CHAPITRE III. — ICONOftlÉTRIE ET MKTROPIIOTOORAPI1IE. I()Ç
ceplés, par la méthode géométrique bien connue : ces points devront se trouver, si l’on a bien opéré, sur une même ligne droite qui passera en même temps par le point principal et qui sera alors la trace du plan principal de la perspective sur le plan du tableau. La perpendiculaire à cette droite menée par le point principal sera la ligne d’horizon.
Ce procédé et le principe sur lequel il est fondé sont faciles à saisir pour tous ceux qui ont fait de la gnomonique et employé la méthode dite des hauteurs correspondantes du Soleil, pour tracer une méridienne. Le plan principal dont on détermine la trace sur le plan du tableau joue, en effet, dans ce cas le même rôle que le plan du méridien dans l’autre opération ( 1 ).
Précaution à prendre pour faire un tour entier d'horizon. — Les éléments géométriques ainsi trouvés serviront pour toutes les perspectives que l’on voudra prendre d’une même station. Il suffira, avant de changer la première feuille de papier qui portela trace du plan principal et la ligne d’horizon, de prolonger ces lignes et de les repérer sur les bords de la planchette, ce qui permettra de les reporter facilement sur les feuilles suivantes. On voit, de plus, que si le prisme était invariablement lié de position avec la planchette, les opéra-
(‘) Le mouvement de la planchette entraînant le prisme dont l’orientation détermine celle du plan principal de la perspective, revient à la rotation de ce plan autour de la verticale du point de vue ; la planchette ou, si l’on veut, le tableau, conservant d’ailleurs sa position par rapport au plan vertical. Pour étudier la courbe que l'image d’un point du paysage décrit sur le tableau, pendant cette rotation, on peut imaginer que le plan principal reste fixe et que le paysage est entraîné en sens contraire autour de la verticale du point de vue. C'est, du reste, l'illusion qui est produile à travers le prisme et celte substitution des mouvements apparenls aux mouvements réels rend encore plus complète l’analogie que nous avons invoquée. Alors chaque rayon visuel, conservant nécessairement son inclinaison sur la verticale du point de vue, décrira autour de cette ligne un cône droit que le plan du tableau coupera suivant une courbe du second degré, comme le plan sur lequel on veut tracer une méridienne coupe le cône droit décrit dans le mouvement diurne par le rayon lumineux qui rase le sommet du gnomon. La construction que l'on emploie pour tracer 1a méridienne convient donc parfaitement à la détermination delà trace du plan principal.
lions que l’on vient de décrire n’auraient besoin d’être exécutées qu’une fois pour toutes; mais, afin de rendre l’inslrument plus portatif, on a dû renoncer à cet avantage; seulement, au moyen de repères tracés sur les bords delà planchette et sur les tiges de l’appareil, on peut toujours replacer celui-ci à peu près dans la même position et n’avoir plus que de rapides vérifications à faire à chaque station.
Lorsqu on doit prendre, du même point de vue, une perspective étendue ou même un panorama entier, on dessine par parties en faisant tourner, à chaque fois, la planchette autour de son axe (' ) d’un angle à peu près égal au champ de l’instrument, c’est-à-dire de 6o° environ; ce que l’on reconnaît quand les objets que l’on voyait à l’extrême droite, par exemple, sont passés à l’extrême gauche, la rotation étant supposée s’opérer degauche à droite. Six perspectives suffiront donc pour chaque panorama qui se trouvera ainsi dessiné sur les faces d’un prisme hexagonal circonscrit au cylindre à hase circulaire ayant pour rayon la hauteur du prisme au-dessus de la planchette, c’est-à-dire la distance du point de vue au tableau. Afin, d’ailleurs, de ne rien omettre et pour rendre les raccordements faciles, il est bon que chaque perspective déborde sur celles qui lui sont contiguës, et il convient de profiter, dans ce but, de toute l’amplitude de l’instrument, qui atteint et dépasse même 65°.
Difficultés que présentent les premières observations et moyens de les surmonter. — 11 suffit de quelques heures d’exercice pour réussir à suivre, avec la pointe d’un crayon, l’image virtuelle projetée sur le papier; et l’on finit même par opérer, au moyen de la chambre claire, à peu près aussi vite que si l’image était réelle comme dans la chambre obscure, et, dans ce dernier cas, l’opération peut se comparer à celle qu’un dessinateur exécute pour prendre un calque. Il est ce-
(’) Nous aAmns recommandé la construction la plus simple pour la planchette. 11 est indispensable toutefois que la vis que porle le pied et qui pénètre dans l’écrou fixé au centre de la planchette puisse être serrée et desserrée à volonté pour permettre ces mouvements de rotation sans que la fixité de la planchette en soit diminuée dans chaque position.