CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. SSq
Il avait donné, au début, à la boîte ou à ce qu’il appelait le vase barométrique la forme d’une sphère aplatie, analogue sans doute à celle de la montre de Conté mais déjà mieux appropriée à sa destination, et était arrivé, après bien des tâtonnements, à celle d’un cylindre d’une hauteur de plusieurs centimètres plissé circulairement de haut en bas et parallèlement aux bases qui le faisait ressembler à un soufllet et enfin à la petite boîte toujours cylindrique, à bases circulaires et ondulées du centre à la circonférence mais très réduite en hauteur qui a prévalu.
Cet organe essentiel du baromètre anéroïde est bien connu, et les continuateurs de Vidie, Naudet, Hulot, Breguet, Richard père, etc., tout en variant et perfectionnant les détails du mécanisme qui sert à transmettre à l’aiguille indicatrice du cadran les mouvements dus aux déformations que lui font subir les variations de la pression atmosphérique, l’ont conservé.
vention, et en restant dans le même ordre d’idées, il songea à la construction d’un baromètre également fondé sur l’élasticité de lames de métal enveloppant une capacité privée d’air. Après bien des insuccès et des déboires, l’inventeur ayant constaté que ses baromètres anéroïdes (sans fluide) marchaient d’accord avec le baromètre à mercure, essaie vainement de les répandre en France et, il faut l’avouer, c’est en Angleterre qu’ils sont tout d’abord appréciés par les marins, puis par les astronomes. L’in- , différence ou même la prévention qui existait en France à l’égard de cette si intéressante innovation était telle que dans le même temps où Vidie livrait cinq mille baromètres anéroïdes aux Anglais, c’est à peine s’il lui en était demandé une centaine dans son pays.
A la même époque, deux autres inventeurs, l'ingénieur prussien Schnitz et le célèbre mécanicien Bourdon donnaient une autre forme très ingénieuse, celle d’un tube à section lenticulaire recourbé circulairement, à des appareils dont on pouvait, selon leur construction, faire des manomètres ou des baromètres. Le succès prodigieux des manomètres Bourdon, qui répondaient à ce besoin urgent pressenti par Vidie (sans qu’il eût donné une solution pratique du problème qu’il avait laissé de côté pour réaliser le baromètre anéroïde), faisait évànouir les préjugés qui avaient entravé le succès des baromètres métalliques. Mais Vidie n’en put pas profiter, ses brevets étant près d’e.xpirer; il en résulta une grande irritation de sa part, des accusations de contrefaçon et des procès regrettables qu’il convient d’oublier, aujourd’hui que les deu.x inventions rendent de si grands services, sans cesser de reconnaître le mérite de Vidie dont le nom, encore méconnu souvent à l’étranger, doit être considéré comme celui de l’un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité. Ceux qui voudraient connaître en détail les phases de la découverte de Vidie pourraient consulter VHistoire des baromètres et des manomètres anéroïdes et la biographie de Lucien Vidie, par Auguste Laurant (E. Dentu, Paris; 1867).
34o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
Baromètre iiolostérique. — Nous donnons {fig. 121 el 122) le plan el 1 élévation latérale de l’iin des meilleurs modèles désigné sous le nom de haromèlre Iiolostérique (entièrement solide) par ceux des anciens ouvriers de Vidie qui Font établi, MM. Naudet et C'% dont les successeurs, MM. Hulot et Perluis, ont continué depuis bien des années à le construire avec une grande perfection el à l’améliorer sans cesse ( ' ).
Quand on fait le vide dans la boîte qualifiée de chambre barométrique, il est indispensable, pour maintenir l’écartement ’
Baromètre Iiolostérique.
des deux fonds flexibles, de recourir à un ressort antagoniste el quand le vide est fait, ce sont les déformations de ce ressort dues aux variations de la pression atmosphérique qui, à l’aide d’un mécanisme approprié, sont transmises à l’aiguille indicatrice.
(') Voyez le Rapport fait par M. Le Roux à la Société d’ Encouragement pour V Industrie nationale sur les baromètres dits holostériques, présentés par MM. Naudet et G‘° (Pertuis et Hulot, successeurs), le 24 janvier 1866.