DE L'ADJECTIF, EN BRETON
Nous avons vu que si l'adjectif, en gallois, était susceptible de la modification qui indique le genre , il ne l'était que dans des limites très -étroites; qu'une partie seulement des adjectifs primitifs admettait cette modification, encore qu'ils ne l'admissent qu'au singulier; qu'au pluriel, l'adjectif était absolument incapable de représenter le genre, ce qui revient à peu près à dire, que, pour la pratique usuelle, l'adjectif, en gallois, ne présente pas la modification du genre. Or, ce qui n'est qu'à peu près, en gallois, a rigoureusement lieu en breton. L'adjectif y est indéclinable sous tous les rapports et du nombre et du genre, etc.
Ce caractère qui , au fond , est commun aux deux langues sœurs, le gallois et le breton, a eu un sort divers chez les descendants des uns et des autres. En France, le génie de
la Langue latine a prédominé1, et l'adjectif se modifie pour exprimer le nombre et le genre. En Angleterre, au contraire, c'est le génie de la langue galloise qui a prédominé sur celui de la langue saxonne; car, en allemand, l'adjectif est susceptible même des modifications des trois genres , tandis qu'en anglais il est incapable d'en exprimer aucun.