CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. 23q
surface de la plancheile, même quand celle-ci sérail voilée.
11 y aurait d’autres particularités, quelquefois bien minutieuses, à signaler dans la construction et l’emploi de ces instruments, des stadias et des jalons-mires qui les accompagnent, mais nous avons suffisamment indiqué ce qui les caractérise essentiellement et nous renvoyons pour le surplus à l’Ouvrage du colonel.
XXIX. — Faits généraux relevés dans Venqiiéle ouverte en Angleterre sur les propriétés de la planchette .
Opinion de M. Pierce. — Arrivons à l’enquête dont la planchette de précision a été l’objet en Angleterre, en 1888, et au cours de laquelle il a été également question de la planchette ordinaire ( *)•
Nous allons passer rapidement en revue les points principaux de la communication de M. Pierce, faite à la Société des Ingénieurs civils de Londres, et nous donnerons ensuite un aperçu de la discussion provoquée par cette communication qui a mis en lumière un certain nombre de faits et d’opinions utiles à recueillir, concernant l’emploi de la planchette en général.
« Les conditions de construction de la planchette de précision, dit M. Pierce, sont les mêmes que celles de tout autre type d’ instrument de lever altazimiital.
» Le cercle inférieur du théodolite à lunette centrale est élargi et devient une tablette ou une planchette ; le vernier ou Vindex est remplacé par le bord rectiligne d'une règle qui, avec une lunette et un arc de cercle vertical, est désigné sous le nom t/’alidade {Kipp Regel des Allemands). »
M. Pierce estime que le lever à la planchette est la mé-
{') The économie use of lhe plane-table, etc.
i>.4o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
thode la plus commode, la plus rapide et la plus écoiiomicpie pour lever les plans. II fait seulement quelques réserves pour les climats humides, les effets hygrométriques produits sur le papier ou sur la planchette elle-même pouvant entraîner des déformations qui altèrent les positions relatives des points considérés. Mais partout ailleurs, et c’est en se fondant sur des expériences récentes et concluantes qu’il soutient sa thèse, l’auteur considère l’instrument dont il s’agit comme propre à fournir, par simple triangulation graphique, des points de repère en nombre suffisant pour la construction d’une carte, avec une économie beaucoup plus grande qu’en employant tout autre procédé. 11 conclut de là, en particulier, que les ingénieurs coloniaux devraient s’intéresser davantage à une méthode et à un instrument tellement commodes « qu’un opérateur peut, seul et sans aide, construire une carte topographique à n’importe quelle échelle, avec un degré de précision limité seulement par cette échelle elle-même. »
M. Pierce insiste notamment sur ce que, la triangulation devant habituellement s’effectuer à l’aide de signaux apparents, la planchette peut être mise rapidement en station par la méthode dite de Pothenot (ou de Snellius), sans méconnaître d’ailleurs l’utilité de l’adjonction d’un déclinatoire.
« On associe toujours, en définitive, fait-il remarquer, l’aiguille aimantée à la planchette, mais elle est aussi associée au graphomètre et elle l’est également aujourd’hui au tachéomètre. Au fond, la lutte est donc simplement entre le carnet et la feuille de papier à dessiner, entre les notes et croquis et le dessin immédiatement exécuté sur place ( ‘ ) • »
(’) Cette lutte ou cette rivalité entre les instruments divisés sur lesquels on relève les angles que l'on inscrit sur un carnet et la planchette au moyen de laquelle on évite les lectures d’angles et les erreurs de transcription est très ancienne. D’après M. Pierce, « The Rivalry between lhe théodolite and lhe plane-table existed in England three hundred years ago and could he formed in the old folio the Pantometria of Leonard Digqes, publislied in iSgi. » Nous connaissons la Pantometria et ce qui y est dit de la planchette.