CIIAPITUE II. — L\ TOPOGRAPHIE DANS TOUS ^S TEMPS
tantes propriétés, la dernière en particulier, restèrent longtemps ignorées, tant qu’il n’exista pas de cartes topographiques à une assez grande échelle portant des courbes de niveau.
La première utilisation de ces courbes fut donc tout autre; et, dès que l’on parvint à les tracer avec une exactitude satisfaisante, on reconnut qu’elles étaient propres à guider très sûrement le dessinateur ou le graveur pour produire le relief à l’aide de teintes ou de hachures.
Nous allons à présent rencontrer fréquemment cette dernière expression qui ne nous avait pas encore autant frappés, bien que l’usage des tailles ou des traits auxquels elle correspond soit général, que l’on emploie le burin, la plume ou le crayon pour modeler des formes naturelles. Cela étant, si l’on jette les yeux sur quelque ancien plan gravé où l’on a cherché à exprimer le relief par des ombres, on reconnaîtra aisément la tendance de l’artiste à diriger ses tailles, ses hachures dans le sens de la pente du terrain; seulement les teintes et par conséquent les hachures y sont plus fortes du côté opposé à la lumière [^vofez, par exemple, le plan de Charleroy, par Le Pautre {PL F/)] ; nous nous trouvons, dans ce cas, en présence du système de la lumière oblique.
Sur la Carte de Cassini et sur celles auxquelles elle a servi de modèle, on constate également celte tendance instinctive à diriger les hachures suivant les pentes, mais sans préoccupation de l’éclairage, c’est-à-dire en adoptant la même teinte pour toutes les orientations, dans tous les azimuts, et en accentuant seulement les pentes les plus fortes par des hachures plus grosses; en un mol, on trouve là une première ébauche du système de la lumière verticale, et il faut convenir que le résultat n’est pas satisfaisant, l’aspect général de la Carte de Cassini que nous supposons en cause étant, sans contredit, peu agréable. Mais il faut aussi reconnaître que les conditions dans lesquelles celle carte avait été exécutée par des opérateurs improvisés étaient bien défavorables. Le côté artistique, si cher aux ingénieurs-géographes et aux officiers du génie de ce temps, y était absolument négligé, et c’était sûrement ce qui avait tant indisposé d’ Arçon {voyez la note p. 4i9)-
Nous ne contestons pas que la Carte de Cassini ail fait grand