‹ Recherches sur les langues celtiquesChapitre 4 sur 288 · DE LA PRONONCIATION DU GALLOIS · texte numérisé non relu

DE LA PRONONCIATION DU GALLOIS

Pour se former une idée juste des sons fondamentaux qui caractérisent la langue galloise, il convient de les comparer d'abord à la table générale des consonnes. Par ce moyen l'on verra jusqu'à quel point elle s'en approche, et ce qui lui manquerait pour posséder toutes les touches de l'organe vocal, du moins telles que nous avons pu les présenter. Or, il résulte de cette comparaison qu'elles y sont toutes, excepté trois linguales, le z, le ch (français) et lej (français). Ainsi toutes les classes des consonnes sont complètes, hors celle des linguales, qui est aussi réduite qu'elle peut l'être, puisqu'il n'y reste qu'une seule consonne, qui, à ce que je m'imagine, ne manque nulle part.

C'est une chose remarquable , que l'absence de ces trois sons dans la langue galloise, car le son du ch et celui du z se trouvent dans toutes ou presque toutes les langues occidentales de l'Europe, quels que soient les caractères qui les représentent. Quant au son du j ( français ) , il n'existe dans toute sa pureté que dans une seule, c'est le français; car en anglais et en italien, les seules d'ailleurs où il se trouve,

il est toujours combiné avec le son du d; il y est alors représenté par le g devant un e ou un i.

D'autre part , si le gallois est caractérisé par l'absence des trois linguales , il l'est aussi , mais à un moindre degré , par la présence des deux dentales aspirées , le 0 et le § , et par la gutturale x> car de toutes les langues occidentales de l'Europe, en y ajoutant le grec, ces deux dentales aspirées n'existent qu'en anglais et en grec; et seulement l'une d'elles, le 0, se trouve dans l'espagnol, où il est représenté par le z et par le c dans certains cas. Il s'ensuit donc que, sous le rapport de l'abondance des touches vocales , le gallois n'est comparable qu'au grec, surtout par rapport aux consonnes aspirées , et il est plus riche , parce que les Grecs ne possèdent plus, ou à peine, deux sons des plus ordinaires et des plus fondamentaux, ceux du h et du d, tels que nous les prononçons.

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