CHAPITRE III. — ICONOMÉTRIE ET MÉTROPHOTOGIIAPHIE. 1G
nous pensons c|ue les instruments de petites dimensions faciles à dissimuler devront être utilisés, mais seulement quand on pourra s’approcher, a moins, si cela devenait impossible, de s’astreindre à faire des agrandissements. Or, en eiïet, en raison de l’accroissement continu de la portée des armes à feu, on sera dorénavant obligé en général d’opérer de loin et il conviendra alors d’employer non seulement des objectifs à long foyer mais des téléobjectifs qui ont d’ailleurs commencé à pénétrer dans le matériel du service du Génie.
Pour les reconnaissances faites par les défenseurs d’une place assiégée, nous renvoyons à tout ce que nous avons dit et à ce que nous disons plus loin dans un Appendice à propos de la défense de Paris.
XXVI. — Circonstances diverses dans lesquelles on peut avoir à opérer (suite).
Reconnaissances faites pendant les voyages d'exploration. — Ces reconnaissances ne sont autre chose que des levers d’itinéraire et la méthode indiquée par M. Javary serait, à coup sûr, la meilleure à conseiller si elle pouvait être toujours pratiquée. Mais le plus souvent l’explorateur doit opérer seul ou avec des aides auxquels il ne saurait rien demander de plus que de porter ses instruments et à peine de tenir verticalement une stadia. II est d’ailleurs impossible de prévoir les moyens dont il dispose pour évaluer les distances parcourues et relever les positions relatives des stations qu’il est obligé de beaucoup espacer, en recourant de temps en temps, comme on sait, aux observations astronomiques pour déterminer les positions géographiques de quelques-unes de ces stations. Pans ces conditions, la Photographie, aussi bien que le dessin du paysage, doit être considérée surtout comme destinée à illustrer les itinéraires, à rectifier, selon l’expression de Beautemps- Beaupré, les erreurs occasionnées par les renseignements que donnent les guides, et c’est déjà un très grand service qu’elle est appelée à rendre.
Il en est autrement et l’utilité de la Photographie reprend son importance quand l’explorateur peut séjourner pendant un certain temps dans une contrée encore peu connue et dont il convient d’étudier la topographie. Tel est le cas, par exemple, de nos résidents civils ou militaires dans les colonies. En procédant par des itinéraires tracés systématiquement, l’opérateur pourra, si le pays est assez découvert et son relief suffisamment accidenté, réunir en peu de temps tous les éléments nécessaires pour construire une carte déjà très détaillée. Il serait inutile de préciser la méthode que devra suivre cet opérateur, car elle dépendra des ressources en personnel et en matériel dont il pourra disposer. Nous avons cru, toutefois, bien faire en cherchant à construire un photothéodolite spécial, destiné aux explorateurs, décomposable en un théodolite à lunette centrale pour déterminer les positions géographiques et une simple chambre noire si l’on veut l’utiliser dans les études ethnographiques. En reconstituant l’instrument par la réunion des deux parties que nous venons d’indiquer, on a tout ce qu’il faut pour effectuer les levers phototopographiques, soit que l’on veuilleexécuter des triangulations préalables, ce que l’on peut faire avec le théodolite seul, soit que l’on opère par cheminement, et, dans ce cas, le pholothéodolite complet devient indispensable.
XXVII. — Disposition générale et destination clés instruments proposés.
Les instruments, presque tous récemment exécutés, dont nous allons donner une description sommaire, nous ont été demandés par des correspondants qui se trouvaient dans des conditions souvent très différentes et aux besoins desquels nous nous sommes efforcé de répondre : ingénieurs, militaires, explorateurs.
Grand photothéodolite donnant des épreuves du format i8x 24 immédiatement utilisables. — Cet instrument destiné aux ingénieurs qui ont à opérer dans des pays mode-