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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. ifjg

pace de longueur variable, compris entre le système objectif et le système oculaire et que, par conséquent, l’angle micrométrique émergeant de l’objectif se trouve rendu constant, malgré la variation focale de la lunette, due à la variation de distance de l’objet observé et malgré la variation dans la force visuelle de l’observateur. »

Porro était donc ainsi parvenu à rendre au centre optique de l’objectif la propriété dont jouissait auparavant le foyer antérieur ou de première espèce. L’épithète de stëréogoniqiie donnée à sa lunette est à peine connue et on lui a substitué coWe, d'anallatique, Porro ayant qualifié de centre cVanallatisme le point de l’axe optique pour lequel les distances de la mire deviennent proportionnelles aux intervalles interceptés sur cette mire par l’angle micrométrique ( ' ).

L’inventeur n’avait pas tardé d’ailleurs à reconnaître que le centre optique de l’objectif n’était pas le point qui convenait le mieux comme centre d’anallatisme, et après avoir assez aisément démontré que ce centre pouvait être transporté en un point quelconque de l’axe optique, il avait choisi naturellement celui qui correspondait à l’axe de rotation de la lunette.

Le point de départ des recherches de Porro avait été sûrement le théorème de Keichenbach, bien qu’en en faisant usage il ait négligé d’en citer l’auteur. Celui qu’il a si habilement résolu lui-même est le suivant:

Théorème de Porro. — Dans tout système optique convergent, on peut déterminer sur l'axe central un point tel que tous les objets qui, vus de ce point, soiis-tendent le même angle, auront leurs images conjuguées de même dimension (-).

(’) On a remarqué avec raison (Breton de Champ) qu’il e.xistait déjà un centre d’anallatisme dans les lunettes ordinaires qui sont, par conséquent, elles-mêmes anallatiques.

(’) Voyez dans les Annales des Mines, t\° série, tome XVI, Paris, i84g, la savante Notice de H. de Sénarmonï, ingénieur des Mines, Sur quelques instruments imaginés par M. Porro, pour abréger et simplifier les opérations de la Géodésie, de la Topographie, du N wellement et de l’Arpentage.

170 LES INSTUUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPll IQL’ES.

Les essais fails dès i8-i4, en Piémont, avec la lunette stéréogonique ou anallatique avaient donné les résultats les plus satisfaisants et, d’après Porro, ses instruments étaient éprouvés par vingt-cinq ans d’usage pratique, lorsqu’il vint en France solliciter l’approbation des savants et de l’administration. Il présentait, en effet, à la fois, à l’Académie des Sciences et au Ministre des Travaux publics un Mémoire très développé sur le sujet qui nous occupe et sur un apapreil à mesurer les * bases.

Ce Mémoire fut renvoyé par l’Académie à une Commission composée de MM. Binet, Paye etLargeteau, et par le Ministre à une autre Commission composée d’ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines, MM. Marie, de Sénarmont, Grenet et Lalanne. 11 fut publié, en i852, dans les Annales des Ponts et Chaussées avec un résumé du Rapport de M. Lalanne, qui était des plus élogieux ('). La Commission des ingénieurs concluait, dans son Rapport, en priant le Ministre de faire déposer aux Écoles des Ponts et Chaussées et des Mines le modèle principal du théodolite olométrique ses accessoires y compris la stadia et celui du système complet des appareils propres à la mesure des bases C^), enfin de commander trois

( ’ ) Mémoire sur de nouveaux instruments et procédés de Géodésie, de Nivellement et d' Arpentage, par M. PouRO, officier du génie piémonlais [Annales des Ponts et Chaussées, 3° série, 2” année, 6” cahier, Mémoires, t. IV).

( = ) L’appareil dont il s’agit se composait d’une règle unique en sapin de 3”, 07 de longueur, à cliacune des extrémités de laquelle une languette métallique divisée était incrustée dans l’axe de la règle. On opérait avec cette règle portée successivement sur la direction de la base jalonnée, comme on le fait généralement aujourd’hui, surtout depuis que Porro eut appelé l’attention sur un moyen qui avait l’avantage de simplifier la construction d’appareils composés auparavant de plusieurs règles portées bout à bout comme celles de borda. Seulement Porro aurait dû dire, car il ne pouvait pas l'ignorer, qu’il avait été devancé par notre compatriote d'Aubuisson des Voisins, ingénieur des Mines, qui s’était servi d'une règle à traits absolument semblable à la sienne et avait employé la même méthode pour mesurer, en ,8io, une base précisément dans la plaine de Turin, c’està-dire dans le pays de Porro. Nous avons eu déjà l’occasion de signaler ailleurs cet oubli en donnant un extrait du Rapport de la Commission, composée de Laplace, Hiot et Arago, sur le Mémoire lu par d’Aubuisson à la classe des Sciences mathématiques et physiques de l’Institut de France, le 26 mars et le 9 avril 1810.

D’un autre côté, Ilassel, (lui avait employé en 181G la règle unique pour

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