QUELQUES CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
Maigre tous les raisonnemens qui déposent en faveur de notre observation , nous n’eussions encore assez fait pour elle , si l’analyse chimique n’était venu fonder nos présomptions.
L’analyse du premier liquide est favorable sous le rapport , seul , des propriétés physiques , bien que le coagulum desséché et corné qu’on a obtenu , puisse également appartenir à l’albumine et à la partie caséeuse pure.
Les analyses du 2.e , du 3.° et du 5.c liquide , seront la confirmation de ce que nous
avons avancé sur le fait de la métastase, en constatant l’existence d’un corps évidemment gras et du fromage proprement dit. Nous nous expliquons , nous disons fromage plutôt que partie caséeuse , parce que celle - ci , à l’état pur , peut fort bien être confondue avec l’albumine , par sa ressemblance avec cette dernière.
La cinquième analyse , en offrant nos recherches comparatives sur l’existence du sucre de lait, aura du moins prouvé que cette substance ne se trouve pas davantage dans un mélange de sucre de lait avec de l’urine, par l’effet de la décomposition qu’elle éprouve de la part de l’urée elle-même, ainsi que le confirment nos propres expériences.
Cette preuve , pour être négative , atteste , au moins , qu’on ne pourrait pas en arguer , contre nous . de la non existence de ce sel dans l’urine présumée laiteuse, analysée dans le dessein cl’y trouver le sucre de lait , comme la condition sine quâ non.
Les differentes analyses que nous devons aux soins scrupuleux de M. le Professeur Sérulas Pharmacien en chef à l’hôpital militaire d’ins-
traction, ainsi qu’à l’officieuse obligeance de M. Guiton, Pharmacien aide-major à la même école, tendront également à démontrer, par les soins qu’elles ont exigés, pour ne pas tomber dans l’erreur , combien peuvent laisser à douter les analyses qui ont été faites jusqu’à présent de l’humeur contenue dans le ventre des femmes mortes de péritonites puerpérales.
(1) MM. Dupuytrin et Gasc, en faisant ces sortes d’analyses, ne s’étaient sans doute pas appuyés de motifs suffisans pour affirmer, d’après elles , qu’aucun principe du lait ne s’y trouvait, et ne pouvait conséquemment y être recherché. Du moins M. le docteur Desserein, faute de preuves évidentes , doute-t-il , en désirant des recherches plus positives (2).
(1) Dissertation sur la maladie des femmes à la suite des couches , connue sous le nom de fièvre puerpérale , par le Docteur G /ISC , 1802. L’analyse chimique faite par M. le Professeur Dupuytrin, etrapportée par le Docteur Gasc, de deux peiutcs d’un liquide recueilli du ventre d’une femme morte de fièvre puerpérale, pourrait-elle servir favorablement l’opinion de ces Messieurs , lorsqu'elle nous laisse dans l’iudécision de l’existence de la partie casceuse ou de l’albumine , sans qu’on ait cherché à recourir à des épreuves plus satisfaisantes F
(a) Nouvelles considérations sur la maladie des femmes à la suite des couches , connue sous le nom de fièvre puerpérale , par le docteur DeSSEKEIH , 180a, page ila.
L’aualyse que M. le docteur Desserein a faite de cinq
Dans leurs analyses, ces Messieurs ont -ils cherché à démontrer autre chose que la présence de l'albumine? Au milieu de ce mélange confus de diverses matières animales, se dépouillant d'une prévention qu’on n’ose pas toujours avouer, n’eussent-ils pas dû , les conditions étant favorables , rechercher la matière crémeuse et le sucre du lait , qui , probablement ,’ n’aurait pas été décomposé, à moins que la putréfaction n’eût exercé, elle-même, la décomposition de ce sel ?
Dans tous les cas, par l’impossibilité même de trouver cette dernière substance , ne devraiton encore rien affirmer, en se restreignant dans un doute raisonnable.
L’objet est assez important par lui-même, pour le succès de la cure de tant de femmes dont le salut est si souvent compromis , pour
onces (160 gram.) de liquide obtenu dans un cas semblable au précédent, pour s’assurer s’il contenait les mêmes principes que celui analysé par M. Dupuytrin , u’a pas valu de meilleur résultat. La comparaison qu’il a faite de la dissolubilité du caséum qu il s était procuré d’ailleurs, avec celle du coaguluin , du fluide, objet de sou expérience, ne démontrerait toutefois que la difficulté de différencier l’un de l’autre. Aussi M. Dessereiw a-t-il la réserve de ne vouloir pas préciser son jugement sur la non existence du lait dans cette espèce d’humeur, avant d’avoir tenté de nouvelles expériences , tant il est permis de douter de l’exactitude de celles qui ont déjà été faites.
qu’on ne se prononce pas , sans un examen convenable, contre l’existence des métastases humorales , en faveur desquelles tout déposé évidemment ici.
ÎSf’en déplaise aux fauteurs d’un solidisme outré feu M. le Docteur Nysten confirme évidemment ces déviations humorales , en attestant, par une analyse chimique qu’il a scrupuleusement faite, la présence de l’urée, non-seulement dans la sérosité de l’abdomen des hydropiques , mais encore dans un liquide vomi, en sa présence, par une femme hystérique. (Recherches de