‹ Recherches sur les langues celtiquesChapitre 18 sur 288 · NEUTRE · texte numérisé non relu

NEUTRE

Hwyntwy,

Elles - elles.

Simple.

Nhw.

Simple.

Vo,

Nwythau.

Simple.

Nhwy.

Emphatique.

EvOy

Yz.

Ce tableau des pronoms est très-remarquable sous tous les rapports qui peuvent nous intéresser, sous ceux du matériel des mots et de leur emploi. Sous le premier, les racines sont presque toutes communes aux langues grecque , latine et néolatines, non-seulement pour le pronom, mais aussi pour la conjonction; quant au second, l'emploi de ces mots , le génie de la langue française est absolument le même que celui de la langue galloise , car la réduplication du pronom dans la phrase avec un verbe, en combinant ou en omettant la conjonction, est une tournure véritablement française, puisqu'elle est familière et populaire lorsque, animé dans la conversation, on

veut se servir d'une forme emphatique. Il n'y a de différence que dans la place de la conjonction : dans la forme la plus compliquée, les Français la mettent au milieu de la phrase, au lieu de la placer à la fin , comme dans le gallois Nous reviendrons plus tard sur cette observation ; nous ne l'indiquons ici qu'en passant.

PRONOMS POSSESSIFS

L'analogie avec les langues grecque et latine continue; le matériel des pronoms possessifs est le même, au moins pour le singulier, ce qui est le principal, ainsi que l'esprit qui a présidé à la formation de ces pronoms ; de sorte qu'en gallois , comme dans ces langues, c'est le pronom personnel qui forme le pronom possessif. Il suffit d'en présenter le tableau , il n'est pas nécessaire de faire des réflexions; mais disons que les transformations, soit par mutation de consonnes dans la même classe, ou par renversement du mot, ont lieu de la même manière et dans une plus grande étendue, puisque la seconde personne y participe.

Singulier. Pluriel.

My, vy,ym, mon, ma, mes. Ein, an, yn, Nos.

Mon — my + au, mien aussi. Ny, Notre.

Eizon— J -{-[Z euphonique) -+- ov — {y m) , Eiiiom, eïnym, ■ Nos- nos.

mien -mien.

Ty , ày, yth , ton , ta , tes. Eiç , aç , yç , Vos.

Tau — ty-\-an, tien aussi. Awç , Votre.

1 vt ) Eizot—eiz[—yth)->rotz=:\ J, >, tien-tien. Eizoç , eizyç , eizawç , Vos-vos.

Ei, e. Eu, u.

El, i. Eizynt.

Eizo. Eizu.

Eizi. Eizyz.

L'emploi des pronoms possessifs en gallois présente un rapport frappant avec l'anglais. De toutes les langues de la partie occidentale de l'Europe , et que nous appellerons modernes pour abréger, et pour les distinguer du celte, du grec et du latin, la langue anglaise est la seule où les pronoms possessifs n'indiquent que le rapport du possesseur, et point le genre de la chose possédée. Il en est de même du gallois , et ce n'est pas une nécessité de celte dernière langue; car nous avons vu que les adjectifs étaient susceptibles des modifications du genre. L'allemand, au contraire, exprime la modification nonseulement du possesseur, mais aussi de la chose possédée.

DES PRONOMS DEMONSTRATIFS.

Le matériel de ces pronoms ne se rapporte plus aux langues anciennes; mais, ce qui doit nous intéresser, c'est que l'esprit qui a présidé à la formation de cette partie du discours dans les langues néo-latines, et qui sert à les distinguer, est le même que dans le gallois.

Nous ferons sur cette profusion de pronoms que l'on verra exposés dans le tableau ci-joint, une remarque semblable à celle que nous avons faite sur la multiplicité des pronoms personnels : c'est qu'ils se résolvent tous en un petit nombre d'éléments régulièrement combinés. Le pronom fondamental est hwn, qui veut dire ce, indiquant un objet rapproché, correspondant au questo des Italiens et au this des Anglais; il se modifie , pour le genre , dans la voyelle , suivant la règle générale que nous avons exposée pour les noms primitifs. Ainsi, le w, qu'on prononce ou, indique le masculin; en le changeant en o, on exprime le féminin, et erwy substituant un y, qu'on prononce comme ¥e muet le plus ouvert (à peu près tel qu'il est dans premier) , on désigne le neutre.

Pour en faire un pronom qui désigne un objet plus éloigné , comme le qucîlo des Italiens et le that des Anglais, on ajoute un a à la fin de chaque modification de hwn; mais alors il désigne un objet présent ou à portée de la vue. Si, au contraire, on veut indiquer un objet plus éloigné, c'est-à-dire absent, on a recours au même principe, l'addition dune voyelle, dont le choix est très-simple, et dont l'addition rend le mot symétrique. Ainsi à la fin de chaque modification de hwn désignant le genre, on ajoute une voyelle, la même que celle du milieu : ainsi hwn fait hwnw, lion fait hono, et hyn fait hyny.

Pour désigner plusieurs degrés de proximité, d'éloignement ou d'absence , on a recours à un autre élément, qui consiste en un adverbe de lieu : yma, qui veut dire « ici; » yna, « là, » et cw , « là-bas. »

Le pluriel est plus simple encore, tout en conservant les mêmes distinctions de proximité ou de distance, et c'est ce qu'on pourrait prévoir d'après ce que nous avons dit du génie de la langue dans la forme plurielle des adjectifs : ils perdent, au pluriel, la désignation du genre. Quant à la forme de hwn, adoptée pour le pluriel, on verra combien elle est philosophique, puisque le pluriel ne devant pas indiquer le genre, c'est-à-dire la distinction du sexe, on a nécessairement pris la forme neutre du singulier; mais pour donner une désignation au pluriel, on ajoute le mot qui signifie choses, comme si on disait en français ces choses; et comme on fait précéder l'article défini, cette forme composée correspond exactement, mais dans un autre ordre de position, à ce-les choses, c'est-àdire celles ou icelles choses. On voit que l'esprit de cette tournure, en gallois, est identiquement le même que dans le vieux français.

Igné niais présent Simple. Hwnà,cë. L^ ^^ \Yrhaiyna,)

Singulier. Pluriel.

/Indiquant un ob-\

\ . i/l [Icelles (choses ou

1 jet rapproche, f \ v

Simple.' Hivn, ce. <T , ~ . >Y rhaihynA hommes = ces

1 lltal. Qaesto. I J j

(Angl. This. 1 ' Cb°SeS)'

Hon, cette. ) v , • n i „„o •

[ F rhaiyma, Ces choses-ci.

H/n, ce, neutre. )

Ind. un objet éloigné mais présent.

Ital. Quello.

Angl. T/iaf. J }ces choses-là.

Hona, cette. ) v t •

S Y rhaiyna,

Hyna, ce, neutre.)

Simple. Hwnw, ce. ^Indiquant un ob-\

Hono , cette. > jet éloigné mais v F rhaihyng, Icelles (choses-ci) .

Hyny, ce, neutre.) absent. )

Comp. Hicnyma, ce-ci. \

Honyma, celle-ci. " > Y rhai hynyma.

Hynyma, ce-ci. )

Comp. Hunna, ce-là. \

Honyna, celle-là. > Y rhai hynyna.

Hynyna, ce-là. )

Comp. Hionacw. ce.. .là-bas. \ /v , .,

r / j .t mai hyuacw.

Honacw, celle... là-bas. > \ T7. 7 .

( ( Y rhai acw.

Hynacw, ce... là-bas. J

Page 1