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DU VERBE , EN GAEL IRLANDAIS

Nous continuerons à suivre la même méthode que nous avons adoptée pour les verbes en gallois et en breton , c'està-dire que nous réduirons le verbe gaël à ses éléments.

Il y a deux formes de conjugaisons à inflexion.

Dans les deux, l'élément de la personne se trouve à la fin.

Mais, dans l'une, il fait corps avec le reste du verbe ; dans l'autre il n'y est pas joint , mais il se trouve à la même place , et rien ne l'en sépare.

Pour bien reconnaître cet élément et d'autres, il faut commencer par déterminer l'élément d'action.

Or cet élément, en gaël, n'a pas une forme constante et absolument identique.

Cet élément parait sous deux formes très-semblables entre elles , et qui tiennent au même principe :

i° La racine du verbe pure et simple, sans modification aucune;

2° Cette même racine, avec une syllabe de plus, qui n'indique rien de spécifique ni de général, soit pour la personne, soit pour le temps, etc. Cette syllabe additionnelle est donc une forme infinitive, soit de fait, soit par sa nature.

i i° Racine simple sans addition.

Elément d'action. < i ad, adh, aidh, pour la première

( 2° Racine simple, < conjugaison.

( an, pour la seconde.

TABLEAU DE L'ELEMENT DE LA PERSONNE DANS LA PREMIERE FORME DE CONJUGAISON.

Singulier. Pluriel.

1" pers. Aim. am, ama, amaid, amais.

abhnr, J J cas oblique de ta.

2e Air, bhar (v. pi. 2êpers.U ( bhur )

I thaoi, (tu).

On voit en examinant ce tableau :

i° Que l'élément de la personne manque à la troisième, tant du singulier que du pluriel. Ce caractère est digne de fixer l'attention ; car nous avons déjà vu l'absence de l'élément de la personne à la troisième du singulier du verbe breton , presque sans exception ; et nous retrouvons ce carac-

tère dans la conjugaison du verbe basque. Ainsi il se reproduit dans les trois divisions principales des langues celtiques, prises dans leur acception la plus étendue , c'est-à-dire dans le breton, dans le gaël irlandais, et dans le basque.

2° En comparant les éléments de la même personne dans l'un et l'autre nombre , c'est-à-dire , au singulier et au pluriel , on voit qu'ils ne sont que des modifications de la même racine. 3° Que ces racines sont significatives, c'est-à-dire, qu'elles sont dérivées des pronoms de la personne, correspondante, comme on peut le voir dans le tableau général que j'ai donné des pronoms personnels et possessifs en gaël irlandais. Ainsi l'on voit que l'élément de la première personne aim, au singulier, est le pronom me retourné. Or, ce renversement du pronom est un caractère commun à toutes les langues celtiques que nous avons examinées jusqu'ici. Et, de plus, il est particulièrement inhérent à la langue gaële, soit écossaise, soit irlandaise. Car il est de règle, lorsqu'un pronom personnel composé de deux lettres, une consonne et une voyelle, entre en composition avec une préposition (et le nombre de ces mots composés est très-grand), il est de règle que le pronom se retourne pour se joindre à la préposition, à la fin de laquelle il s'ajoute comme dans le verbe. On voit également que ce singulier se reproduit au pluriel avec diverses modifications.

Ainsi , i° aim, au singulier, devient au pluriel am, ou amr, ou amais. Or, que ce soit la même racine qui se reproduise au singulier et au pluriel pour la même personne , rien n'est plus naturel et plus conforme au génie de toute déclinaison , quant aux nombres.

; 2° Air, élément de la seconde personne au singulier, se retrouve dans abhar, élément de la même personne au pluriel; et cet abhar est évidemment bhar, qu'on trouve dans le

tableau déjà cité des pronoms personnels en gaël irlandais; il v figure comme le cas oblique de la seconde personne du pluriel.

3° Thoai , qui est l'autre forme élémentaire de la même personne au pluriel, est évidemment thu, forme objective du fa , comme on le voit dans le même tableau. Ici il est au pluriel au lieu d'être au singulier, mais il a une modification qui l'en distingue, et cela suffît.

Ce résultat général, relativement à l'élément de la personne , qui est un élément significatif par lui-même , n'étant que le pronom ordinaire légèrement modifié , devient un trait saillant dans les langues celtiques. Nous l'avons vu dans les langues qui précèdent, nous venons de le voir dans le gaël, et nous le verrons dans le basque.

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