‹ Recherches sur les instrumentsChapitre 99 sur 122 · CHAPITRE III, — IGONOMETRIE ET AIETROPIIOTOGRAPIIIE. 1G · texte numérisé non relu

CHAPITRE III, — IGONOMETRIE ET AIETROPIIOTOGRAPIIIE. 1G

« Nous avons répété à Paris, ajoute l’auteur, plusieurs années de suite, avec les officiers envoyés des régiments, des levers du même genre, et nous pouvons affirmer que le lever d’une place forte ordinaire, entrepris avec quatre opérateurs, pourrait être terminé et dessiné dans l’espace de vingt-quatre heures. »

M. le capitaine Javary faisait encore observer que, pour la rédaction du plan, on pouvait employer plusieurs sous-officiers auxquels on apprend très vile les petites opérations de la construction et il ajoutait qu’en reportant le dessin sur une pierre lithographique (on dirait aujourd’hui sur une planche de zinc), on aurait le moyen de reproduire autant d’exemplaires qu’il en faudrait pour tous les chefs de service; enfin, il ne manquait pas de faire ressortir la très grande utilité des vues elles-mêmes pour compléter l’intelligence du dessin et faciliter les explications et les instructions que les commandants supérieurs auraient à donnera leurs subordonnés ( 1 ).

Défense des places. — « La défense d’une place doit aussi réclamer le concours du lever photographique (2).

» On se place aux saillants de la fortification, dans les principales batteries, et l’on fait de ces positions des vues du terrain à battre. Le plan de la place sert à relier ces stations entre elles ; on construit tous les points qui peuvent servir de repères pour le tir de l’artillerie; on mesure leurs distances aux saillants des batteries et l’on inscrit ces distances sur les épreuves elles-mêmes, à côté des points; ces épreuves, ainsi

reviendrons un peu plus loin sur les conditions nouvelles imposées par la portée des armes à feu et, d’un autre côté, sur les ressources fournies par les progrès de la Photographie.

(’) Il nous est impossible, en mentionnant ainsi les résultats vraiment remarquables auxquels nous étions parvenus en France à une époque où dans aucun autre pays on ne se doutait de la fécondité de la méthode photographique (il serait même plus exact de dire que l’on ne s’y doulait même pas de l’existence de la méthode à peine entrevue en Prusse et seulement depuis i865), il est impossible, disons-nous, de ne pas regretter et condamner une fois de plus la conduite de ceux qui ont pris la responsabilité de faire supprimer en 1871 la brigade Javary. L'alinéa suivant du texte ne fera que donner plus de poids à cotte amère réflexion.

(a) Même Mémoire du capitaine Javary, p. 3q3.

lf>8 LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

cotées, seront remises aux chefs de pièce. Or, il faut remarquer que ces vues ne peuvent être prises d’avance parce qu’on doit supposer que l’on fera au dernier moment les démolitions qui changeront l’aspect du terrain (').

» Nous avons fait ce travail pendant la première période du siège de Paris. Nous avons pris des saillants des forts i3o épreuves, au moyen desquelles nous avons construit 3-200 points dont les distances ont été inscrites sur les vues elles-mêmes (a ). »

II est peut-être inutile d’indiquer les instruments que l’on conseille pour les reconnaissances militaires de toute nature, car on sera le plus souvent obligé de se servir de ceux que l’on aura sous la main et d’en tirer le meilleur parti.

On a vu cependant que M. Javary recommandait pour les levers d’itinéraire une boussole nivellatrice avec lunette stadimélrique pour le géomètre et une petite chambre noire (ordinaire mais bien manœuvrée) pour chacun des aides photographes qui porte en outre une stadia.

Pour la reconnaissance d’une place forte en vue d’un siège,

(') II est bien certain que, toutes les fois qu’on le pourra, il conviendra de faire ou de refaire des vues du terrain à battre au moment où la place est assiégée; mais il ne serait pas moins souvent très utile d’en avoir fait d’avance, par exemple dans les forts isolés et, en particulier, dans les pays de montagnes où les ressources photographiques et les photographes eux-mêmes pourraient manquer au moment où l’on en aurait besoin.

D’ailleurs, nous pensons depuis longtemps que partout il serait précieux d’avoir, à côté de la carte topographique, des vues panoramiques exécutées soit avec le télémétrographo, soit avec des appareils téléphotographiques, sur lesquelles on inscrirait à l’avance toutes les indications de nature à aider les officiers chargés de la défense et les artilleurs en particulier à faire les identifications nécessaires. Nous avons eu déjà l’occasion d’exprimer cette opinion.

(3) Ces vues, qui n’ont d’ailleurs peut-être pas été assez répandues, ont été utilisées par quelques rares officiers d’artillerie, mais on avait de la peine à engager les autres à s’en servir, et le commandement en faisait assez peu de cas, comme de tous les renseignements graphiques analogues, parce que cela ne figurait nulle part dans les instructions réglementaires. Il est probable cependant qu’à l’avenir, la Photographie et ses applications étant devenues familières à tout le monde, on ne rencontrerait plus la même résistance.

Nous avons retrouvé l’une des vues prises par le capitaine Javary de l'observaloire militaire de Montmartre (maison du D' Gruby) el nous la reproduisons à titre de spécimen [Pt. XV)

Page 1