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IX. — Historique de la découverte de la chambre claire

On sait que nous avons été amené à nous servir de la chambre claire pour exécuter des vues rigoureusement géométriques, au lieu de simples croquis approximatifs, dans le but de donner plus de précision à la méthode de Reaulemps- Beaupré. Nous avons déjà montré, par les résultats des expériences faites devant le fort de Vincennes (ftg. iq) et devant la forteresse du Monl-Valérien ( Pl. VII), que ce but avait été atteint aussi complètement que possible.

Il nous reste à expliquer en quoi consiste l’instrument en

pareil destiné à mesurer les distances, et enfin la figure du Magasin pittoresque.

Mais ma consultation était inutile, dès qu’elle 11e concluait pas à une approbation. Le siège de ces messieurs était fait et l’instrument (le premier exemplaire était destiné au Prince impérial) fut baptisé téléiconographe. Ce fut même ce qui me décida, à mon tour, usant de mon droit de paternité incontestable, en vertu des règles universellement adoptées de l'antériorité garantie par les publications imprimées, à appeler le mien du nom de téléniétro graphe qui indiquait clairement sa destination et avait en même temps l'avantage d’être un peu moins anguleux que celui de sa contrefaçon.

question, a faire connaître les modifications apportées à sa construction primitive pour en rendre l’usage à la fois plus sûr et plus commode, enfin à donner quelques détails sur la nature même des différentes opérations.

Nous commencerons naturellement par un historique de la découverte de ce merveilleux petit appareil qui avait remplacé si avantageusement, entre les mains des dessinateurs, l’antique chambre obscure, laquelle devait bientôt prendre sa revanche en supprimant le dessinateur lui-même.

La chambre claire a été inventée en 1804, par William-IIyde Wollaston. Le phénomène extrêmement simple qui avait mis 1 illustre physicien anglais sur la voie de celle découverte se trouve exposé en ces termes, dans le Mémoire où il la fit connaître pour la première fois au public (') :

« Lorsque je regarde directement et d’aplomb une feuille de papier sur une table, si je présente entre mon œil et le papier un morceau de verre plan, incliné à partir de moi et de haut en bas d’un angle de 4^°, j’aperçois par réflexion la perspective qui me fait face, dans la même direction où je vois mon papier à travers le verre. Je puis donc alors tracer une esquisse de celle perspective; seulement les images sont renversées (-). »

Pour redresser les images, Wollaston lit subir aux rayons lumineux deux réflexions successives. A cet effet, il plaça audessous et en avant du verre transparent un morceau de glace étamée, et, en inclinant convenablement ces deux réflecteurs l’un sur l’autre, il parvint à voir, à travers celui qui était transparent, des images droites, à la même place où il les voyait d’abord renversées (fig. 27).

(') Description of the caméra lucida, by Vf. -II. AYullastun ( Philoso phical Magazine, t. XXY1I1).

(’) Les instruments d’opLique renversent les images de deux manières qui correspondent aux deux espèces de symétrie définies en Géométrie. Ainsi les images réelles formées dans la chambre obscure paraissent renversées à cause de leur position par rapport à l’ubservaleur, mais elles restent semblables à l’objet (symétrie par rapport à un point), tandis que la réflexion sur les miroirs plans donne fieu à des images que l’on peuL comparer à des contre-épreuves (symétrie par rapport à un plan) qu’il faut renverser une seconde fois pour les ramener à la similitude géométrique.

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