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XVI. — Télé métro graphie

I)u télémélrographe à forts grossissements. — Avant de nous séparer de la chambre claire, il convient de revenir sur l'usage qui en a été fait, dans les reconnaissances à de grandes distances, et dont le principe a été indiqué au paragraphe VIII, à propos de l’évaluation des distances modérées, quoique relativement grandes par rapport à celles que l’on emploie habituellement en Topographie.

On a vu, en effet., dans ce paragraphe, le parti que l’on pouvait tirer de l’adjonction d’une lunette de faible grossissement pour évaluer des distances de plusieurs centaines de mètres avec une approximation souvent suffisante. Peut-être nous en serions-nous tenu à ce système des petites lunettes faciles à monter sur la planchette de la chambre claire, sans une circonstance à laquelle nous n’avions pas songé tout d’abord et <1 u i s’est présentée, imposée même, pourrions-nous dire, un peu plus lard. Nous voulons parler des reconnaissances dont nous fûmes chargé par le Gouverneur de Paris pendant le siège entrepris par les armées allemandes.

Il s’agissait alors, en effet, de déterminer les positions elles mouvements de l’ennemi sur toute la périphérie de ses lignes d’investissement, de relever ces lignes elles-mêmes, les travaux

phololilhpgrapliie, photogravure, phologlyptie, etc., au lieu de phototopographie, il fallait donc dire topophotographie, et, au lieu de photogrammélrie, metrophotographie . J’ai adopté en conséquence celte dernière dénomination et j’y ai ajouté celle d iconométrie correspondant au Bilclniesskunst des Allemands, plus générale, puisqu’elle embrasse l’art des restitutions des images dessinées aussi bien quedes images photographiées.

Cl l.\ l’I T IV K III. — 1C0N0SI STRIE ET MÉTIVOPIIOTOGHAPIIIE. I I 7

de toute nature qui s’y exécutaient journellement, tranchées, épaulements, batteries, abatis d’arbres, crénelage des murs, etc.

On trouvera dans un Appendice, à la lin de ce Chapitre, les dispositions générales qu’en notre qualité de Directeur des Observatoires militaires nous avions prises pour atteindre ce but, et l’on y verra le rôle important rempli par le lélémétrographe. Nous devons nous borner ici à indiquer ce qui caractérise cet instrument au point de vue géométrique, et nous n’avons pour cela qu’à donner l'extrait suivant d’un Mémoire présenté à l’Académie des Sciences le 1 1 mai i885 :

« L’analogie la plus complète existe entre le procédé dont il s’agit etcelui qu’emploient journellement les micrographes. Le point essentiel, dans le cas dont je m’occupe, est de mettre en évidence le degré de précision que l’on atteint en évaluant les angles sur les images, sans le secours d’un micromètre.

» Je dois rappeler tout d’abord que le champ d’une lunette, qui peut supporter un assez fort grossissement, est nécessairement très restreint. En général, dans les lunettes terrestres, le produit du champ par le grossissement est sensiblement constant et de 25° environ. Les grossissements que nous avons employés étaient compris entre 33° et 65°, et les champs entre 45'eiL',5.

» Pour donner une idée du degré de précision des mesures que l’on peut effectuer sur les dessins télescopiques, je choisirai un de ceux qui ont été obtenus avec une lunette de ^5""" d’ouverture, dont le champ était de 3o' et le grossissement de 5o. Je prendrai aussi le cas d’un opérateur pour qui la distance de la vue distincte était de om,3o5.

» On voit aisément, par le calcul, qu’alors le diamètre du cercle qui limite l’image projetée sur la planchette doit être de o"’,i35 et le rayon du panorama de iôm,25 (' ).

(') Le télémétrographe donne, en od'eL, des panoramas cylindriques, et c’est vraisemblablement sa participation à nos travaux de reconnaissance qui a suggéré au peintre Philippoteaux l’idée de son célèbre Bombardement du fort d’Issy; mais les élémenLs de ces panoramas peuvenL être considérés comme plans a cause de la grandeur du rayon, comparée à l’étendue d’un champ ou mémo de plusieurs champs de lunette juxtaposés.

Il S LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

» La figure ci-après (fig. 33) représentant un groupe de soldais allemands en train d’essayer de construire un retranchement dans la redoute de Montreiout a été l'aile dans les conditions que j’ai spécifiées ( 1 ). On reconnaît immédiatement

Fig.

minu

Champ de luneUe sur Montretout.

Échelle |- de l’original.

que les angles peuvent y être, à la rigueur, évalués à 5" près, car une minute y est représentée (en tenant compte de la réduction de l’échelle) par 4mm,5, ce qui fait entre o",m,3 et omm,4 pour 5".

» Le point où se trouvaient ces hommes était à 45oo,n de l’observatoire de Passy, d’où ils ont été dessinés, et leur taille étant supposée de rn,65, en moyenne, devait correspondre à une hauteur angulaire de i'i5". Or, c’est ce que I on trouve effectivement. Nous aurions donc pu, inversement, en eon-

(•) « Qu’il me soi L permis de dire que les avis de l’Observatoire militaire de Passy donnés télégraphiquement aux défenseurs du Mont-Valérien, qui immédiatement couvraient d’obus le point désigné, ont empêché 1 ennemi de continuer ces travaux. »

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