CHAPITRE III. — ICONOMÉTRIE ET MÉTROPHOTOGRAPIIIE
La (igure suivante (fig. 26) représente le sommet du donjon de Vincennes, vu de la station B (fi g. iy) dans le champ d’une lunette qui avait un grossissement de quatre fois seule-
l-'ig. 26.
Champ de lunette du donjon de Vincennes.
ment, dessiné en même temps que les vues de la fi g. 19 qui sont elles-mêmes réduites, il ne faut pas l’oublier, si l’on vient à comparer les grandeurs’ des mêmes objets, par exemple le diamètre de la tour qui vient en avant, dans le champ de la lunette ( Jig . 2b) et sur la vue bb ( fi g . 19).
Voici comment nous avions évalué approximativement la distance de la station au centre de la tour du donjon :
Le grossissement de la lunette étant 4 et- la distance du point de vue au tableau ayant été dans ce cas de o'ViS (réduite sur la Jig. 19 à om,o7i)., si l’on admet que le parapet du haut de la tour ail une hauteur de im,3o, comme on trouve
fi° LUS INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
sa hauteur apparente mesurée sur la fig. 19 égale à 4,nm,5, en divisant cette quantité par 4 pour la ramener à ce qu’elle serait sans le grossissement, on trouve imm, 1 ^5 et l'on a la proportion
iin,3o : imm, 125 :: x : ora,25
(x étant la distance cherchée de la station à la tour du donjon), d’où
Sur le plan de la fig. 19 on trouve x — 2Soin ; l’erreur commise est donc de 3^; mais il n’y a là rien de surprenant, car la hauteur du parapet, déjà bien faible pour servir de stadia, n’était pas rigoureusement connue et l’évaluation de la grandeur de son image était elle-même imparfaite.
Celte expérience improvisée ne doit être considérée d’ailleurs que comme une indication de la marche à suivre, et, si nous l’avons citée de préférence à d’autres plus précises, c’est parce que la figure sur laquelle elle a été faite est une sorte de pièce à conviction vis-à-vis de ceux qui ont voulu s’approprier une idée dont ils n’avaient même pas aperçu la véritable portée ( 1 ).
La petite lunette de faible grossissement que nous employions dans les reconnaissances rapides faites en voyageant
(’) Cette figure, dessinée en 1800, avait été publiée dans le Magasin pittoresque, année 1861; en 1868. Ain architecte distingué de Nîmes, M. ltevoil, ayant eu, à son tour, l’idée fort naturelle d’adapter la chambre claire à une lunette, mais simplement pour dessiner et sans aucune préoccupation de se servir de ses images pour mesurer les distances, apporta à Paris ce qu’il croyait être une invention. En ma qualité de professeur à l’École Polytechnique, et sur l’invitation du général Pavé, aide-de-camp de l’empereur, qui commandait l’École, je fus appelé à donner mon avis sur la valeur scientifique et pralique d’une idée qui 11’avait absolument rien de neuf, car, depuis la découverte de la chambre claire par Wollaston, cet ingénieux petit instrument avait été immédiatement associé au télescope et au microscope, en Angleterre d’abord et un peu partout ensuite.
M. Revoil était venu à mon observatoire de l’École Polytechnique avec son illustre confrère et ami Viollet-le-Duc. Je fis à ces messieurs l’accueil le plus courtois, tout en les prévenant de la nécessité où j’étais de les désillusionner. Je leur expliquai ce qui avait été fait depuis si longtemps et, après m’être assuré que M. Revoil n’avait pas songé à faire autre chose que des images amplifiées, je leur montrai le passage du Mémorial de l’Officier du Génie, année i85j, où se trouve exposé le principe de l’ap-