TOPOGRAPHIQUES
honneur aux astronomes français qui ont effectué^ à son occasion, la triangulation la plus vaste qui eût été entreprise jusqu’alors, ni même que l’œuvre, prise dans son ensemble, fût recommandable et qu’elle ait rendu beaucoup de services, mais nous n’allons pas jusqu’à en admirer les détails qui sont bien inférieurs à ce qu’ils eussent été, si l’on avait eu le bon esprit de confier cette œuvre à d’autres opérateurs dirigés par des membres de deux corps dont le talent était éprouvé ( ‘ ).
Nous donnons {PL X) un spécimen de cette carte en engageant le lecteur à le comparer avec les planches antérieures extraites du Grand Beaulieu et, s’il le veut bien, avec la Carte de nie de la Martinique dont l’exécution est relativement récente, mais dont les éléments avaient été réunis par les ingénieurs des camps et armées.
Reprenons, après cette digression nécessaire, l’historique des transformations du dessin topographique au point où nous l’avons laissé.
(') Quand on sait qu’en 1786, avant l’achèvement de la Ca^'te de Cassini, à l’exception des Pyrénées et des côtes du Languedoc, toutes les frontières de la France, sur une grande largeur, avaient été levées géométriquement, à l’échelle de îxhrô) extrême par les officiers
de ces deux corps, on comprend l’exaspération de ceux-ci qui voyaient leurs beaux travaux dédaignés, alors que les mauvaises planchettes des ouvriers de M. de Cassini avaient les honneurs de la publicité. On peut d’ailleurs faire une comparaison entre la manière si distinguée des ingénieurs-géographes et celle des autres topographes, en parcourant les Atlas de la campagne de M. le prince de Condé en Flandre, en 167^, et de l’Histoire militaire de Flandre de 1690 à i6g4; Campagnes du maréchal de Luxembourg, par le chevalier de Beaurain (Paris, 1774 et 1756), dans lesquels se trouvent reproduites des cartes d’à peu près tous les systèmes employés du xvii° au xviii° siècle, et à des échelles convenables pour permettre de bien les juger.
Le chevalier de Beaurain, géographe du roi, a été surtout un compilateur exercé et éclairé. Dans les deux importants Ouvrages cités, il s’est attaché, comme il le dit lui-même dans l’Avertissement du dernier, « à se servir de cartes topographiques où le terrein est représenté au naturel ». — « Les cartes, ajoute-t-il plus loin, sont aussi exactes et aussi détaillées qu’on puisse le désirer, le chevalier de Beaurain ayant, pour leur perfection, profité des corrections des dilférents ingénieurs-géographes et des augmentations que H. le duc de Noailles a fait faire sur les cartes qu’il a de ces cinq campagnes. » La Carte de la bataille de Steenkerke, en 1692, le plan du combat de cavalerie donné près de Fleurus, en 1690, levés expressément par ordre du roi Louis XV, sont d’e.xcellents exemples du genre adopté depuis Masse père par les ingénieurs-géographes.