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CHAPITRE I. — HISTORIQUE ÜES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. l3l

naires de nivellement plus maniables sans rien sacrifier de leur précision, au contraire, et c’est par la suite seulement que les propriétés de cet organe ont été reconnues si précieuses pour les corrections des observations astronomiques. Aussi pensons-nous devoir nous arrêter pendant quelques instants sur la question des instruments de nivellement que nous avions été obligé de réserver dans les paragraphes précédents, après quoi nous essayerons de résumer, aussi sommairement que possible, les derniers progrès accomplis dans la construction des instruments de Topographie, dont nous ne saurions avoir la prétention de présenter un tableau complet.

XII 1. — Digression sur l’ histoire des niveaux en général.

L’histoire des niveaux et des méthodes de nivellement nous entraînerait toutefois trop loin si nous voulions entrer dans tous les détails que comporte le sujet. Nous en donnerons donc seulement un aperçu qui suffira, nous l’espérons, à en montrer l’intérêt.

Avec le niveau d’eau et le chorobate, les anciens étaient parvenus à exécuter des nivellements dont l’importance ne saurait être mise en doute, par exemple, pour amener les eaux potables dans leurs grandes villes. Quand on voulut reprendre cette tradition, en particulier pour amener de grandes quantités d’eau à Versailles, on ne se contenta pas du niveau d’eau ordinaire dont Riquei paraît cependant s’être encore servi dans le tracé mémorable du canal du Languedoc, et il est très vrai, ainsi que nous l’avons dit dans l’Avertissement de cette Notice, que les académiciens les plus célèbres furent mis à contribution pour faciliter les opérations du nivellement (' ).

(') Voyez dans les Mémoires de l’Académie royale des Sciences depuis 1666 jusqu’à 1699, tome VI, le Traité de nivellement, par M. Picard, p. 63i et suivantes, et la Relation de plusieurs nivellements faits par ordre de Sa Majesté, p. 698 et suivantes.

Le Recueil déjà cité souvent et qui a pour titre : Ouvrages de Mathématique, de M. Picard, renferme également le Traité et la Relation des nivellements.

i32 les instruments, les méthodes et le dessin topographiques.

On trouve, en effet, dans les Mémoires de V Académie royale des Sciences, la description de quatre niveaux imaginés dans ce but par Rœmer, de la Hire, Picard et Huygens.

Nous reproduisons la planche qui représente à la fois ces quatre instruments, et, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans d’autres détails, on y remarquera {PI. C) qu’ils se composent tous d’une lunette astronomique armée d’une croisée de fils dont l’horizontalité de la ligne de visée est généralement obtenue à l’aide d’un fil à plomb plus ou moins lourd ou de quelque chose d’équivalent, le tout porté par un bâti volumineux.

Le niveau de de la Hire se distingue des autres par la présence de deux vases communiquants qui rappelle le niveau d’eau, la lunette y flottant par ses deux extrémités.

On ignore si les autres instruments ont beaucoup servi ('), mais dans celui de Picard employé effectivement aux importants nivellements {PL B, fig. 2) dont nous allons dire quelques mots, il est bon de savoir que la lunette avait 3 pieds, le perpendicLile 4 pieds, enfin qu’en B (voy. P/. C) il y avait une plaque d’argent sur laquelle était tracé un petit arc divisé ayant le point de suspension A pour centre et dont le milieu marquait le point où devait battre le cheveu du perpendicule, quand la ligne de visée était horizontale.

Au moyen des divisions de l’arc en minutes, on pouvait évaluer les inclinaisons de la ligne de visée dirigée vers des objets situés à d’assez grandes distances et voisins de l’horizon .

Dans la Relation de plusieurs nivellements faits par ordre du Roy, Picard exposait une excellente théorie de la vérification des niveaux, aussi bien de ceux des autres que du sien, et du nivellement à grandes portées; il donnait enfin les résultats des opérations qu’il avait entreprises, d’après les instructions précises du Roi. Ces opérations, qui avaient eu d’abord pour but de reconnaître dans quelles conditions les eaux

(’) Oii avait inventé encore plusieurs antres niveaux, « mais comme la plupart, dit Picard, ne pourraient pas servir à des nivellements un peu éloignés, qui est le principal objet de cet Ouvrage, on a cru qu’il n’était pas à propos d’en parler. » De la Théorie du nwellenient, par M. Picard, p. 672.

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