, a été provoquée par des ministres éclairés et dirigée par des hommes de guerre expérimentés qui avaient mission de veiller à la sécurité du territoire et qui s’en acquittaient à merveille.

Louis XIV avait créé l’Observatoire de Paris, en grande partie pour faciliter les travaux astronomiques et géodésiques destinés à l’étude de la figure de la Terre et à la rectification de la Carte de France; il avait un Cabinet topographique dans lequel il faisait entrer les dessinateurs et les graveurs les plus habiles.

Tout gravitait autour de ce monarque dont l’activité prodigieuse et la haute intelligence égalaient la magnificence. Les

( ’) La Chalcographie du Louvre met encore à la disposition du public les gravures d’un grand nombre des merveilleux lableau.x de Van der Meulen.

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