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DES TEMPS DE L'INFINITIF

Il n'y a pas, dans ce mode, d'élément spécifique du temps faisant corps avec la racine.

On exprime le temps à l'infinitif par des mots détachés,

qui précèdent la racine du verbe avec la terminaison infinitive. L'emploi et la signification de ces mots sont à peu près les mêmes que dans le gallois et le breton.

Pour le participe présent, on se sert en gaël de la préposition ag , qui veut dire a en français , et on la place devant le verbe avec sa forme infinitive. Ainsi, pour dire faisant, ils diraient a faire.

Le futur s'exprime par le moyen de deux autres particules tout aussi significatives , et qui répondent à la tournure suivante, sur le point de...

Il en est de même du passé ; on l'exprime par la préposition îa plus significative du passé, après.

Les différentes manières de rendre les temps à l'infinitif sont très-remarquables. Elles sont toutes dans le génie de la langue française , ce qui veut dire que le génie du gaël s'est continué dans le français.

D'abord du présent.

Il n'est pas possible de trouver une empreinte plus forte d'une langue que celle qu'a laissée le gaël dans deux modifications du présent de l'infinitif. On le fait précéder de l'une ou l'autre particule équivalente à la préposition à. Comme dans la phrase j'aime à faire, etc

Certes , ces tournures françaises ne sont pas empruntées au latin ; et je doute même que le plus barbare latiniste du moyen âge se soit jamais permis de dire : amo adfacere, etc.

Et, si l'on voulait en attribuer l'origine aux Francs ou aux Visigotbs, nous dirions, à en juger par les Allemands, qui se servent de zu correspondant à la particule à, qu'ils n'avaient pas l'autre tournure analogue à l'emploi du de.

Ainsi, en admettant les Allemands au concours, ce qui est une faveur, ils ne réussissent pas davantage.

Mais ce qui achève de faire ressortir au plus haut degré

ces rapports entre le gaël et le français, c'est que la ressemblance ne consiste pas seulement dans l'esprit de la chose, mais dans la lettre même.

Les particules employées sont identiquement les mêmes en gaël, en français et en italien.

Gaël, A. Fr. A.

Do. It. Da (employé quelquefois avec l'infinitif).

Comme do, en gaël, signifie également de et à, il se pourrait que le do qui précède l'infinitif signifiât de dans ce cas.

Et remarquons que do, en gaël, qui, par la prononciation de Yo bref, se rapproche de Ye muet ouvert en français , était lui-même écrit de dans les anciens manuscrits irlandais lorsqu'il a le sens de de français. Quant à la tournure qui exprime le futur, air ti me-alach correspond à celle sur le point (de) tromper.

Les lexicographes irlandais rendent la particule ti dans ce cas par dessein; mais le mot ii n'a nulle part ce sens , et j'ai des raisons très -fortes pour croire que ce mot veut dire point, précisément comme dans la tournure française sur le point de, etc.

Enfin le passé se rend par le moyen de la préposition après avec l'infinitif; ce qui est entré également dans la langue française, dans la tournure si commune équivalente après avoir, etc. Assurément les Français ne l'ont pas prise aux Latins.

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