AVANT-PROPOS
Depuis que A.-W. Hoffmann a obtenu, en 1850, le premier isocyanale aromatique, l’isocyanate de phényle, ce corps a été l’objet d’un nombre énorme de recherches. Si l’on ne retient de ces travaux que ce qui est essentiel, on.voit que ce corps, si remarquable par son aptitude à des réactions variées, a été étudié surtout dans trois directions.
C’est d’abord un réactif très précieux des corps à fonction alcoolique ou phénolique, auxquels il s'ajoute, le plus souvent avec la plus grande facilité, pour donner les phényluréthanes correspondantes. Sous cet aspect, 1l a été étudié de bonne heure par Hoffmann et ses élèves, dont nous aurons l’occasion de citer plus loin les travaux.
L'isocyanate de phényle s'ajoute aussi très facilement au groupe NH? des amines ou des acides aminés, pour donner avec les amines des urées substituées, avec les acides aminés des acides uréidiques, réaction à laquelle
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C. Paal (voir plus loin) a donné sa forme définitive et st commode.
Enfin il réagit non moins facilement avec le groupe carboxyle des acides et là, il donne comme produit ultime les anilides correspondantes et de l’acide carbonique, et parfois, comme produit intermédiaire, des anhydrides, c’est-à-dire que là il agit alors comme déshydratant, ainsi que l’ont montré M. Haller et ses élèves, et que nous le rappellerons également dans le cours de ce travail.
Dans chacune de ces directions, fixation de l'isocyanate sur des oxhydriles, fixation sur le groupe NH, réaction avec le groupe CO?2H, nous pourrions relever ici un nombre si considérable de travaux, qu'il semblait bien, il y a peu d'années, que l'intérêt qui s'était attaché pendant de si longues années à l'étude de l'isocyanate de phényle fût épuisé, au moins pour un certain temps. Il n'en est rien cependant.
En ce qui concerne l'action de l’isocyanate de phényle sur les corps à fonction alcoolique, le travail de M. Maquenne, par exemple, touchant la fixation de l’isocyanate de phényle sur les corps sucrés, est venu montrer que même ce côté de la question, qui paraissait cependant avoir été le plus fouillé, pouvait fournir encore des résultats très intéressants. D'autre part, en ce qui concerne les acides aminés, la production des acides uréidiques a pris subitement une importance pratique considérable au point de vue de la recherche, de la séparation ou de la diagnose de ces corps, principalement dans l'étude des acides aminés dérivés des protéiques.
Pour ce qui regarde enfin l’action de l’isocyanate sur les acides, l'étude de cette réaction m'avait montré dans un précédent travail, sur lequel j'aurai l’occasion de revenir plus loin, que de ce côté aussi la question n’était pas épuisée.
Pour ces raisons, Je me suis proposé dans le présent
Mémoire de compléter, ou tout au moins d'étendre dans diverses directions, l'étude de l’isocyanate de phényle et celle d’autres isocyanates aromatiques, sans m'occuper d’ailleurs d'établir entre les diverses parties de ce travail d'autre lien que celui-ci, à savoir qu’elles sont toutes une contribution à l'étude des isocyanates aromatiques.
Dans un premier Chapitre, j'ai étudié l’action de l'isocyanate de phényle sur les acides sulfoniques en présence de l'eau, et j'ai montré pour quelles raisons la réaction prend ici une direction tout à fait différente de celle que j'ai sommairement rapportée plus haut, à savoir la production des anilides.
Je me suis proposé, dans un second Chapitre, d'étendre l'étude de l’action de la diphénylurée sur les anhydrides d'acides bibasiques, réaction qui n’est, comme l’a montré M. Haller, que l’une des étapes de l’action de l’isocyanate de phényle sur ces acides.
Un troisième Chapitre est consacré à la préparation et à l'étude des phényl-, naphtyl- et menthyluréthanes d’un certain nombre d’éthers tartriques.
Enfin, dans un quatrième et dernier Chapitre, j'ai décrit les acides menthyluréidiques obtenus par la fixation de l'isocyanate de menthyle sur un certain nombre d’acides aminés actifs ou racémiques, principalement choisis parmi ceux que fournit l'hydrolyse des matières protéiques.
M. Haller a bien voulu me guider dans le choix de ce sujet et m'assister de ses conseils. Je le prie de recevoir ici Pexpression de mes sentiments de profonde reconnaisance. Qu'il me soit permis aussi d'exprimer tous mes remercimenuts à M. Lambling, qui a bien voulu me donner, pour ce travail, l’hospitalité de son laboratoire, et dont les conseils et la sympathie m'ont été si précieux.
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