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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

En 1767, le célèbre astronome et géomètre allemand Tobie Mayer employait un cercle entier {fig> 1 16) pour éliminer les erreurs de la division par la méthode de la répétition qu’il avait inventée ('). Mais la position de la lunette et celle du petit miroir qu’il avait adoptées laissaient subsister plusieurs

Fig. Il 6.

des inconvénients du sextant; on ne pouvait, par exemple, observer le second objet après la double réflexion qu’à droite de la direction donnée à la lunette pour viser le premier objet et il fallait rétablir le parallélisme des miroirs, avant de répéter l’observation.

(') Nous pourrions insister ici sur les procédés employés par les plus habiles artistes anglais, français et allemands pour tracer les divisions des arcs de cercle et des cercles entiers, citer, comme nous l'avons déjà fait, les noms de Bird, de Ramsden, de Lenoir, de Gambey, de Brunner et de Repsold et décrire en détail la méthode de la répétition et celle de la réitération, qui servent à éliminer les erreurs résidues, mais nous craindrions de trop nous éloigner de notre sujet et nous nous contenterons de rappeler que le principe essentiel de la macliine à diviser les cercles a été indiqué par le duc de Ghaulnes, à qui l’on doit également le perfectionnement de la construction du microscope et son application aux instruments d’Astronomie.

En recülani la lunette pour dégager le grand miroir et en reportant le petit miroir au voisinage du limbe {fig. 117), Borda dota en 1775 le cercle à réflexion de la faculté de per-

Fig. 117.

mettre les observations croisées, c’est-à-dire d’observer le second objet après la double réflexion alternativement à droite et à gauche de la lunette dirigée sur le premier.

Ce mode d’opérer dispensait de revenir au parallélisme des miroirs et supprimait ainsi une cause d’erreur en même temps que le nombre des observations était diminué de moitié (' )•

Nous nous sommes abstenu de mentionner les variétés

( ‘ ) Description et usage du cercle de réjlexion avec différentes méthodes pour calculer les observations nautiques, par le Cliev. de Horda (3'"“ édition, Firiniii-Didot; Paris, 1810), avec Avant-propos de l’édition de 1787, devenue rare.

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innombrables de formes données depuis l’origine à l’oclanl, au sextant et au cercle à réllexion lui-même et nous nous bornerons à citer parmi celles qui se rapportent à ce dernier instrument, qui est le plus parfait, les cercles à prismes d’Amici, de Steinheil, celui de Pistor et Marlins à prisme et à miroir avec deux verniers opposés pour corriger l’erreur d’excentricité, enfin celui de ïroughton qui porte jusqu’à trois verniers équidistants dans le même but.

Mais ce qui est le plus intéressant pour nous, c’est l’influence qu’a eue le cercle à réflexion de Borda, entre les mains de Beautemps-Beaupré, sur les progrès de l’Hydrographie et en particulier sur ceux de la méthode des levées à l’aide des vues de côtes, ce qui nous décide à donner encore {fig. n8 et iig) la figure détaillée de ce cercle d’après l’Ouvrage cité en note (')•

Nous aurons l’occasion de revenir par la suite et plus amplement sur les conséquences de cette application à la Topographie d’un instrument très perfectionné, destiné principalement aux observations astronomiques; nous devons d’ailleurs également constater, dès à présent, que les instruments à réllexion, du genre de ceux dont nous venons de parler, ne sont pas seulement utiles aux explorateurs pour la détermination des positions géographiques, puisqu’ils peuvent leur servir à mesurer les angles compris entre les objets terrestres, par conséquent à faire des triangulations et des relèvements, en un mot à réunir les éléments d’un lever topographique ou d’un itinéraire.

On a même construit des sextants spécialement destinés aux topographes et que leur petit volume rend très précieux dans bien des circonstances. Nous retrouverons ces derniers dans un prochain Paragraphe consacré aux instruments de poche dont la plupart sont des instruments à réflexion.

( ' ) Méthodes pour la levée et la construction des cartes et plans hydrographiques, déjà publiées en 1808 par G.-F. 1]eautemps-Be.\ui>ué ( Pari.s, Imprimerie impériale, i8n).

33o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

Fig. 118.

Cercle de réflexion de Borda. ( Échelle |.)

Cei’cle de réflexion de Borda. (Profil et détails.)

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