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CHAPITRE III. — ICONOMÉTRIE ET MÉTROPIIOTOGRAPUIE

Quant à l’autre instrument, c’est-à-dire la chambre claire pour longue-vue, qu’il compare au téléiconographe, sans paraître se douter de ce qui a été fait pendant le siège de Paris, il cherche plus loin et arrive à découvrir que l’Anglais R.-P. Ba te avait présenté, dès 1809, une chambre claire audevant de l’oculaire d’une lunette, et il ne voit pas dès lors pourquoi il n’aurait pas le droit d’en faire autant. Si nous avions eu plus tôt connaissance de la Notice de Goulier qui ne nous est tombée sous les yeux que tout récemment ('), nous aurions pu rappeler à son auteur qu’aussilôt imaginée en i8oj, la chambre claire avait été adaptée au télescope et au microscope. Mais personne, que nous sachions, ne s’était avisé de s’en servir pour effectuer des mesures topographiques et personne n’avait publié avant nous des champs de lunette ayant celle destination prévue et précise qui exigeait des soins particuliers dont ni R.-P. Rate ni MM. Revoil et Viollet-le-Duc ne s’étaient inquiétés.

Nous sommes en droit, dans tous les cas, de trouver étrange que les trois instruments du colonel Goulier eussent été exposés à l'exclusion des nôtres qui avaient peut-être le droit de figurer parmi ceux qui faisaient honneur au corps du Génie. Mais ce n’est pas tout, et il nous reste un dernier trait à ajouter à ce tableau peu édifiant.

On avait donc aussi exposé le périgraphe instantané du colonel Mangin; rien de plus juste et de plus naturel, et nous avions été le premier à faire ressortir l’ingéniosité de l’invention que son auteur nous avait demandé de présenter, cette même année 1878, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences.

Seulement on avait négligé, comme nous l’avons vu, la chambre noire topographique (c’est-à-dire le photolhéodolile construit par Brunner et dont il existait cinq exemplaires dans

renversées; plus tard, nous avons employé exclusivement des lunettes terrestres, et jamais nous ne nous sommes servi de la lunette de Galilée.

(’) Nous connaissions déjà plusieurs autres emprunts plus ou moins habilement déguisés de Goulier, faits à différents inventeurs qu’il s’abstenait le plus souvent de nommer, mais nous avouons que la lecture de cette Notice nous a surpris et affligé tout à la fois; elle dépassait décidément la mesure.

igo LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

les écoles régimentaires, à l’École d’application et au Dépôt des fortifications), ainsi que les résultats remarquables dont plusieurs avaient figuré à l’Exposition universelle de 1867. Était-ce à cause de cela? On ne pouvait le soutenir, car le Catalogue de 1878 renfermait bien d’autres objets qui avaient été déjà exposés.

Comment expliquer d’ailleurs que l’on eût exclu également ceux qui avaient été obtenus postérieurement par la brigade Javary-Galibardy, lesquels ne pouvaient être ignorés de Goulier, puisqu’ils venaient d’être publiés, en 1873, dans le n° 22 du Mémorial de V Officier du Génie et qu’ils mettaient hors de doute l’efficacité et les avantages de la méthode.

Nous louchons ici précisément au point le plus délicat de la question, celui qui se rattache à l’anéantissement prémédité de celte méthode devenue insupportable à ceux dont elle menaçait de troubler les habitudes en même temps que de compromettre l’infaillibilité, car ils avaient toujours prédit que la Photographie 11e donnerait aucun résultat sérieux. Aussi avait-on commencé par supprimer la brigade et l’on espérait bien passer l’éponge sur tout ce qu’elle avait fait. Le périgraphe instantané dont on savait qu’il ne serait jamais fait un usage courant et qui, par conséquent, n’était pas à craindre, venait d’ailleurs à propos pour faire oublier, écarter la méthode apparemment trop naïve de Beaulemps-Beaupré devenue la nôtre.

Ce n’est pas là, comme on pourrait être tenté de le croire, une simple supposition qu’il serait permis d’attribuer à notre mauvaise humeur, fort excusable, après tout. Non, et l’on peut voir, dans le Livre d'or du Centenaire de V École Polytechnique, une Notice, écrite par l’un des personnages les plus en vue parmi les élèves et les successeurs de Goulier, sur les progrès de la Topographie dus aux officiers du Génie sortis de cette École, dans laquelle, à propos des applications de la Photographie à cet art, le périgraphe instantané est seul cité comme ayant atteint le but.

S’il existait à Paris un tribunal des réformateurs des études comme celui de Padoue au xvne siècle ( 1 ), nous lui demande-

(') Voir tome I de ces Recherches, note de la page g5.

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