CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
La forme et la disposition de ce ressort et du mécanisme sur lequel il agit distinguent les instruments des différents constructeurs (*).
Dans le baromètre holostérique, le ressort antagoniste est une large lame d’acier repliée en forme de col de cygne dont l’extrémité inférieure est pincée sur toute sa longueur par une traverse en forme de mâchoire terminée des deux côtés par des tourillons engagés dans des coussinets fixés à la plaque de fondation de la boîte.
L’extrémité supérieure du ressort bute contre l’arête d’une goupille carrée portée par une pièce vissée sur le fond supérieur de la chambre dont le fond inférieur est fixé à la plaque de fondation par un contre-écrou situé sur cette plaque.
On conçoit aisément que les mouvements du fond supérieur de la chambre, quand la pression atmosphérique change, se traduisent par des oscillations ou des flexions variables de l’extrémité supérieure du ressort. Nous n’entreprendrons pas de décrire le système de leviers, de bielles et de ressorts représentés sur les figures, qui transmettent et régularisent ces mouvements de façon à faire décrire à l’aiguille sur le cadran des arcs proportionnels aux pressions. Nous ajouterons seulement qu’en vue de l’emploi de cet instrument par les ingénieurs, les voyageurs et les militaires, on a réduit le plus possible ses dimensions tout en étendant l’échelle de ses indications et que l’on est parvenu, en opérant par tâtonnement, à compenser les effets de la température dont, comme nous verrons plus loin, il est très important de se préoccuper.
Simplification des calculs barométriques. — Lorsqu’on se sert de baromètres à mercure, V Annuaire du Bureau des Longitudes renferme des Tables éonstruites d’après la formule de Laplace, qui permettent de calculer assez rapidement la différence de niveau de deux stations où l’on a observé les hau-
(') Plusieurs d’entre eu.x, et Richard père était de ce nombre, plaçaient le ressort antagoniste à l’intérieur de la boîte (comme l’avait fait Conté). Cette disposition a été conservée par son fils, Jules Richard, qui en fait un usage si ingénieu.x dans la construction de ses baromètres enregistreurs et d’autres instruments des plus délicats.
34a LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
leurs barométriques, les températures de l’air, celles des baromètres, la latitude étant connue ainsi que l’altitude de la station inférieure.
Cependant, quand on a de nombreuses opérations à effectuer, par exemple à la suite d’un long voyage, et que l’on ne prétend pas à une grande approximation, on se contente de formules simplifiées parmi lesquelles l’une des plus connues est celle de Babinei :
que l’on met aussi sous la forme
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Depuis l’invention du baromètre anéroïde surtout, la facilité des observations, qui se réduisent à lire la pression sur un cadran comme l’heure sur une montre et celle de la température sur un thermomètre indépendant (2), a permis de multi-
(•) En conservantà peu près complètement la formule de Laplace, après l’avoir mise sous une forme plus commode pour le calcul numérique, M. Radau, chargé de réduire les observations météorologiques d’Antoine d'Abbadie pendant son voyage en Éthiopie, a trouvé le moyen de s’affranchir de l’emploi des Tables de correction IV et V de l'Annuaire du Bureau des Longitudes, en en calculant une autre dont le principe est indiqué dans une Note intitulée : Sur la formule barométrique, par M. Radau, dans le Moniteur scientifique du D' Qüesneville, t. VI, année 1861. A la fin de cette Note, M. Radau donne, en outre, des Tables logarithmiques, construites sur le principe des Tables de Gauss et pour la plus importante desquelles il a adopté le coefiicient i845i déduit, comme on l’a dit plus haut, des expériences de Régnault : « La formule sur laquelle nous avons basé nos Tables logarithmiques, dit en terminant l’auteur, a été vérifiée expérimentalement par Bauernfcind; il l’a comparée à un grand nombre d’observations faites dans les Alpes bavaroises, en cinq stations dont les hauteurs avaient été déterminées avec soin par un nivellement. »
(’) Un habile artiste anglais, Immisch, construit, depuis une quinzaine d’années, de petits thermomètres métalliques circulaires, de la dimension d’une montre de dame, dont l’organe principal est un tube recourbé de Bourdon rempli d’un liquide convenablement choisi. La température y est indiquée par le déplacement d’une aiguille sur un cadran comme la pression dans le baromètre anéroïde. Nous en possédons un qui nous a été offert par la famille Bourdon en i885 et qui est aussi exact que le premier jour (1898). Ges excellents inst ments mériteraient d’être aussi répandus que les baromètres anéroïdes.