CHAPITRE III. — ICO .NOM ÉTH1E ET AI ÉTKOPII OTOGRAPHIE. I
» de la planchette est égale à la distance focale de l’ob- .» jectif. »
Commission d'officiers du génie. — En 18G1, le Ministre de la guerre ordonnait, de son côté, que la méthode photographique fût expérimentée en présence des officiers de la division du génie de la garde impériale. Le photothéodolite de Brunner était achevé et avait déjà été soumis à des essais préparatoires qui avaient servi à reconnaître l'excellence de sa construction. Le capitaine Laussedat s’étant mis à la disposition du chef de bataillon Blondeau qui commandait la division du génie, il fut convenu que l’expérience à entreprendre consisterait dans la reconnaissance topographique du village de Bue et de ses environs, près de Versailles.
Malgré l’inconvénient d’avoir à installer une lente doublée d’étoffe noire pour les manipulations, on avait décidé d’employer le procédé au collodion humide, à cause de la finesse qu’il donne aux images.
Le 4 mai, à une heure de l’après-midi, le break du génie transportait de Versailles à Bue le personnel qui devait prendre part ou assister aux expériences et le matériel nécessaire : appareil photographique, lente, ustensiles du laboratoire, jalons et chaîne d’arpenteur.
En arrivant sur le terrain on s’occupait immédiatement de mesurer une base de 334m,8o le long d’un chemin rectiligne assez uni et dont les extrémités étaient propres à servir de stations photographiques, puis on déterminait trigonométriquement les positions de deux autres stations choisies de façon à bien découvrir, avec les premières, tout le terrain que l’on voulait reconnaître.
Cette petite triangulation faite et les quatre stations bien repérées, de chacune de celles-ci on n’eut besoin de prendre que deux vues pour réunir les éléments dont on avait besoin, et, grâce à un temps des plus favorables, les huit épreuves négatives, toutes excellentes, purent être obtenues, développées et fixées en moins de trois heures.
Les opérations extérieures ainsi terminées, l’expédition était de retour à Versailles à cinq heures.
Le tirage des épreuves positives portant chacune les quatre repères de la ligne d’horizon et de la ligne principale mit en évidence les excellentes qualités de l'objectif de Bertaud.
• Nous donnons deux spécimens réduits (Jig. 38 et 3q) des vues qui ont servi à construire le plan que nous reproduisons également, toujours en réduction, et l’on doit bien supposer que les originaux sont d’un aspect encore plus satisfaisant ( 1 ).
Quoi qu’il en soit, on peut juger que cette expérience avait pleinement réussi, et nous ajouterons, à titre d’indication seulement, car la question de rapidité dans l’exécution était alors moins importante que celle de la praticabilité de la méthode, que le tracé du plan avec les courbes de niveau avait duré trois ou quatre jours au plus, au milieu d’autres occupations.
Les officiers de la division du génie de la garde étaient dès lors si bien édifiés que, à l’automne suivant, ils entreprenaient la reconnaissance du Monl-Valérien, à propos du simulacre de siège de cette forteresse, et le lieutenant, depuis lieutenantcolonel Sabouraud, qui était chargé des opérations photographiques, pensa, avec raison, qu’il convenait, en campagne, d’abandonner le collodion humide et même le collodiou sec et de leur substituer le papier ciré sec dont Ci via le se servait depuis plusieurs années déjà, comme nous l’avons vu, pour ses études de montagnes.
L’épreuve que nous donnons à titre de spécimen (fig. qo) (*)
(*) L'Académie des Sciences de Madrid ayant mis au concours la question du lever clés plans à l’aide de la Photographie . nous lui avions adressé en i863, un Mémoire accompagné du plan de Bue, à l’échelle de , sur lequel se trouvaient disposées les huit vues photographiées rattachées à leurs stations respectives, ce qui permettait rie contrôler immédiatement l'exactitude des détails. Ce travail, qui a valu à son auteur une médaille d’or, est conservé dans les archives de l'Académie, dont le secrétaire, que nous en remercions ici, a bien voulu nous faire parvenir le plan et les photographies et nous a mis ainsi en état de pouvoir en prendre une copie, alors que nous ne devions plus espérer nous en procurer une, l’original primitif resté à Versailles ayant disparu. Nous avons cru devoir reproduire ( PI. XII) une réduction plus petite encore do ce document lui-même, tout en regrettant de n'avoir pas pu lui conserver sa vraie grandeur.
CllUMTIUC 111.
ICONOMKTIUE ET SlETHOI’IIOTOCi E.U’II I E.
suffit sans doute pour montrer le parti que l’on pouvait tirer de ce procédé et les images qu’il servait à obtenir. Le plan des
Vue du villase de Bue.
abords de la forteresse et de la plus grande partie de son enceinte et des bâtiments qu’elle contient fut construit peu-
Vue du village de Bue.
eu v mu k
ICONOMÉTIlli; lit MKTUOPIIÜTOGIIAIMI1K. I |7
Vue du Mont-Valéricn.
dam le simulacre de siège à une grande échelle et avec un plein succès.
XXI. — Travaux (le la brigade photo topographique du Génie de 1 863 à 1871.
La période des tâtonnements était donc passée, car tous ceux qui avaient bien voulu prendre part aux expériences dont nous venons de rendre compte, ou simplement y assister, reconnaissaient sans hésiter la simplicité et la fécondité de la méthode. En i863, sur la proposition du Comité des fortifications, le Ministre de la guerre décidait qu’une petite brigade, composée du capitaine Javary et du garde du génie Galibardy, aidés de porteurs, serait chargée, sous la direction du commandant Laussedat, d’exécuter des levers d’une étendue analogue à celle des plans de la brigade topographique du Génie, aux mêmes échelles de 7—, 77^ ou et exceptionnellement aux échelles inférieures de t Ju~ü et de .,0’uu-. Cette brigade a opéré depuis 1 863 jusqu’en 1870-71, et nous donnons dans le Tableau ci-après le relevé de ses travaux pendant les huit années de son existence, en nous abstenant de tout commentaire sur l’étrange mesure prise en 1871 qui décidait sa suppression, en dépit de l’intelligente activité dont avait fait preuve M. Javary, à qui nous tenons à rendre la plus entière justice, en déclarant qu’il avait beaucoup contribué à perfectionner la méthode. Et pour compléter les renseignements officiels qui précisent les phases par lesquelles a passé celle méthode jusqu’à son entier développement, nous reproduisons à la suite de ce Tableau la Note présentée à l’Académie des Sciences en novembre 1864, relative à sa première application à un lever d’une assez grande étendue.
TRAVAUX DE SI. DE CAPITAINE JAVAHY, ASSISTÉ DU GARDE DU GÉNIE GALIIURDY.
1SG3-18G4. — Expériences et études préparatoires exécutées autour de Paris.