ANALYSE DU DEUXIÈME LIQUIDE
Cette matière a été vomie devant nous et plusieurs personnes , à neuf heures du matin , un mois après la première. Comme nous l’avons déjà dit, la malade en avait rendu davantage chez M. le procureur du Ptoi , où elle avait été plus matin.
L’état d’angoisses de la malade , les nausées qu’elle avait éprouvées après le gonflement de ses seins, s’étaient opposés à ce qu’elle prît le moindre aliment. Elle n’avait bu qu’une simple tasse d’infusion de fleurs d’orange.
L’extrême sensibilité des seins nous empêcha d’en tirer assez de lait pour le comparer, par l’analyse, à la matière rejetée, d’ailleurs sensiblement plus épaisse.
Elle n’avait vomi, cette fois, que six grandes cuillerées de matière, renfermée de suite dans un vase bien couvert, porté aussitôt chez M. le Professeur Sértjlas.
Propriétés physiques.
« Odeur fade , tournant à l’aigre.
» Couleur d’un blanc laiteux.
» Saveur fade, sucrée, déjà acescente.
s> Consistance moins fluide que celle du pre- » mier liquide.
» Cette matière était grasse , crémeuse , pour » ainsi dire homogène, à cause du muqueux » qui en suspendait uniformément les principes.
» Ne s’étant pas sensiblement séparée , comme » la première, en sérum et en caillot, elle pré- » sentait néanmoins évidemment à sa surface, » une véritable crème qui n’a laissé aucune es- » pèce de doute sur l’existence du lait. »
Analyse chimique.
« Une simple analyse chimique a suffi pour » justifier le jugement qu’on en avait déjà porté.
» Le résidu du fluide évaporé et desséché a » conservé tous les caractères du fromage. »