MORT. FOYER OCREUX AU NIVEAU DE LA CAPSULE EXTERNE ET DE
l’avant-mur du coté droit : FOYER récent dans les faisceaux
sphénoïdaux du coté gauche.
Fanfourneau, âgée de 53 ans, est entrée à la Salpétrière (service de M. Charcot) pour une hémiplégie gauche avec contracture secondaire des membres paralysés.
Cette hémiplégie est survenue brusquement dans le courant du mois de février 1872. Pas d’aphasie. Sensibilité conservée. Malgré la rigidité des membres du côté gauche, la malade se levait tous les jours et marchait un peu en se soutenant avec une chaise.
Le 23 février 1876, on la leva comme à l’ordinaire. À deux heures de l’après-midi elle était assise devant le poêle de la salle et causait avec d’autres malades, quand tout-à-coup elle s’affaissa sur sa chaise. On lui demanda ce qu’elle avait, mais elle ne put répondre, bien qu’elle parût comprendre les questions qu’on lui posait. On la porta alors dans son lit.
A deux heures et demie, je la trouve dans l’état suivant : elle est dans le décubitus dorsal, les yeux ouverts, sans déviation conjuguée. Elle paraît comprendre un peu ce qui se fait autour d’elle : si l’on ouvre la porte de la salle voisine de son lit, elle regarde les personnes qui entrent. Si on lui demande son nom, elle répond par un grognement inintelligible : si on lui demande si elle souffre, elle fait un signe de tête négatif. Les membres du côté droit ne sont pas paralysés, leur tonicité est normale. Pas de contracture. La malade peut porter volontairement la main droite à la hauteur de sa tête. La rigidité des membres du côté gauche persiste comme avant l’attaque. T. R. 38°, 2.
A cinq heures du soir. Perte complète de connaissance. La face et les yeux sont dirigés vers le côté gauche. Tonicité normale dans les membres du côté droit. — Si on pince ces membres, la malade les retire vivement en exécutant un mouvement assez étendu. — Elle ne fume pas la pipe; sa respiration est calme, ré-
gulière comme celle d'une personne qui dort profondément. De temps en temps elle remue spontanément le membre supérieur droit. Pas de convulsions ni de grimaces. T. R. 38°; P. il 6.
24 février, môme état. On a constaté à plusieurs reprises des mouvements spontanés du membre supérieur droit. La rotation de la tête vers le côté gauche et la déviation conjuguée des veux persistent. — Mort le 25.
Autopsie. — Les artères de la base de l’encéphale sont très-peu athéromateuses. — Les méninges sont saines et se séparent facilement de la substance cérébrale sous-jacente. A la partie moyenne du pédoncule cérébral du côté droit on distingue une bande grise de dégénération secondaire qui se prolonge sur la pyramide antérieure droite et dans le cordon latéral gauche de la moelle épinière.
Dans Y hémisphère cérébral droit existe un foyer ocreux situé en dehors du noyau lenticulaire et occupant la place de l’avantmur. A sa partie supérieure, ce foyer contourne le bord supérieur du noyau lenticulaire, coupe la capsule interne et le noyau caudé et vient effleurer l’épendyme ventriculaire au-dessous du tiers antérieur de la couche optique.
Hémisphère gauche. — Au-dessous de l'extrémité antérieure des circonvolutions sphénoïdales, entre la substance grise de ces circonvolutions et le corps optostrié, existe un foyer hémorrhagique récent du volume d’une noix. Ce foyer est situé dans le centre médullaire des circonvolutions sphénoïdales. Son extrémité supérieure effilée, atteint l’extrémité intérieure de l’avant-mur. Le noyau lenticulaire placé immédiatement au-dessus du foyer ne présente aucune altération appréciable. — Rien à noter dans les autres organes.