CHAPITRE III. — ICONOMÉTUIE ET MÉTROPHOTOGR APIIIE
s’agit, en définitive, d’en arriver à des constructions du même gen re.
VI. — Emploi de deux ou plusieurs vues prises sur des tableaux inclinés.
Quand on est parvenu a photographier plusieurs vues d'un même site et de stations différentes, soit en ballon, soit à l’aide d’un cerf-volant, il est naturel de se demander comment on peut les combiner.
En supposant toujours que ces vues présentent des cours d’eau ou même simplement des roules sensiblement horizontales, on peut espérer parvenir assez souvent à déterminer, avec une précision suffisante, un certain nombre de points isolés choisis parmi les plus remarquables, les extrémités d’une digue, les arches d’un pont au niveau de l’eau, les coudes de la rivière ou de la route, les carrefours, etc.
Ces points, retrouvés sur deux photographies au moins, deviendraient alors autant de repères à l’aide desquels on pourrait orienter ces photographies pour les faire concourir simultanément à la construction du plan et, dans certains cas, quoique plus difficilement, au nivellement suivant la méthode générale que nous avons exposée.
En effet, sur chacune des feuilles qui ont servi à déterminer les repères, la projection du point de vue, c’est-à-dire de la station aérienne, se trouve rapportée elle-même en O/- (fig- 9.3 et PI. VIII, fig. b et c), comme on le verra tout à l’heure.
Or, si sur l’une d’elles on relève, avec un papier à calquer, deux ou trois repères ou même davantage ainsi que la station, en plaçant ce calque sur l’autre feuille, on déterminerait immédiatement la position relative des deux stations.
Il y a là un fait assurément intéressant et peut-être assez inattendu à signaler, à savoir que les stations aériennes deviennent ainsi tout à fait indépendantes les unes des autres, c est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire de se préoccuper d’un moyen de les relier autrement entre elles comme on relie habituellement les stations terrestres par des mesures de
distances et d’angles, par des triangulations ou des cheminements, opérations d’ailleurs à peu près irréalisables dans la plupart des circonstances supposées (').
L’économie de cette méthode dépend toutefois de la précision des données que les progrès des instruments spéciaux rendront sans doute de plus en plus grande.
Pour faire apprécier sa praticabilité qui n’est pas toujours très facile, il faut bien en convenir, nous allons prendre un exemple en partant des données relatives à une photographie obtenue par M. A. lialut à l’aide de son cerf-volant.
En se reportant aux fig. b et c {PL VIH ), dont la première représente les constructions préparatoires effectuées dans le plan principal et la seconde le plan sur lequel on restituera quelques-uns des points de la perspective, et en conservant les notations précédentes, le cerf-volant ayant été élevé à 90'" de hauteur et son inclinaison sur la verticale évaluée à 33°, enfin la distance focale de la chambre noire étant de om,i66; on a donc
a = 33-, OP = om, 166 et 11=90"'.
Si l’on convient maintenant d’adopter pour le plan l'échelle je et en réduisant encore les figures de moitié, on aura
qom
OP = o"\o83 et // — = om, 022:1.
Pour obtenir la ligne d’horizon sur la photographie, on n’aura, en général, qu’à s’arranger de manière à retrouver facilement le point principal P de la perspective (qui devrait être exactement au centre de la plaque, mais qui peut être vérifié d’après des vues prises à terre et sur tableau vertical), pourvu que l’on ait en meme temps I inclinaison du tableau.
Les constructions préliminaires étant effectuées sur la Jig. b
(>) On sait que les stalions terrestres deviennent également indépendantes les unes des autres quand on emploie la méthode des recoupements avec laquelle celle que l’on vient d’indiquer 11’a cependant qu’une analogie assez éloignée, car la première suppose les points de repère déjà déterminés à l’aide d’une triangulation ou d’un cheminement.