‹ Recherches sur les matières grasses des insectesChapitre 26 sur 55 · GRAISSE DE CANTHARIDES · texte numérisé non relu

GRAISSE DE CANTHARIDES

Lytta vesicatoria L.

Famille : Meloïdae

APERÇU BIOLOGIQUE. — Répandues surtout en Europe méridionale et particulièrement en Espagne, les Cantharides se montrent parfois en nombre considérable; TASCHENBERG rapporte qu'à Naumburg il en a observé en juin 1850 des masses colossales.

Leur alimentation la plus ordinaire est fournie par le feuillage du frêne, mais à défaut de cet arbre elles dévorent aussi le lilas, le troëne et même le Thalictrum.

Leur récolte en vue des usages pharmaceutiques s'effectue en secouant les branches sur lesquelles elles sont posées; on les fait ainsi tomber sur des toiles étendues sous l’arbre. On opère généralement le matin de bonne heure, pendant que les insectes sont encore engourdis par le froid. On les sèche ensuite sur des claies ou au four.

La graisse de Cantharides a été étudiée à l’occasion de son isolement comme sous-produit dans la préparation de la Cantharidine. On doit sa connaissance aux travaux de GOSSMANN

(1853 et 1854).

DonNNÉES ANALYTIQUES. — La graisse extraite à l’éther a une consistance butyreuse et une odeur piquante de Cantharidine; elle est fortement colorée en vert, ce qui est dû évidemment à la chlorophylle contenue dans le tube digestif des insectes.

Le point de fusion de la graisse de Cantharides est 34° et le point de solidification 32° (déterminés par la méthode de PoxL au bain d’eau). Sa réaction est nettement acide; cette propriété n’est pas due à une hydrolyse partielle : si on la lave avec de l’eau distillée, l’eau de lavage est dépourvue de glycérine. Goss- MANN pense donc que la graisse de Cantharides contient des aci-

des libres.

EN

Cet auteur n'a pu malheureusement déterminer les indices de :aponifieation et d'iode du produit qu'il a étudié. Il a séparé des aeides volatils et des acides insolubles; les premiers ont été obtenus en traitant la solution de savon par l'acide sulfurique étendu et en distillant: ils avaient une odeur herbacée fort intense.

Parmi les ae'des insolubles, GOSsMANN a isolé de l’acide « élaïdique » leléique vraisemblablement), de l'acide palmitique fondant à 39° et un autre acide fondant à 69°5 qu'il considère comme étant de l'acide stéarique.

Il est rezrettable que nous ignorions la proportion au moins approximative des acides saturés et nmon-saturés, ce qui aurait

permis de elasser cette graisse de façon plus précise.

GRAISSE D'ORYCTES NASICORNIS L.

Famille : Scaraboeidae

APERÇU BIOLOGIQUE. — La larve d'Oryctes nasicornis L. est une des plus grandes parmi celles de nos Coléoptères indigènes; son poid atteint fréquemment 13 grammes et dépasse même quelquefois ce emffre. Son développement dure plusieurs années. On le trouve avee régularité dans les débris de bois pourri, les amas de seiure des seieries et surtout dans les tanneries; ce n’est pas une espèce xylophage a proprement parler car elle n’attaque pas le bois sain et dur: elle n'utilise que les fragments ligneux demi decomposes: elle s'attaque aussi aux racines et en particulier aux racines d’elivier auxquelles d’après BERLESE elle serait assez nuisible,

DONNËES ANALYTIQUES. — Les individus que j'ai étudiés avaient ete recueillis pour la plupart dans la vieille tannée. Quelguess avaient ete trouves dans des trones d’elivier en décomposition. Ces larves m'ont fourni une graisse parfaitement incobre, d'un blane neigeux (1}, fondant à 18°5 en tube capillaire. Les larves trouvées dans la tannée m'ont donné par l’éther un

th Ex prenant là précaution d'éliminer avant l'extraction le contenu he tube Metié qui donnerait une coloration brune.

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