‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 67 sur 122 · RAPPORTS DU GOITRE ET DU CRÉTINISME · texte numérisé non relu

RAPPORTS DU GOITRE ET DU CRÉTINISME

La commission instituée on ISiS par lo gouvernement de Piémont pour l'étude du crétinisme n'avait rattaché le goitre à ses recherches que d'une manière très accessoire.

Le programme adressé par elle aux médecins des provinces comprenait trente-cinq questions dont deux seulement avaient trait à l'histoire du goitre et à ses rapports avec le crétinisme.

Quand l'enquête fut terminée, cette commission crut pouvoir conclure des documents qui lui avaient été adressés, que les deux maladies sont essentiellement distinctes, et que leur coexistence fréquente dans une même localité est due à une simple coïncidence.

Cependant cette opinion, bien que défendue par un certain nombre d'auteurs, est loin d'être généralement admise. Beaucoup d'observations, en effet, ont permis de soutenir avec Fodéré que le goitre et le crétinisme sont unis par les liens étiologiques et pathologiques les plus étroits, et qu'en réalité ces deux maladies ne sont que deux manifestations différentes d'une seule et même endémie.

11 n'est pas besoin d'insister sur l'intérêt des questions qui se rattachent à ce sujet.

L'endémie goitreuse, en effet, existe dans plus de quarante départements, et il importe de savoir, si partout oii elle règne avec une certaine intensité, elle entraîne, comme conséquence, une tendance plus ou moins marquée à la dégénérescence de la race.

Est-il vrai qu'on observe partout, dans les familles atteintes de goitre, sinon le crétinisme complet, au moins des cas plus nombreux d'idiotie, d'arrêt de développement, de bégaiement, de surdité, de surdi-mutité, etc. ?

On comprend que s'il en était ainsi, ces cas, bien que rares en apparence, mais qui se reproduiraient dans un très grand nombre do contrées, ne mériteraient pas moins

de fixer rattenlion que le crélinisme véritablement endémique, mais limité à des localités beaucoup plus restreintes.

La question des rapports du goitre et du crétinisme est donc l'une des plus importantes parmi celles que soulève l'étude de ces deux maladies. On peut ajouter qu'elle est une des premières, sinon la première qu'il importe de résoudre, car sa solution ne peut manquer d'avoir une grande influence sur les travaux de la commission. Si le goitre et le crétinisme ne sont que deux manifestations d'une seule et même endémie, il n'y a à poursuivre qu'un seul ordre de recherches, mais dans le cas contraire, il en serait tout autrement. On pourrait, en effet, dire alors, avec M. Parchappe, que pour perfectionner la science en ce qui concerne le goitre et le crétinisme « il est indispensable de soumettre chacune de ces deux affections à une étude distincte non seulement au point de vue pathologique, ce qui a déjà été fait, mais encore au point de vue étiologique, ce qui est à faire ».

Les considérations qui précèdent expliquent et légitiment les développements dans lesquels nous avions cru devoir entrer sur cette question, d'ailleurs très controversée, et sur laquelle, comme en va le voir, les auteurs sont très divisés.

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