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TROISIÈME ANALYSE

Analyse de la première urine présumée laiteuse , rejetée plusieurs mois après la dernière humeur vomie.

« Le liquide qui nous a été remis, e'tait du » poids de 1 60 grammes. Il avait un aspect lai- » teux, une odeur urineuse.

» Abandonné à lui -même pendant vingt- » quatre heures, il s’est séparé en trois couches » bien distinctes : la première occupant le fond » du vase , formait un dépôt grisâtre , composé » de petits flocons } la supérieure , peu considé- » rable , était blanche , grasse , onctueuse au » toucher , avait une apparence de crème } la » couche intermédiaire qui formait plus des sept » huitièmes de la totalité du liquide, ressemblait » à de l’urine trouble.

s> Cette liqueur agitée, dans l’état de sépara-

» tion, reprenait l’aspect laiteux, et les trois » couches se formaient par le repos.

» Pour obtenir isolément ces trois substances » qui présentaient la liqueur, afin de ne rien » perdre , vu la petite quantité de la matière » grisâtre , et surtout de. la matière blanche , le » tout a été versé dans un optonnoir à longue » tige , posé sur un bain de mercure formant » un bouchon mobile.

» Lorsque, par un repos encore de vingt-quatre » heures , les trois couches se sont replacées dans » l’ordre de leur pesanteur spécifique, on a pu, » avec précaution , les faire couler chacune sé- » parément, d’abord la matière grisâtre, ensuite » la partie aqueuse 5 mais la substance blanche, » en s etendant, a ete retenue sur les parois de » 1 entonnoir , ayant d’ailleurs formé une ligne » circulaire, très-adhérente au niveau du li~ » quide, point sur lequel le contact avait été » prolongé.

» La matière grisâtre, après avoir été lavée, a » été chauffée avec de la potasse caustique en » liqueur; rien n’a été dissout. Les flocons, qui » étaient très-tenus, se sont rassemblés en flocons

» beaucoup plus gros. L’ammoniaque a produit » le même effet. Les acides sulfurique , hydro- » chlorique, acétique, l’ont dissoute en totalité. » La potasse caustique et l’ammoniaque l’ont » précipitée de cette dissolution. L’alcool n’y a v produit aucun changement.

» La matière blanche a été également déta- » chée, des paroisse l’entonnoir, en versant » dessus une dissolution concentrée de potasse » caustique. Il y a eu combinaison , à l’aide de » la chaleur.

» Le composé qui en est résulté, traité par » l’alcool , à froid même , a été dissout presque » entièrement.

» Cette dissolution mêlée , après filtration , à ?» de l’eau, s’est troublée, a blanchi fortement, ■» et une addition d’acide hydro-chlorique y a » déterminé la formation de petits flocons ou » grumeaux.

» La partie aqueuse a montré aux réactifs ne » contenir que les matériaux de l’urine ordi- » naire, et aucun autre principe qui ait pu être » apprécié.

» Pour reconnaître si cette substance blanche

» avait quelques rapports chimiques avec la » crème, à laquelle elle ressemblait physique- » meut, il a ëte' pris également 160 grammes » de l’urine naturelle de la personne qui avait » rendu, quelques jours avant, le liquide en » question} on y a mêlé peu-à-peu du lait de » femme , jusqu’à ce qu’elle offrît à l’œil la même » nuance que l’autre. Ce mélange a été placé » dans un appareil disposé de la même manière, s> dans les mêmes circonstances, et on a pro- * cédé en même temps comparativement à son » examen. Les résultats ont été les mêmes, soit » dans la séparation en trois couches, qui s’est » opérée spontanément dans leur traitement par •>■> les mêmes réactifs, excepté qu’ici le dépôt était » moins considérable, et la crème plus abon-

dante.

» L’existence de la matière caséeuse qu'on » pouvait y supposer, n’a pu être mise en évi- » dence. On a distingué une matière muqueuse » particulière , et un corps gras ayant beaucoup » d’analogie avec la crème. »

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