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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

autres théodolites de dimensions différentes destinés à être suivis et étudiés par les ingénieurs ayant un grand nombre d’opérations à faire sur le terrain. Mais ces excellentes dispositions aussi bien que les anciennes instructions du Ministre de la Guerre, en 182?., eussent encore tardé longtemps sans doute à être suivies d’effets, sans l’initiative indépendante, il faudrait dire audacieuse, d’un praticien distingué qui parvint rapidement, comme nous le verrons bientôt, à donner au tachéomètre la popularité dont il jouit.

Nous n’entrerons pas dans de longs détails sur tous les perfectionnements proposés ou introduits par Porro dans la construction et l’emploi de l’instrument qu’il a désigné sous le nom de théodolite olométrique.

Le premier, que l’on a naturellement considéré comme le plus important, parce qu’il avait l’attrait de la nouveauté, était celui de la lunette anallatique qui, comme il le pressentait et l’espérait, pourrait être appliquée aux autres instruments. « La lunette diastimornétrique rendue anallatique, disait-il, est susceptible d’être appliquée avec avantage à la boussole, au graphomètre, à l’alidade pour planchette, aux niveaux à lunette, aux théodolites, à la condition d’en proportionner les dimensions à la grandeur et à la stabilité des instruments. »

Ce pressentiment s’est, en effet, en grande partie réalisé, mais on en est un peu revenu, et c’est seulement avec les instruments d’une certaine importance et pour les levers à grandes échelles que les lunettes anallatiques, d’une construction toujours délicate, peuvent encore être recommandées, quoique l’on soit assez disposé à s’en passer actuellement.

Le principe de l’équilibre ou de la proportionnalité entre les puissances des différents organes d’un instrument est d’ailleurs

mesurer une base en Amérique, annonçait clans une publication faite en 1824, à Piiiladelphie, qu’il avait fait usage du même procédé en collaboration avec Tralies dans la mesure d’une base exécutée en 1791, près d’Aarberg (Suisse). Nous devons faire remarquer que la date de cette publication laisse tout le mérite de l’idée à d’Aubuissoii, tandis que celle du Mémoire de ce dernier ( 1810) ne permet pas de l’attribuer à Porro, comme on l’a fait pendant trop longtemps et comme ses compatriotes les plus sincères sont encore disposés à l’admettre.

très juste el Porro l’avait invoqué pour placer sa lunette sur un théodolite. Sa tendance avait même été tout d’abord d’exagérer les dimensions de ses instruments et de les compliquer ( ' ).

Ainsi, la lunette du théodolite olométrique, c’est-à-dire de l’instrument le plus puissant qu’il ait construit, avait une ouverture de 60“'“ de diamètre, mais comme cela eût entraîné, dans les conditions ordinaires de la construction des lunettes,, une longueur de plus de Porro avait cherché et était parvenu, en même temps qu’Amici, à diminuer de moitié environ cette longueur. En imaginant des objectifs à quatre verres, le grossissement supporté par une telle lunette pouvait atteindre 80, ce qui permettait d’effectuer les mesures de distances avec une approximation de décidément supérieure à celle qu’on obtenait avec la chaîne. Pour atteindre cette précision, Porro employait trois oculaires et sept fils horizontaux, ce qui rendait les lectures plus nettes, procurait des moyens de vérification et permettait d’augmenter considérablement la portée de l’instrument, non sans fatiguer toutefois l’observateur.

Lunette autorédüctuice. — Quand on a à mesurer une distance suivant la pente, on peut disposer la siadia perpendiculairement à la direction de l’axe optique de la lunette ou la maintenir verticale. Dans le premier cas, la réduction à l’horizon s’effectue en multipliant la distance observée par le cosinus

{’) Le véritable intérêt de quelques-unes des idées de Porro, de celles entre autres qui se traduisaient par la solution ingénieuse de problèmes d’Üptique nouveaux, avait beaucoup frappé le savant si éclairé et si bienveillant qu’était de Sénarmontet, en général, la Commission dont Lalanne était le rapporteur. L’approbation presque sans réserve donnée par eux à tout ce que proposait l’inventeur n’a cependant pas toujours été justifiée dans la pratique. Porro lui-même abandonnait souvent celles de ses idées auxquelles il avait paru tout d’abord attacher une grande importance et sa vie s’est passée à chercher des modèles d’instruments qu’il modifiait sans cesse et sans trop de succès. « Aile sue idee continuamente variabili, sebbene geniali, non potera corrispondere la pratica délia costruzione, La storla délia costruzione dei suoi strumenti, che trovasi a pagina 101 det suo libre : AppUcazionc délia Celerimensiira, sottoil ülolo : Forme, conibinazioni e progressa negli striunenti di Ccleriniensura dal i8a.'| al 1870 c là ad attestorlo. » (.Iadanza, loc. cil., p. i3.)

CIUPITIU; l. — niSTOniQL’K des instruments et des méthodes. I;')

de l’angle de penlc mesuré sur l’cclimèlre; dans le second cas, la dislance doit ôire nuillipliée par le carré du cosinus. Pour éviter celle sujétion, Porro imagina, le premier, une luneile aiitoréductrice ou, comme il l’appelail, stJiénallatiqiie, avec guidage mécanique d’un verre intérieur faisant varier l’angle micrométrique, de façon que chaque distance évaluée fût celle de la staclia verticale à l’inslrument mullipliée par le carré du cosinus de l’angle de pente.

Ce dernier artifice était employé dans l’instrument qui venait après le théodolite olomélrique et qui avait reçu spécialement le nom de tachéomètre, lequel devait bientôt se généraliser.

Pour les autres instruments que proposait encore l’inventeur, les lunettes devaient être plus simples et de moindres dimensions.

En résumé, Porro était, en effet, parvenu à accroître la précision et la portée du système du micromètre oculaire et de la sladia. Mais il avait la prétention d’avoir créé ce qu’il appelait la Célérimétrie {Celerimensiira), devenue la T achéométrie , et c’est encore à son compatriote Jadanza que nous laisserons le soin de régler ce point délicat.

« Corne conclusione del nostro discorso possiamo dunque riienere provato sioricamente che il Porro non lu il creatore délia CelerimensLira, ma soltanio il regeneratore e l’apostolo délia medesima.

» La Celerimensura, comunque la si voglia definire (’), non

(') Les adeptes de la Célérimétrie ne sont môme pas d’accord sur sa définition, dit M. Jadanza, et il reproduit celle qu’en donne Giuseppe Porro, neveu d’Ignace : « La Celerimensura è quel sistema di rilevamento mediante il quale si détermina la posizione di un punto qualunque del terreno per mezzo delle sue tre coordinate referite ad una origine nota senza Vaiuto délia misura directa delle distanze. » Mais M. Jadanza ajoute :

» Non possianio perd fare a meno di far conoscere al leltore le defizioni date dal Porro in tre epoclie dilTerenti délia sua vita.

» La Celerimensura (nel i85o) è Parte di far le levate dei piani e le livellazioni cou un risparmio notevole di tempo. '

» La Celerimensura (nel i858) è Parle di Tarie levate dei piani e le livel lazioni con molta precisione e con risparmio notevole di tempo.

» La Celerimensura (nel 1868) per definirla in brevi parole, noué altro

174 les instruments, les méthodes et le dessin topographiques.

è che un bel capiiolo délia Geomelria praiica, avvero délia Topografia, e non la Topografia slessa, corne da alcuni si vorebbe. » (M. Jadanza, loc. cit., p. i5).

Orientateur magnétique. — Indépendamment d’ailleurs des perfectionnements opiiques dont il vient d’être question, il convient encore de signaler une innovation importante dans la construction du tacbéomèire. C’est la disposition destinée à donner aux indications de l’aiguille aimantée une précision de" beaucoup supérieure à celle des boussoles ordinaires. Porro admettait que, pour chaque station, l’aiguille aimantée ne serait observée qu’une fois, mais, pour que cette observation donnât des résultats d’un degré de précision comparable à celui des lectures faites sur les cercles divisés, il avait adopté l’aiguille suspendue à un fil de soie sans torsion et le petit réflecteur de Gauss avec une échelle d’ivoire ou un collimateur.

Il serait inutile d’insister sur la manière d’opérer avec ce système qui n’est plus en usage à cause de sa fragilité et qui a été remplacé par un autre d’une construction plus inaltérable (‘), mais le principe posé par Porro a été conservé et rend les mêmes services.

« Cette combinaison, disait-il, n’est pas d’une utilité directe pour les opérations du lever, mais elle permet de déterminer exactement la déclinaison de l’aiguille aimantée; elle permet aussi de régler l’instrument avec son zéro dans le nord terrestre, quand la déclinaison est connue. »

che la Geodesia, lutta la Geodesia, niente altro che la Geodesia, inteso pero il vocabolo geodesia net suo significalo il più ampio e considerata la scienza che cosi se chiama nello stadio il più avanzato di suo progresso. Questa è la Celerimensura(ü) » (N. Jadanza, loc. cit., p. i6 et 17.)

(’) Les aiguilles ordinaires supportées par un pivot avaient été maintenues ou reprises par divers constructeurs, mais leurs dimensions, leur poids et celui de leur chape présentaient encore des chances de détérioration qui ont été évitées par l’emploi d'une petite aiguille très légère et très sensible dont le colonel Goulier a étudié la disposition et le mode d’observation avec un soin extrême, en même temps que toutesles questions relatives aux lois du magnétisme terrestre et aux précautions qu’elles imposent à l'observateur, comme on peut le voir dans son Ouvrage cité plus loin : Études théoriques et pratiques sur les levers topométriques, etc. (p. 4oi et 402) auquel nous renvoyons le lecteur.

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