CONCLUSIONS GENERALES
I.— Le cerveau n’est pas, comme l’ont enseigné longtemps les physiologistes, un organe fonctionnellement homogène : c’est un appareil compliqué, ou plutôt une réunion d’organes en partie indépendants les uns des autres, et doués chacun de fonctions spéciales.
IL — Les centres d’activité se trouvent très-probablement dans la substance grise, et les fibres nerveuses qui en partent n’entrent dans la composition des appareils cérébraux qu’à titre de conducteurs, dont la section empêche les manifestations de l’activité des centres, absolument comme l’interruption de la continuité du fil télégraphique empêche le courant d’arriver jusqu’aux appareils récepteurs et rend inutile l’activité de la pile.
III. — Il est encore douteux qu’il existe dans le cerveau des centres anatomiquement distincts , affectés spécialement à la perception des impressions sensitives ou à l’élaboration des phénomènes intellectuels, mais il est certain qu’une partie limitée de cet organe sert à la production des mouvements volontaires.
IV. — L'appareil moteur volontaire cérébral se compose d’un territoire cortical, formé par les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, par le lobule paracentral, par le pied des circonvolutions frontales et de l’ensemble des faisceaux médullaires sous-jacents.
V. — Les lésions destructives du centre ovale qui n’atteignent pas les faisceaux sous-jacents à la zone motrice corticale ne donnent lieu à aucun trouble précis des mouvements volontaires. Ainsi les faisceaux préfrontaux, occipitaux et sphénoïdaux peuvent être détruits par des foyers hémorrhagiques, des tumeurs, des abcès, sans qu’il en résulte de paralysie motrice ni de convulsions.
VI. — Les lésions destructives des faisceaux fronto-pariétaux, déterminent au contraire constamment des troubles graves de la motilité volontaire. Si ces lésions sont étendues, elles provoquent une hémiplégie permanente du côté opposé du corps ; si elles sont limitées elles peuvent donner lieu à des monoplégies tout aussi bien que les lésions limitées de la zone motrice corticale elle-même. Ce dernier fait est important, car il démontre que les cenlres moteurs corticaux sont reliés à l’expansion pédonculaire par des faisceaux anatomiquement et physiologiquement distincts dans tout leur trajet entre l’écorce et les masses centrales.
VIL — [.es symptômes les plus éclatants produits par les lésions des faisceaux fronto-pariétaux du centre ovale sont : l’aphasie, la paralysie, la contracture primitive, les convulsions, la contracture secondaire et la dégénération descendante.
a) L’aphasie se produit toutes les fois que la continuité des fibres du faisceau pédiculo-frontal inférieur du côté gauche est interrompue.
bj La paralysie est le résultat des lésions destructives des faisceaux médullaires qui vont de la zone motrice corticale à l’expansion pédonculaire.
c) La contracture primitive paraît être la conséquence de l'irritation transmise au noyau caudé par l’excitation des fibres cortico- striées.
d) Les convulsions paraissent être aussi des phénomènes d’irritation : elles sont précoces ou tardives, et prennent .tantôt le caractère de convulsions générales d’emblée, tantôt celui de l’épilepsie partielle.
e) Les contractures secondaires et les dégénérations descendantes sont des conséquences tardives mais certaines de la destruction un peu étendue des faisceaux moteurs du centre ovale.