HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES METHODES
Stadia topogi’àphique ou planchette stadimétrique, construite par. Kern, d’Aarau.
remplir dans leur pays el notamment dans leurs colonies où l’on s’est contenté jusqu’à présent de la planchette simple qui a suffi, par exemple, à la confection du Cadastre dans l’Inde.
D’un autre côté, en France également, depuis un certain nombre d’années, le service du Génie, se relâchant de sa fidélité à la boussole nivelante (‘) déjà compromise par l’introduction du tachéomètre, a fait usage de planchettes qui se rapprochent de celles dont il s’agit par l’addition d’alidades stadimétriques combinées par le colonel Goulier.
Alidades iioloméïriques et règle a éclimètre (-}. — Ces alidades sont, au nombre de trois, désignées sous les noms ^'alidade holométriqiie à lunetle coudée, di'alidade Iiolométriqiie à limette droite et de règle à éclimètre. Comparées aux alidades à éclimètre ordinaires, elles ont, d’après leur auteur, l’avantage de faciliter les mesures sans rien sacrifier de leur exactitude. Pour cela, dans les deux premiers instruments, le diamètre de l’éclimètre est déjà suffisant pour donner les demi-grades et au moyen du vernier, quand il existe, les cinq centigrades à la lecture et les centigrades à l’estime; mais dans le troisième ce diamètre est réduit à o'",o5 et l’éclimètre est formé d’un limbe denté d’un système imaginé par Porro et ne permettant de donner à la lunette que des inclinaisons discontinues de cinq grades en cinq grades.
Dans les trois instruments d’ailleurs, on trouve un organe complémentaire pour parfaire la lecture des angles de pente ou de hauteur, qui consiste en un micromètre oculaire gradué et photographié sur une plaque de verre désigné par le colonel Goulier sous le nom de tableau focal, dont l’idée première appartient au colonel Leblanc qui employait de même un micromètre divisé en dixièmes de millimètre, gravé et reporté
( ’ ) Peut-être aussi de la rigueur qu’il apportait dans l'exécution des levers des plans des environs des places fortes dont il a fallu agrandir le rayon en diminuant l’échelle.
(’) Études théoriques et pratiques sur les levers topométriques et en particulier sur la Tachéométrie, par C.-M. Goulier, colonel du Génie en retraite (Paris, Gaulliier-Villars et fils; 1892).
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sur gélatine ou sur papier pelure, huilé et eollé sur une lame de verre ( ' ).
Les micromètres des nouvelles alidades comportent deux séries de divisions verticales et môme une troisième série de divisions horizontales dans le cas de la règle à éclimètre^ la première série servant à évaluer les inclinaisons jusqu’au Jÿ et par estime au 7^ de grade, c’est-à-dire à la minute centésimale, et l’autre ou les deux autres à la mesure des distances avec la stadla verticale ou horizontale.
Les lunettes des deux alidades dites holométriqiies sont accompagnées de chercheurs et la première est coudée pour rendre plus faciles les visées faites dans des directions très
Règle à éclimètre du colonel Goulier.
inclinées, l’instrument lui-même étant principalement destiné aux triangulations graphiques et au nivellement par pente en pays de montagnes.
Le troisième instrument, appelé règle à éclimètre, qui comporte aussi une lunette coudée, a été employé par les officiers détachés à l’ex-brigade topographique du Génie, pour exécuter les levers des environs des places fortes à l’échelle de rirà^n)-
(') Topographie. Cours de M. le lieutenant-colonel du Génie Leblanc à l’École Polytechnique, 2"'" année d’études, i” division, 1848-1849, feuilles aulographiées, page 9.
Nous donnons la figure de la règle à éclimètre ei la légende qui l’accompagne, d’après l’Ouvrage cité du colonel Goulier, ainsi que celle du tableau focal de la lunette.
On y remarquera {fig. 84 et 85) la règle à calcul (d’où le nom de l’instrument) dont la coulisse ou réglette porte la
Fig. 85.
Tableau focal de la règle à éclimètre.
lunette et l’éclimètre, d’une disposition analogue à celle que nous avons trouvée dans l’instrument de M. Wild.
La planchette dont on se sert avec ce petit appareil est la planchette ordinaire à calotte sphérique de l’École d’application, de forme carrée; mais, pour l’alidade holométrique, l’auteur a été conduit à adopter la forme moins simple et moins pratique d’un octogone régulier de o“,5o à o™,6o de diamètre pour permettre, dans tous les cas, à l’opérateur d’approcher son œil de l’oculaire de la lunette.
Les lunettes de ces alidades ne sont pas anallatiques, et, pour la première, la correction nécessaire est faite par la graduation de la règle; celle-ci a une longueur de o“,5o, une largeur de o'",o'25 et une épaisseur de o"’,ooi seulement, ce qui la rend flexible et permet de l’appliquer très exactement sur la