‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 20 sur 122 · CERVEAU · texte numérisé non relu

CERVEAU

CEnVELET

SQO

Il résulte de ce tableau que la première catégorie comprend douze observations dans lesquelles les hémisphères cérébraux pesaient de 1000 à 1200 grammes.

La seconde renferme vingt-trois cas dans lesquels le

lâA DU POIDS COMPAKÉ DU CEHVEAU KT DU CERVELET

poids des hémisphères variait entre 900 et 1000 grammes.

Dans la troisième se trouvent vingt-deux cas avec des hémisphères pesant moins de 900 grammes.

Avant de rechercher les conséquences qu'on peut tirer de ce tableau, il importe de rappeler que tous les auteurs sont d'accord pour admettre dans la paralysie générale deux ordres de symptômes d'une nature très différente et (jui caractérisent deux périodes très distinctes.

Dans la première de ces périodes, c'est l'état maniaque avec délire des grandeurs qui domine ; dans la seconde, c'est la démence avec affaiblissement paralytique.

Si la mort arrive pendant la période maniaque, on pourra trouver et on trouvera le plus souvent des cerveaux congestionnés et comme turgescents, conservant au moins. Leur poids normal.

Chez les déments, au contraire, on constatera une atro- • ]|hie plus ou moins grande selon la durée de la maladie. ,

Il était nécessaire de rappeler ces faits pour se rendre compte des différences qu'offrent les trois séries d'observations résumées dans le tableau ci-dessus.

Sans tenir compte des exceptions, et en envisageant les faits d'une manière générale, on peut admettre que les tirois séries représentent les différentes périodes de la maladie.

Les douze premiers cas seraient considérés comme ap- • partenant à l'état maniaque; les quarante-cinq cas de la .j seconde et de la troisième catégorie représenteraient les différents degrés de la démence paralytique. '

Pour le sujet spécial de cette note, il n'y a point à tenir i compte des douze premiers cas, et je me bornerai à l'exà-men des quarante-cinq observations formant les deuxs dernières séries.

L'âge moyen des cinquante-sept malades était de qua-i

ranle-trois ans; or, le poids des hémisphères céréhra\ix chez les femmes de Ircnle-cinq à quarante-cinq ans est de 408Sgr.

Celui du cervelet, avec la protubérance et le bulbe, de. gr.

Le rapport du poids du cerveau à celui du cervelet est donc comme 6,8 est à d.

Si on prend la moyenne du poids du cerveau et du cervelet dans les vingt-trois observations de la deuxième série, on trouve que le poids moyen du cerveau est

de ' 952 gr.

et celui du cervelet, de 1S7 gr.

Les hémisphères ont donc perdu de leur poids. 133 gr.

Le cervelet, au contraire, ne subit qu'une diminution de

2 grammes.

Le rapport du cerveau au cervelet, au lieu d'être de 6,8, n'est plus que de 6; c'est déjà, comme on le voit, une différence considérable; mais elle devient bien plus grande encore pour les vingt-deux dernières observations représentant d'une manière, générale la démence paralytique au dernier degré. Le poids des hémisphères cérébraux

n'est plus, en effet, que de 833 gr.

Celui du cervelet est de 1S3 gr.

Les hémisphères ont donc perdu 2S2 gr.

Le cervelet, au contraire, n'a perdu que 6 grammes sur le poids normal. Le rapport du cerveau au cervelet tombe ici à 5,44(1).

(1) M. Bra est arrivé, pour l'ntrophie que subit le cerveau^ cliez les femmes atteintes de paralysie générale, à des résultats qui diffèrent très sensiblement de ceux que j'ai moi-mcmc obtenus. {Etude sur le poids de Vencéphale dans les maladies meniales.)

Sur vingt-deux cas, il a trouvé que les hémisphères cérél)i'aux n'avaient perdu que 104 grammes de leur poids; or, d'après l'ensemble de mes cinquante-sept observations, la perte est de 1E)2 grammes au lieu de 104; c'est, comme on le voit, une diiïérence d'un tiers en plus. 11 importe

Le fait de l'indépendance du cervelet et du cerveau, au point de vue de l'atrophie dans la démence paralytique, ne saurait donc être révoqué en doute.

Il est bien démontré que la sclérose interstitielle diffuse qui se produit dans la démence paralytique peut parcourir lentement tous les degrés de la période régressive et amener une diminution assez considérable de volume et de poids dans le cerveau, sans que rien de semblable se produise dans le cervelet.

Tout cela est d^ailleurs d'accord avec l'opinion que les auteurs ont émise sur le rôle qu'il convient d'attribuer au cervelet dans la paralysie générale.

Bayle prétendait que le cervelet et ses méninges lui avaient toujours paru à l'état normal.

Des nombreux auteurs qui ont écrit depuis Bayle, les uns n'ont rien dit des lésions du cervelet, les autres n'en ont parlé que d'une manière très accessoire et si vaguement qu'il est évident qu'ils n'avaient pas d'éléments suffisants pour émettre une opinion nettement définie; c'est ce que prouve, en particulier, le passage suivant de l'article de M. Foville sur la paralysie générale (i). « Quelquefois, « dit-il, la surface de la substance corticale du cervelet « présente, par places, quelques altérations analogues à

d'ajouter qu'après avoir rappelé mes observations de 18o8, M. Bra fait remarquer que Crichton-Brown auoté des moyennes excessivement faiôles, ne pouvant, dit-il, être comparées qu'à celles de l'idiotie et de la démence séuile.

Ces diCférences dans les résultats peuvent surtout s'expliquer par le nombre plus ou moins grand des cas dans lesquels les malades ont succombé pendant la période maniaque ou mélancolique.

La démence paralytique a, chez les femmes, une marche plus leute que chez les hommes, et on voit plus fréquemment chez elles la maladie parcourir toutes ses périodes. Ce fait explique comment M. Bra a trouvé que le cerveau avait perdu, chez les femmes atteintes de paralj'sie générale, 104 grammes de poids, taudis que, chez les hommes, la perte n'était que de 72 gr. 73.

(1) Dictionnaire de médeciiie et de chirurgie, tome XXVI, p. 129.

« celles du cerveau; mais elles sont rares et ont été rola- « tivoment peu étudiées. »

M. Foville ne parle ici que des lésions visibles à l'œil nu. Quant à l'examen microscopique, je me bornerai à rappeler que M. Magnan qui, plus que personne parmi les auteurs français, s'est efforcé de démontrer par des reclierches microscopiques la diffusion et la généralisation de l'encépbalite interstitielle diffuse chez les aliénés paralytiques, n'a rien dit des lésions du cervelet dans les quatre mémoires qu'il a consacrés à l'anatomie pathologique de la paralysie générale.

Il a beaucoup insisté sur les lésions des parois ventriculaires et des parties sous-jacentes, sur les relations entre les lésions du cerveau et certaines lésions de la moelle et des nerfs dans la paralysie générale ; mais rien n'indique qu'il ait accordé quelque importance aux lésions du cervelet.

Dans son second mémoire, sur les lésions des parois ventriculaires et des parties sous-jacentes, je trouve, en particulier, le passage suivant :

« L'épendymite cérébrale, l'encéphalite interstitielle « diffuse péri-épendymaire, la péri-encéphalite chronique « diffuse trouvent leurs analogues dans la moelle qui peut « présenter une myélite diffuse péri-épendymaire et une « mylite diffuse avec localisation plus accusée à la péri- « phérie, c'est-à-dire des lésions semblables à celles que « nous voyons dans le cerveau des. paralytiques géné- « raux (1). »

Comme on le voit, il n'est fait ici aucune mention du cervelet.

Il paraît donc démontré, comme je l'ai déjà dit plus haut,

(1) Recherches sur les centres nerveux, p. 34.

que l'indépendance du cervelet et du cerveau, au point de vue de l'atrophie dans la démence paralytique, est d'accord avec l'opinion des auteurs sur le peu d'importance qu'offrent les lésions du cervelet dans cette maladie (1). En résumé :

r La sclérose interstitielle diffuse du cerveau dans la paralysie générale, quand elle parcourt toutes ses périodes, a pour dernier terme, comme toutes les scléroses, l'atrophie de l'organe. Les hémisphères cérébraux diminuent de volume et perdent souvent plus d'un quart de leur poids.

2° Le cervelet, au contraire, conserve son volume et perd à peine quelques grammes de son poids.

Ce dernier fait m'a paru très digne d'intérêt et jai cru utile de ne plus me borner à l'énoncer, comme je l'avais fait autrefois, mais de citer les observations qui le mettent hors de doute.

(1) M. Voisin, dans les cas oii il existait de l'hyperémie, a trouvé dans le cervelet des épanchements globulaires et des noyaux embryoplastiques autour de quelques vaisseaux et dans la substance cérébrale elle-même, mais il s'agit ici de lésions légères limitées à quelques vaisseaux.

DE LA

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