‹ Recherches sur les instruments (volume 2)Chapitre 76 sur 164 · CHAPITRK I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES · texte numérisé non relu

CHAPITRK I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

avec de nombreux croquis visuels pour les détails de toute nature et notamment ceux du prolil variable de la galerie, est le seul qui soit praticable en pareil cas, et l’on peut prévoir que la tenue du registre d’observations, à plusieurs colonnes, réclame la plus grande attention.

Pour rapporter les angles dans le cabinet, on a imaginé de se servir de la boussole elle-même dont la boîte circulaire est alors introduite et arrêtée au milieu d’un cadre rectangulaire qui a l’un de ses côtés aminci en biseau avec une division en millimètres servant à rapporter les longueurs de côtés. Tout cet ingénieux matériel peut se loger dans un étui très portatif, désigné sous le nom de pochette du mineur.

On emploie cependant aussi, dans les mines, la boussole carrée dite d'arpenteur, avec l’éclimètre et la lunette ou l’alidade simple placée sur l’un des côtés de la boîte (comme dans la boussole de'Maissiat et ses dérivées). Cet instrument, placé sur un trépied, exige une mise en station, et l’excentricité de la ligne de visée, dirigée le plus souvent sur des points très rapprochés, oblige à des corrections continuelles.

En Angleterre, où l’on emploie à peu près exclusivement la boussole montée sur un trépied {fig. 98), l’alidade à simples pinnules est annulaire et se meut librement autour d’un axe horizontal relié à la boîte de la boussole ; la ligne de visée peut ainsi prendre toutes les inclinaisons dans un plan qui passe par le centre, en évitant par çonséquent l’inconvénient qui vient d’être signalé.

Le modèle adopté depuis un demi-siècle environ est celui de la boussole deHedley, le célèbre ingénieur, avec un genou à emboîtures de Davis ou celui de Hoffman qui rendent facile et stable la mise en station (*).

Quand on a à craindre les influences magnétiques sur l’aiguille de la boussole, on est bien obligé de renoncer à cet instrument et l’on a recours aux graphomètres ou aux théodolites. Ces derniers sont analogues à ceux que l’on emploie

(') Voyez la description des genoux de Davis et de HofTman et celle de la boussole de Hedley dans A Treatise on mathematical instruments, etc., by J. -F. Heather, revised by Arlluir T. Walmisley; London, 1888.

en plein air, mais, en général, de plus petites dimensions. On retrouve même les deux types adoptés successivement par les géodésiens, le théodolite à lunette excentrique avec un contrepoids du coté opposé, et le théodolite à lunette centrale.

Lorsqu’on se sert des instruments du premier genre auquel appartient le théodolite de Combes, employé en France, il

faut faire la correction de l’excentricité, mais on a l’avantage de pouvoir donner toutes les inclinaisons à la ligne de visée; avec ceux du second genre, par exemple celui Breitliaupi, généralement adopté en Allemagne, il n’y a pas de correction à faire, mais l’inclinaison de la ligne de visée est limitée par la présence du cercle azimutal. On peut cependant atteindre encore les pentes de 6o°, généralement suffisantes (* ).

(’) Voyez les deux types du théodolite de raines dans l’Ouvrage cité plus haut, de MM. Durand-Claye, Pelletan et Lalleraand. On y ajoute habituellement une boussole qui reste en perraanence dans le théodolite de Corabes et qui, posée au raoyen do supports à chevrons sur Taxe de rotation de la lunette dans les théodolites allemands, peut être enlevée ou re-

Boussole de Hedley.

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Mires spéciales. — Le grand avantage de la boussole suspendue est, ainsi que nous l’avons fait remarquer, qu’il n’y a pas de visées à faire, puisqu’il n’y a ni alidade ni lunette, et il en est de même pour l’éclimètre à perpendicule, également suspendu au cordeau, qui forme successivement les cotés du cheminement; mais dans les galeries principales où il y a de longues distances à relever, le théodolite (ou le graphomètre que l’on emploie en Angleterre) donne une plus grande exactitude et doit être préféré même dans les mines où l’aiguille aimantée n’est pas inlluencée.

Pour diriger l’alidade ou la lunette, les galeries étant plongées dans l’obscurité, il faut évidemment avoir des mires lumineuses convenablement installées et, quand on emploie une lunette, il faut en outre éclairer les fils du réticule ou plutôt le champ de la lunette sur lequel les fils se détachent en noir ( ' ).

Nous bornerons là les explications que nous avons voulu donner sur les levers spéciaux et, en particulier, sur les levers souterrains, à cause des modifications que l’on a été conduit à apporter à la construction des instruments et aux méthodes ordinaires pour les approprier à des circonstances que nous devions rappeler, en raison de leur importance et de leur fréquence dans certaines contrées. Il y aurait bien encore d’autres détails à ajouter à ce sujet, mais nous n’avons jamais eu la prétention de traiter toutes les questions qui se rattachent à nos recherches, et, pour celles que nous avons laissées volontairement de côté dans ce Paragraphe, nous renvoyons le lecteur à l’excellent Ouvrage que nous avons cité et auquel nous avons même emprunté plusieurs figures.

placée à volonté. Certains constructeurs français ont également adopté cette disposition . Voyez le Catalogue général de la Maison Morin et Gensse, de Paris, a5° édition; 1897.

(’) Nous pourrions encore signaler, comme un instrument particulièrement propre au nivellement dans les galeries de mines, le niveau d’eau à tube en caoutchouc, dit niveau Aïta, dont le principe est, comme dans le niveau d’eau ordinaire, celui des vases communiquants et dont l’usage des plus simples n'a pas besoin d’explication.

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