IIISTORIOUK I)KS INSTRUMENTS ET UES METHODES
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parlir de l’emploi des bouches à feu que l’ou voit se muliiplier les inslrumenis destinés à cet usage, puis se créer le besoin
Astrolabe de Gualterius Arscnius.
d’avoir des plans de plus en plus exacts des places fortes et de leurs abords, d’où résultait la nécessité de rendre ces instruments à la fois plus précis et plus maniables.
Les premiers peut-être auxquels on se soit avisé de recourir dans ce but sont encore l’astrolabe et la boussole.
Nous avons déjà cité le Chapitre de l’Ouvrage de Galucci
fiO UKS INSTUUMENTS, LES MÉTHODES ET EE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
dans lequel il esl dit que l’aslrolabe pouvait servir à lever le plan d’une province et nous y avons aussi constaté l’emploi d’un cercle entier disposé horizontalement et celui de la méthode des intersections ou des triangulations.
Association de l’astrolabe et de la boussole. — On trouve, dès le milieu du xvi*^ siècle (de iSaS à i565), ainsi que nous l’avons annoncé plus haut, des astrolabes munis d’une aiguille aimantée, placée près de l’anneau de suspension, construits en Hollande par Arsenius, neveu du célèbre Gemma Frisius et qui ont sans doute servi à cet usage {fig. 17).
Cercle hollandais. — Un peu plus tard, au commencement du XVII® siècle, l’astrolabe se transformait tout à fait et prenait le nom de cercle hollandais ('); l’araignée et le planisphère lui-même disparaissaient définitivement, l’aiguille aimantée était ramenée au centre, et, indépendamment des pinnules de l’alidade mobile, le cercle en portait quatre autres aux extré-
(' ) Le cercle hollandais dont nous donnons la ligure (y/g". 18) appartient aux Collections du Conservatoire des Arts et Métiers; il n’est ni signé ni daté, mais grâce à l’extrême obligeance du savant secrétaire perpétuel de la Société liollandaise des Sciences de Haarlem, M. J. Bosscha, nous savons que cet instrument est décrit dans l’Ouvrage intitulé : Tractact vant maken ende gebruycken cens nien gheordeniieerden Mathematischen Instruments deer Jan Pieterszoon Dou (Amsterdam, 1620), qui existe à la Bibliothèque de Leyde. ( Traité de la construction et de l’usage d’un instrument mathématique nouvellement ordonné, par Jan Pieterszoon Dou). D’après la préface, la première édition de cet Ouvrage était de 1612 et Jean Dou, fils de Pierre, arpenteur à Leyde, était l’inventeur de l’instrument.
Jean Dou, qui a aussi été un ingénieur distingué, était l’auteur de plusieurs autres Ouvrages dont le plus célèbre, composé en collaboration avec Johan Sems lladinga, est le Practijck des Landmeten, publié à Leyde chez Jan Bonwensz, 1600, in-'|°. On trouve sur ce livre et sur ses auteurs dans le Bulletino di Bibliografia et di Storia du prince Boncorapagni, tome III, des détails très précis et d’autres renseignements intéressants. L’article rédigé par M. G.Vorsterman van Oijen a pour titre : Quelques arpenteurs hollandais de la fin du xvi° et du commencement du xvil' siècle et leurs instruments.
Le Conservatoire des Arts et Métiers possède, en outre, un cercle entier dont l’alidade porte la boussole et sur lequel on retrouve le quarré des ombres. Tangentiellement au cercle et parallèlement au diamètre qui porte deux pinnules fixes, il y a une règle qui pouvait servir à rapporter les angles quand l’instrument était séparé de son genou. Celui-là est daté de 1606 et signé Michael Coignet d’Anvers, et aurait précédé le cercle de Dou.
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mités de deux diamètres rectangulaires, formant, par conséquent, une équerre. L’anneau de suspension était conservé et
Fig. 18.
Cercle hollandais.
permettait de laisser prendre au cercle la position verticale et de mesurer les hauteurs comme avec l’astrolabe, mais ce qui était nouveau et complétait l’appareil au point de vue de l’usage
08 I.KS INSTRl'MKNTS, UCS MKTIlOniCS KT l.K DKSSIX TOPOGIUI'HIOI KS.
auquel il était destiné, c’était le genou que l’on pouvait y adapter et qui servait à le monter sur un pied ou un bâton ferré, à le placer horizontalement ou à lui faire prendre l’inclinaison convenable pour l’amener dans le plan des deux objets dont il s’agissait de déterminer l’angle à la station.
Il suffit de jeter les yeux sur cet instrument pour reconnaître qu’il est parfaitement approprié à toutes les opérations que l’on peut avoir à exécuter sur le terrain ; il peut, en effet, servir à recueillir les éléments d’un canevas Irigonométrique, à lever les détails par cheminement à la boussole et par la méthode des coordonnées rectangulaires au moyen de l’équerre; il peut enfin procurer aussi les éléments du nivellement par la mesure des hauteurs positives ou négatives.
Ce cercle était si bien un dérivé de l’astrolabe qu’en 162.5, Adrien Métius, dans l’un de ses excellents Ouvrages (<), en en décrivant un tout à fait semblable, sans aiguille aimantée toutefois, lui conservait son premiernom.il continuait d’ailleurs à le monter sur un bâton ferré, l’employait à résoudre tous les problèmes de distances et de hauteurs et enfin à des triangulations étendues dont les cotés atteignaient plusieurs milliers de perches (-).
Nous ne nous attarderons pas plus longtemps au rôle si évidemment important qu’ont joué les artistes, les astronomes, les géographes et les arpenteurs hollandais dans la construction et le perfectionnement des instruments; il faudrait un chapitre
(') Adriani Metii, Alcmariani AriUimetica, Libri duo, et Geometria, Libri VI, etc. [Geometr. pvact., Pars secunda, p. 129 et suiv. ). Lugd. Batavorum, ex oflicina Elzeviriana, anno cioiocxxvi (1626). Cet Ouvrage est, à coup sûr, l’un des plus intéressants et des plus complets qui aient été publiés à cette époque. Avec l’Arithmétique et la Géométrie pratique, il comprend les éléments de la fortification, la solution des problèmes iiranograpliiques et le tracé des cadrans solaires, le tout rédigé avec une grande simplicité et une grande clarté.
(“) Nous devons avouer que c’est ce qui nous avait fait supposer que Snellius avait employé, de son côté, un cercle entier pour sa triangulation dont les côtés n’étaient pas plus grands que ceux dont parle Métius, et l’on ne peut qu’être étonné de voir l’usage des quarts de cercle se continuer si longtemps après les inventions (dont l'une au moins date de 1606, le cercle de Michael Coignet, d’Anvers) et les perfectionnements que nous venons de constater.