CHAPITRE l. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. l
recueillies aux environs de Versailles arriveraient au rez-decliausséo du château, au-dessus de la Grotie, à Trianon, ou à la Ménagerie, près de Saint-Cyr, avaient pris une bien plus grande extension, Riquet ayant proposé d’aller chercher les eaux de la Loire et de les amener par un canal au château de Versailles.
On trouve dans la Relation le détail des nivellements délicats exécutés pour se rendre compte de la possibilité de ce projet et celui de « quelques autres nivellements que M. Picard fit aux environs* de Versailles pour faire voir jusqu’à quelle justesse on peut parvenir en nivellant de la manière que l’on a expliquée ci-dessus ( ' ). »
Si l’on a pu dire malicieusement, et non sans raison, que c’était surtout pour satisfaire les fantaisies de Louis XIV que tant d’hommes de mérite ou même de génie s’étaient mis à l’œuvre, il faut convenir que l’idée de s’adresser à eux, qu’elle fût du Roi ou de Colbert, avait été excellente, car elle devait avoir des conséquences on peut dire merveilleuses. C’est, en effet, à dater de cette époque des travaux de Picard [1674 environ (-)] que s’introduisent partout, et en particulier
(') Tous ces travaux étaient faits, pour ainsi dire, sous les yeux du Roi; il suffirait, pour s’en convaincre, de se reporter à la conclusion du récit de Picard :
« 11 ne sera pas hors de propos de remarquer ici, que l’eau de l’étang de Trape étant lâcliée avec une charge de trois pieds, employé quatre heures de Lems à faire /iooo toises de chemin avec trois pieds de pente. Mais ce qui est encore plus considérable, c’est qu’aprez que les tuyaux de conduite curent été placez depuis l’entrée de la montagne de Sataury jusques dessus la Grotte de Versailles, Sa Majesté, faisant le premier essay de ces eaux, eut le plaisir de voir qu’elles sortaient avec tant de force, qu’il n’y avait pas lieu de douter qu’elles n’eussent pu monter plus haut, conformément aux nivellemens qui en avaient été faits, et en descendant de dessus la Grotte Elle témoigna à M. Picard qu’Elle était contente.
» On ne doit pas oublier d’avertir, ajoute, en terminant. Picard, que M. Rœmer a eu beaucoup de part aux nivellemens qui ont été faits aux environs do Versailles, ayant assez souvent tenu la place de M. IMcard lorsqu’il était malade, ou qu’il était obligé de s’absenter pour quobiu’autrc enipéchcmenl. » {Relation, etc., p. 707.)
(’) Picard avait imaginé le niveau représenté sous son nom sur la PL C antérieurement et en avait déjà donné la description dans son Traité sur la mesure de la Terre; mais il l’avait perfectionné et il avait développé ses idées sur la manière de s’en servir dans son Traité de nivellement.
i34 les instruments, les méthodes et le dessin topographiques.
dans l’arl du nivellement si important pour l’exécution des grands travaux publics, les principes qui ont tant contribué au perfectionnement des méthodes d’observation et à celui de la construction des instruments eux-mêmes.