HUILE DE VANESSA URTICAE L
Famille : Nymphalidae
APERÇU BIOLOGIQUE. La chenille de ce Lépidoptère dont la diffusion est très grande se trouve souvent en troupes nombreuses sur les plantes d'Urtica dioïca L. L’imago se rencontre cà et là de Mars à Septembre. J'ai eu à ma disposition des chenilles recueillies en Août aux environs de Pagny-le-Château (Côted'Or).
DONNÉES ANALYTIQUES. — 37 chenilles pesant 13 gr. 4 ont été broyées et épuisées à l’éther. J’en ai retiré 0 gr. 4973 d’huile, soit
oo
3,17 p. 100. Huile jaune, limpide, faiblement odorante. J'ai seulement déterminé les constantes suivantes :
NEO MIO SE CR 159,7 — demréfraction. "1 17957a
1,4783 à 15° (calculé)
Cet indice d’iode est extrêmement élevé : c’est après celui de Saturnia pyri Sch. le plus fort que m'aient fourni les huiles d’insectes. L'étude des acides gras poursuivie avec des matériaux
abondants serait du plus haut intérêt,
HUILE DE THAUMETOPŒA PITYCCAMPA SCH.
(— ‘Cnethocampa pityocam pa)
Chenille Processionnaire du Pin Famille : Thaumetopæidae
APERÇU BIOLOGIQUE. — Depuis les anciennes études de RÉAUMUR, beaucoup d'auteurs se sont efforcés de préciser nos connaissances sur la biologie de ce Lépidoptère qui constitue dans le midi de la France un véritable fléau pour les forêts de Pins. Sa biochimie, en dehors de la question de l’urtication, a été beaucoup moins approfondie.
C’est une chenille à développement automno-hivernal. Son éclosion a lieu en moyenne vers le milieu de Septembre; la croissance continue activement pendant les mois qui suivent jusqu'en Janvier où se place souvent une période de ralentissement causée par les basses températures. Vers la fin de Février les premières files de chenilles commencent à descendre en terre et en fin Mars elles sont toutes enterrées.
Les échantillons qui ont fait l’objet de ces recherches ont été recueillis en Février : c’étaient donc des individus voisins du terme de leur développement larvaire. Leur alimentation était fournie uniquement par le Pin d’Alep (Pinus halepensis Mill). On sait que ces chenilles attaquent aussi d’autres espèces de Pins (P. pinaster Solan. P. sylvestris L.) et même des Cèdres.
Thaumetopæa pityocampa est un insecte plutôt méridional : selon VALÉRY-MAYET, il dépasse rarement la Loire; on l’a signalé
quelquefois plus au Nord jusque dans la Forêt de Fontainebleau.
DONXÉES ANALYTIQUES. -— Cette chenille m'a fourni 3,5 p. 100 d'huile par extraction à l’éther. Le produit obtenu est de couleur vert-jaunâtre et possède une odeur vireuse, désagréable. Les cons-
tantes sont les suivantes :
Densité, 09460 à 16° Indice de réfraction, 1,4832 à 14° (observé) 14828 à 15°-(calculé) Indice d'iode, 112,0 de saponitication, 192,5 — d'hexabromures, 2,1
Insaponifiable, S;5 p. 100.
Les acides gras insolubles ont été isolés après enlèvement de linsaponifable en traitant la solution de savons par l'acide sulfurique étendu. Après de nombreux lavages à l’eau distillée, j'ai obtenu ces acides sous l'aspect d'un gâteau cristallin, de couleur verdatre et assez consistant. J'ai déterminé les chiffres suivants :
Point de fusion, 36° Indice d'iode, 115,$ - de neutralisation, 196,6
Poids moléculaire moyen, 2S4S
J'ai pu pousser plus loin mes analyses par suite de la quantite illimitée de matériaux que j'avais à ma disposition. Les aci-
des gras insolubles transformés en sels de Plomb ont été traités
par l'ether selon la méthode de TORTELLI et RUGGERI: j'ai ainsi isole des acides liquides dont l'indice d’iode atteignait 141,2.
Il est facile de caleuler à l’aide de ce chiffre que l'huile de chenilles processionnaires du Pin contient 79,3 p. 100 d'acides liquides, Dans cette proportion est comprise une minime fraction (environ 0,77 p. 100) d'acide Linolénique, comme le prouvent les bromures insolubles obtenus. Les acides bromés fondaient à 179 5.
Les acides saturés extraits des sels de Plomb insolubles ont ete fractionnes par l’acétate de Magnésium alcoolique suivant la
methode de HrINTZ: ils n'ont pu dépasser le point de fusion
OR
58° 8. Il est donc permis de penser qu'ils sont probablement constitués par de l’acide Palmitique.
Au total, on voit que l'huile de chenilles processionnaires du Pin est une huile demi-siccative, comme on en rencontre beaucoup parmi les Lépidoptères phyllophages. Son indice de réfraction très élevé et sa teneur importante en insaponifiable sont à souligner.
L’insaponifiable extrait par le Benzène selon la méthode de LEYs se présente comme une substance solide, de couleur jauneorangé et d’odeur agréable. Son indice d’iode est élevé (140,2). Par ces divers caractères il se rapproche de l’insaponifiable extrait par HUERRE de la graisse de cochenilles. Je pense qu'il est en majeure partie constitué par des hydrocarbures : l’anhydride acétique chaud n’en dissout qu’une très minime fraction; la plus
grande partie y est insoluble.
HUILE DE LYMANTRIA DISPAR L.
(— Ocneria dispar L.)
Famille : Lymantriidae
APERÇU BIOLOGIQUE. — Cette chenille constitue un ravageur des plus redoutables de nos arbres fruitiers et forestiers; elle éclot en Avril-Mai et dévore activement les feuilles de nombreuses espèces arborescentes : châtaigner, noisetier, orme, chêne, poirier, etc. En Juin elle atteint une longueur de 7 à 8 centimètres et un poids de plus de 2 grammes. Elle se chrysalide alors. Le papillon éclot vers la fin de Juillet ou au début d’Août. La ponte s'effectue de facon très particulière : les œufs sont déposés sur les troncs d'arbres par plaques de 4 à 500, en couche serrée recouverte de poils et d’écailles. Ils passent ainsi l'hiver jusqu’au mois
de Mai suivant.
DonNNÉES ANALYTIQUES. —— Les chenilles de Lymantria dispar L. que j'ai étudiées ont été obtenues par élevage au laboratoire depuis l’éclosion jusqu’à la nymphose. Elles ont été nour-
ries successivement avec de l’aubépine, du noisetier et de l’orme.
\u début du mois de Juin, j'ai extrait de ces chenilles par épuisement à l'éther 1,5 p. 100 d'huile; c'est un liquide visqueux, fortement pigmenté en vert-brun, à odeur vireuse désagréable. IL m'a donné l'indice d'iode 106,9. Le rendement très faible ne n'a pas permis d'obtenir un poids d'huile suffisant pour pousser plus loin son analyse. I paraît toutefois évident qu'il s’agit d’un produit très comparable à celui fourni par Thaumetopæa pityo-
campa Sch.
HUILE DE MALACOSMA FRANCONICA ESP
'amille : Lasiocam pidae.
\PERÇU BIOLOGIQUE. Ce papillon pond en Juillet sur diverses plantes herbacées: ses œufs passent l'hiver et éclosent en Février: la chenille se nourrit de Doryenium suffruticosum Vill, Plantago lanceolata L., Statice serotina Rehb., S. minuta L., etc. J'ai étudié des chenilles bien développées qui avaient été recueillies en Juin sur le versant sud de l’île de Hénat, dans la baie de Quiberon. L'habitat était constitué par des pentes surplom-
bant l'Océan.
DONNEES ANALYTIQUES. -— 158 chenilles pesant 60 grammes uwr'ont donné par extraction à l'éther 1 gr. 1571 d'huile, ce qui représente un pourcentage de 1,9, Cette huile était de couleur jaune verdâtre et possédait une odeur vireuse, pénétrante, désaereable,
Endice d'iode, T3S,0 de réfraction 1,474 à 25° (observé) 1,477S à 15° (calculé)
Cette huile ressemble beaucoup à celle de Saturnia Pernyi
Guer.