CHAPITRE I. — HISTORIQUE HES INSTRUMENTS ET HES MÉTHODES. AÎy
autres en monlranl les résultats obtenus, par exemple, aux États-Unis.
« La perfection des Cartes topographiques et géologiques de ce pays, disait M. Tierce, est due à \ esprit de corps d’une élite d’ingénieurs instruits et exercés qui savent employer la planchette de précision dans, les meilleures conditions, en tenant compte du climat et de l’état de l’atmosphère.
» La question de l’hygrométricité du papier n’est même pas insoluble, si l’on veut bien prendre quelques précautions assez simples, parmi lesquelles le choix du papier lui-même, les moyens de le mettre à l’abri de l’humidité en dehors des heures où il est porté sur le terrain, la vérification fréquente de l’égalité des différents diamètres d’une circonférence de grand rayon tracée sur le papier tendu sur la planchette, celle des distances linéaires des points irigonométriques qui y sont rapportés, etc. »
Voici enfin quelques-unes des conclusions que M. Tierce a cru pouvoir formuler et par lesquelles nous terminerons nous-mêmedes citations que nous n’avons pas craint de multiplier en raison de l’importance d’une question qui n’avait pas encore été soumise, comme elle l’a été en Angletel’re, à une enquête contradictoire des plus sérieuses.
« La nécessité quelquefois gênante de placer l’instrument rigoureusement au-dessus du point de la station s’impose seulement dans le cas des levers à de très grandes échelles et diminue d’importance à mesure que l’échelle diminue ellemême.
» Aux plus grandes échelles employées en Topographie, de TiVô ^ 2^ (nous dirions de ^ Woir); planchette ne suffit plus pour effectuer les triangulations et le nivellement trigonométrique doit être remplacé lui-même par des opérations plus précises. En s’arrêtant à l’approximation de o“,3o, la stadia peut alors être employée pour évaluer les distances jusqu’à 200“ ou 3oo“.
» Il ne serait pas possible de se faire une idée de la dépense d’après des expériences isolées, mais l’on sait que, sur le même
2^8 LES INSTRUMENTS, LES JIÉTüODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
lerrain, elle varie sensiblement comme le carré de l’échelle. Ainsi, le prix du pouce carré ûqs caries topographiques levées à la planchette sur le continent a été à peu près uniformément en moyenne de lo shillings (environ '200'^'' par décimètre carré), quelle que soit l’échelle.
)) L’emploi de la planchette a des limites pratiques; on a reconnu, par exemple, qu’il n’est pas économique dans les levers détaillés des pays de plaines ou très boisés, tandis qu’il atteint son maximum d’effet dans les levers topographiques embrassant d’assez grandes étendues de lerrain accidenté. »
Il serait sans doute hors de propos de soutenir plus avant une thèse qui avait, pensons-nous, pour objet de mettre en garde les ingénieurs et les topographes contre la tendance à négliger un excellent instrument qui, sous ses diverses formes, peut toujours rendre de grands services. Nous n’irons pas jusqu’à prétendre que la planchette de précision sera toujours préférable au tachéomètre, mais il n’y a rien d’exagéré à lui accorder le même degré de confiance, car les organes essentiels des deux instruments sont identiques : la lunette stadimétrique pour la mesure des distances et le cercle ou le secteur vertical divisé pour celle des pentes et des différences de niveau. Seules les directions sont déterminées graphiquement avec la planchette, tandis qu’elles le sont par des lectures et des rapports d’angles avec le tachéomètre. On retombe donc ainsi sur l’antique lutte entre la méthode du tracé et du rapport immédiat des mesures sur le lerrain et celle des mesures inscrites sur un carnet et rapportées dans le cabinet, que l’invention de la ïachéomélrie n’a fait que raviver.
XXXIII. — Sur les noms donnés, à d’autres époques, à la Topographie et sur les dijférentes manières de rapporter les plans.
Définitions et distinctions a établir. — Les mots dont le sens nous semble le plus précis et définitivement fixé ont cependant été diversement interprétés selon les temps, et il arrive.