‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 39 sur 122 · SUCCESSION OU COEXISTENCE DE CES DEUX DÉLIRES CHEZ LES MÊMES MALADES · texte numérisé non relu

SUCCESSION OU COEXISTENCE DE CES DEUX DÉLIRES CHEZ LES MÊMES MALADES

Rien de mieux démontré, depuis les travaux de Bayle, •que les liens très étroits qui unissentle délire des grandeurs à la péri-encéphalite chronique.

C'est assurément un fait très curieux que cette relation de certaines conceptions délirantes avec des lésions organiques spéciales ; mais ce fait est depuis longtemps hors •de toute contestation (1).

Les conceptions délirantes ambitieuses s'observent surtout chez les malades en proie à des accès d'excitation

(1) En 1837, j'iuscrirais la proposition suivante à la fin de ma thèse inaugurale :

« Les aliénés atteints de paralysie générale out presque tous des idées de grandeur. Après la mort, on trouve le plus souvent chez eux des adhérences des membranes aux circonvolutions cérébrales. C'est le seul cas où une certaine forme de délire concourt au diagnostic d'une altération par- Si l r"'"''"- ''' '' P'"^^'" Pl"« «""eux dans l'étude des maladies mentales, d

maniaque, et le pronostic, par le seul fait de l'existence du délire des grandeurs, devient, comme on le sait, beaucoup plus grave.

J'ai essayé de démontrer qu'il existe des accès de mélan- ( colie, auxquels certaines conceptions délirantes hypochoni driaques impriment aussi un caractère exceptionnel de I gravité.

Ces conceptions délirantes se représentent presque touj jours les mêmes ; les malades, comme je l'ai indiqué, en 1860, dans mon mémoire, prétendent que leurs organes : sont changés, obstrués ou même détruits; que leur pharynx 1 est bouché, leur estomac complètement plein; ils n'ont plus de bouche, plus de ventre, plus de sang- et refusent . obstinément toute nourriture.

D'autres soutiennent qu'ils ne peuvent plus ouvrir ni les yeux ni la bouche ; qu'ils ne peuvent plus aller à la selle ni uriner, etc.

Les conceptions délirantes que je viens de rappeler ont, à mon avis, chez les mélancoliques, la même valeur diagnostique et pronostique que le délire des grandeurs dans les accès de manie.

Ce fait a d^abord été contesté ; mais les observations sont devenues si nombreuses qu'il est, je crois^ désormais généralement admis.

Cependant, s'il en était autrement, il y a un ordre d'observations qui, à mon avis, ne peut laisser aucun doute sur la solution de la question.

Je veux parler des cas où le délire ambitieux et le délire hypochondriaque se succèdent ou s'observent simultanément chez les mêmes malades.

11 arrive souvent que l'excitation maniaque avec délire des grandeurs est remplacée par un état mélancolique. Or, on peut prédire avec les plus grandes chances de probabi-

Page 1