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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. 3IQ

Des Instruments qui ont précédé le Sextant a réflexion. -- L’instrumenl qui a le plus coiUribûé au perfeclionnemenl de la Géographie ou plutôt de la Cartographie expéditive est donc le sextant, et le principe très simple mais très ingénieusement appliqué qui a conduit à sa découverte est précisément celui des lois de la réllexion de la lumière sur les miroirs plans.

Rappelons tout d’ahord que les observations les plus fréquentes à faire à terre ou en mer sont celle de la hauteur méridienne du Soleil pour obtenir la latitude du lieu où l’on se trouve et celle de la hauteur extra-méridienne de cet astre pour déterminer l’heure de ce lieu, quand on a déjà la latitude. Avec l’astrolabe ou le quadrant, on visait à l’astre en maintenant le fil à plomb sur la division inférieure du limbe ou en se servant, au besoin, dans le cas de l’astrolabe, de deux pinnules disposées aux extrémités du diamètre horizontal de l’instrument que l’on dirigeait vers l’horizon de la mer. En tenant compte du diamètre apparent de l’astre, de l’effet de la réfraction et de la dépression de l’horizon, quel que fût l’instrument, on obtenait la hauteur cherchée ou son complément, la distance zénithale, assez péniblement en somme, à cause des mouvements inévitables du fil à plomb, de l’instrument lui-même, ou pour mieux dire de l’observateur qui le tenait à la main.

L’invention de l’arbalestrille ou bâton de Jacob avait été très précieuse pour les marins, en ce que, tout primitif que fût l’instrument, il permettait d’observer simultanément l’astre et l’horizon de la mer. Mais la visée directe du Soleil était fatigante et l’on avaitcherché différents moyens de l’éviter; ainsi, avec l’astrolabe et le quadrant, on y était parvenu en projetant l’ombre de la pinnule objective sur la pinnule oculaire et l’on agissait de même avec l’anneau astronomique.

L’un des perfectionnements les plus importants date de la fin du xYi® siècle et l’instrument correspondant, désigné sous le nom de quartier anglais, avait été imaginé et décrit en 1594 par le célèbre marin John Davis qui le qualifiait de Back staff. C’est un quadrant habituellement fabriqué avec un bois dur, composé de deux secteurs de rayons inégaux, l’un double ou

même triple de l’autre {fig. 112) et d’amplitudes inégales, le premier avec un arc de 3o° et le second de 60°, portant chacun une pinnule, a et b, coulissant sur l’arc correspondant; au centre commun des deux arcs se trouve une troisième pinnule c ( ').

L’observateur tournant le dos au Soleil et regardant l’horizon de la mer parvenait, en manœuvrant successivement les

Fig. 112.

Quartier anglais de Davis.

deux pinnules mobiles, d’une parta projeter les rayons du soleil passant par la pinnule objective sur la fente de la pinnule fixe, et de l’autre à voir par la pinnule oculaire l’horizon de la mer à travers cette fente.

Cet instrument était assurément très ingénieux et continua pendant longtemps à être employé par les marins, mais il avait fini par n’êlre plus en rapport avec les progrès de l’Astronomie et de la Navigation et les esprits inventifs cherchaient partout à découvrir celui qui devait lui succéder.

Le réflexion de la lumière sur des miroirs plans avait bien

( ' ) La figure que nous donnons est celle d’un quartier anglais offert au Conservatoire des Arts et Métiers par M. Heilbronner, antiquaire. L’instrument est signé Robert; il est d’une date postérieure à 1740.

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