‹ Recherches sur les métastasesChapitre 16 sur 50 · CINQUIÈME ANALYSE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ANALYSE

Analyse de la dernière urine laiteuse , par

M. GuiTON , Pharmacien aide- major à

Hiôpital militaire d'instruction de Metz.

Elle a été faite sous les y eux de M. S Ê ru LAS.

Caractères physiques.

« L’urine présumée laiteuse, apportée au ïa- » boratoire de 1 bopital pour y être soumise à » l’analyse, était contenue dans quatre fioles, » dont chacune renfermait à-peu-près /jo gram- » mes de ce liquide. Un numéro placé sur cha- » que fiole, indiquait le jour de l’émission de » chaque portion d’urine.

» Le liquide , contenu dans les fioles numéro- * tées 1 et 2, avait une couleur jaune rougeâtre.

» On distinguait, à sa surface, une couche très- » mince d’une matière blanche qui ressemblait » à de la crème. A la partie inférieure, un dé- » pot floconneux assez abondant se faisait aussi » remarquer , et dès qu’on agitait ce liquide , il » perdait sa transparence , qu’il recouvrait après » quelques heures de repos. Son odeur était » très-fétide. t

» Les fioles étiquetées 3 et 4, contenaient de » l’urine semblable aux deux autres. Elle n’en » différait que par l’absence de la matière cré-* s> meuse. »

Analyse chimique.

« Pour procéder à l’analyse , les quatre fioles y> ont été vidées dans un entonnoir de verre, » placé sur un bain de mercure qui formait un » bouchon mobile.

» Une capsule de porcelaine fermait l’ou- » verture de ce vase, et le tout a ele laisse dans » cet état jusqu’au lendemain. Le liquide, alors, s> a présenté trois couches bien distinctes : une s> supérieure , qui avait à-peu-pres un huitième » de ligne d’épaisseur, était formée de cette

» substance crémeuse dont il ^ été parlé • fin- » termédiaire, qui était la plus considérable, était » d’une couleur jaune rougeâtre, et l’inférieure, » qui formait à-peu-près un soixantième de » la masse, se composait de flocons déjà men- » donnés.

» Pour isoler ces trois couches, on a enlevé, » avec précaution , l’entonnoir qui les conte- » liait , et au moyen du doigt qui fermait son » extrémité , on a d’abord fait couler , dans un » verre, la couche inférieure, puis dans un » autre le liquide intermédiaire 5 après quoi, la » couche supérieure s’est répandue sur les pa- » rois de l’entonnoir, d’où on l’a détachée au » moyen de 20 grammes d’eau distillée qui, » ensuite , a été déposée dans un verre.

» L’eau qui tenait en suspension la madère » crémeuse , était louche et blanchâtre. Quel- » ques grains de potasse caustique lui ont donné v un peu de transparence, et son action, aidée » de la chaleur , l’a entièrement éclaircie.

» Une portion de cette solution alcaline, ver- » see dans l’alcool , s’y est dissoute sans se trou-

hier* mais en ajoutant de l’eau à ce mélange, * il blanchissait à l’instant,

» Soumise à l’action des acides tartarique et » liydro-chjorique , elle se troublait fortement, » et laissait déposer une substance qui, après » avoir été isolée, s’est complètement dissoute » dans l’alcool.

» Ces deux essais ayant épuisé toute la ma- » tière crémeuse , son analyse n’a pu être pous- » sée plus loin.

» Comme il importait , surtout , de recon- » naître l’existence du lait , et que, pour la » constater , il ne suffisait pas d’avoir trouvé » cette substance crémeuse, toute l’attention a » du se porter sur le sucre de lait , et c’est pour » parvenir à isoler ce principe, que la liqueur » intermédiaire a été traitée par le sous-ace'tate » de plomb, qui, en précipitant tous les sels » urineux qu’elle contenait , devait laisser en » solution celui qui faisait l’objet de l’analyse , » puisqu’il est indécomposable par tous les >/ autres. Lorsqu’on a été certain que le sous- » acétate ne produisait plus de précipité , on a » filtré , et la liqueur obtenue , a été exposée à » un courant de gaz hydro-sulfurique , pour » décomposer l’excès du sel de plomb qui pou- » vait s’y mouver. Après, on a filtré de non-

» veau, et, de suite, le liquide a été évaporé » dans une capsule de porcelaine, à une clia- » leur très-douce. Quand il a été réduit à un » dixième de son volume , il s’est boursoufïlé , y> il a bruni tout-à-coup, et il s’en est dégagé » une odeur ammoniacale tellement forte , qu’il » était presque impossible de la supporter. C’est » dans cet état que la capsule a été retirée du » feu , et placée dans un lieu frais jusqu’au » lendemain.

» Le liquide évaporé qui , la veille, ressem- » blait à un sirop épais , avait repris de la flui- » dite' , et aucune trace de cristaux ne s’y remar- » quait. C’est alors qu’il a été dissout dans l’ai— » cool concentré et versé ensuite dans un verre, » où , bientôt , il s’est précipité une grande » quantité de flocons , dont on a favorisé le rap- » procbement par un repos de vingt - quatre » heures. Au moyen d’une pipette , on a enlevé » le liquide qui couvrait ce dépôt cl’une couleur » jaunâtre et d’une odeur qui conservait encore » de la fétidité. Ecrasé sous le doigt , on n’y » sentait rien qui pût indiquer la présence d’un » sel cristallisé. Traité par l’eau distillée , à l’aide » de la chaleur , il ne s’y est point dissout , » mais l’addition de quelques grains de potasse

» a opéré la solution complète. Quelques gout- » tes d’acide hydro-chlorique versées sur cette » liqueur alcaline, ont fait reparaître , à l'ins- » tant, les mêmes flocons , qui , isolés convena- » blement, et placés sur une plaque de fer for- » tement échauffée , ont brûlé en dégageant » tous les principes des matières animales azotées.

» La troisième couche, ou l’inférieure, qui » avait été réservée dans un verre, a été placée » sur un filtre pour y être lavée à l’eau distil- » lée, et lorsque celte dernière ne s’est plus » colorée , le filtre a été enlevé et placé sur une » feuille de papier gris, pour en faciliter l’exsic- » cation. L’eau provenant du lavage ressem- » blait à de l’urine peu foncée en couleur. Sou- » mise à l’ébullition, la présence de la matière » caséeuse ne s’y est pas manifestée. Il est à » croire qu’elle contenait plusieurs sels milieux. » Il n’a été tropvé sur le filtre qu’une quantité » inappréciable d’une substance pulvérulente » d’un jaune rougeâtre, qui était probablement » de l’acide urique.

» Une analyse comparative a aussi été faite » sur un mélange d’urine et de lait, provenant » tous deux de la même femme ; les proportions

» étaient 3oo grammes de l’une et 60 grammes » de l’autre. On s’est conduit comme dans l’a- » nalyse précédente ; mais les caractères phy- » siques du mélange différaient de ceux de l’uy> une natuielle, par la plus grande quantité » de crème et par le dépôt qui s’apercevait à » peine.

» La cr me, traitée comme celle de la pre- » mieic analyse, s est comportée de la meme » manière avec les réactifs.

» Le liquide urineux différait du naturel , en » i e qu il n était pas fétide , et que sa couleur » n’a point été altérée pendant l’évaporation.

» L’alcool y a aussi produit un dépôt qui » n’a pas différé de celui de l’urine naturelle.

» Comme il était important de connaître la » cause qui s’opposait à ce qu’on obtînt du » sucre de lait de l’urine laiteuse qui venait » dêtre analysée, 3 grammes et demi de ce sel » ont été dissous dans a5o grammes d’urine » vieille et ordinaire, provenant aussi de la » même femme. On a procédé comme dans les » analyses précédentes, et il a été impossible » d’y retrouver le moindre vestige de sa pré- » sence.

» Une série d’expériences serait à faire, pour » déterminer le genre d’altération qu’éprouve » le sucre de lait mélangé à l’urine, et sur-tout » pour conclure à l’égard de l’analyse dont on » s’est occupé.

» Seulement on peut présumer que cette al- » tération est due à l’urée, qu’il est impossible » d’isoler de l’urine avant la concentration de » ce liquide, et que c’est à cette cause que l’on » pourrait attribuer la décomposition du sucre » de lait. Ce qui tendrait à confirmer cette opi- » nion, c’est un nouvel essai que l’on a fait » sur de l’urine récente qui, saturée de sucre de » lait , a été traitée comme les trois précédentes , » et n’a donné, après l’évaporation, que quel- » ques crystaux qui représentaient tout au plus » la moitié du sel employé.

» Quant au sous-acétate de plomb , on s’est » assuré qu’il ne contribuait nullement au chan- » gement du sucre de lait, puisqu’une solution » de ce sel, traitée comme les différentes urines, » a reproduit toute la quantité employée. »

En résultat de ces analyses scrupuleusement faites, si le sucre de lait n’y a point été trouvé pour établir péremptoirement la nature plus positivement laiteuse des humeurs qui ont été analysées, du moins fournissons -nous d’autres preuves qui en sont l’équivalent: d’une part, un corps gras, absolument identique avec la crème, analyse comparative faite} de l’autre, une matière qui conserve encore aujourd’hui tous les caractères du fromage, ainsi que le confirme l’analyse de M. le Professeur Sérxjlas.

En supposant cpie le caractère concrescible de la crème que nous a donnée la matière laiteuse vomie, laissât, le moindre doute sur la nature réelle de cette éjection, par sa grande ressemblance avec le lait de vache, nous nous appuierions du témoignage de Fourcroy, de Parmentier et de Deyeux, sur la variabilité du lait de femme.

Il vl est pas de lait , dit l’illustre Fourcroy, qui se soit montré plus variable dans son analyse que celui de femme. ( Système des connaissances chimiques. Analyse du lait, T. 10, page 43o).

Parmentier et Deyeux (Précis d’expériences

ET OBSERVATIONS SUR LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LAIT CONSIDÉRÉES DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA CHIMIE, LA MÉDECINE ET l’ÉGONOMIE RURALE),

l’avaient déjà affirmé par leurs propres expériences, et c’est en ces termes que M. Guersent, s’étaye lui-même de l’opinion de ces deux savans dont il 11e fait que rapporter les expériences à ce sujet : » Aucuns des différais laits de femme que MM. Deyeux et Parmentier ont examinés , ne se ressemblaient , ni par la saveur , ni par la couleur , ni par la consistance , ni par la quantité de crème. Les uns plus ou moins séreux et privés de matière caséeuse , ont fourni plus ou moins de crème , mais ils n'ont jamais donné de beurre par la percussion. Ils ne coagulaient pas par les acides,. Les autres ont présenté une crème épaisse , tenace , dont on a obtenu , par la percussion , un beurre jaune , solide , d'une bonne consistance ; ces memes espèces de lait ont coagulé par les acides , et ont offert une partie caséeuse assez blanche et consistante . » ( Article lait, du Dictionnaire des sciences médicales , page 1 35 ).

Les modifications variées du lait de femme s’expliquent, d’ailleurs, naturellement par l’extrême impressionnabilité de cet.être.

Si la partie caséeuse n’a pas été reconnue dans toutes les humeurs cpie nous avons soumises à nos analyses , en tirerait-on la conséquence qu’elle ne peut pas plus y exister, que dans le liquide des péritonites puerpérales qui a e'té analysé ? Ce raisonnement serait sans doute vicieux, puisque tout prouve que l’albumine a la plus parfaite similitude avec la partie caséeuse pure, emploi fait comparativement des principaux réactifs.

Ces deux substances , desséchées et bridées , ont une entière ressemblance. L’une ainsi que l’autre , dans le premier cas , deviennent dures , transparentes, élastiques comme de la corne.

C’est, aussi, la même conformité cpie nous avons trouvée entre le coagulum desséché du premier liquide, analysé par M. le Professeur Sérulas, et celui que M. Cabale a obtenu d’une urine laiteuse , sous les yeux de M. le Professeur Yauquelin , avec cette différence d’opinions, cependant , que M. Sérulas n’y voit que de l’albumine , lorsque M. Cabale prétend , au contraire, y trouver du caséum.

Il est vrai que M. Cabale avait comparativement analysé du fromage de lait de vache

bien écrémé avec la substance qu'il avait obtenue, d’où la conséquence qu'il en avait tirée, que celle-ci était du véritable caséum, le liquide qui l'avait produit, une humeur évidemment laiteuse. L’induction serait en effet puissante, si, au lieu d’agir sur du fromage entièrement écrémé, on se fût servi de véritable fromage.

M. Sérulas eut peut-être vu les choses de la même manière , s’il se fut servi de pareil moyen de comparaison ; comme s’il était venu à l’esprit de M. Cabale de comparer, à cette substance, de l’albumine également desséchée, en aurait-il tiré une conséquence peut-être bien différente.

Quelque heureux parti , pour notre propre cause, que nous eussions pu tirer de l’analyse de M. Cabale , nous n’en devions pas moins être vrais. Notre propre conviction nous y obligeait. Nos analyses sont, d’ailleurs, assez concluantes par elles-mêmes , pour ne pas recourir à des preuves qu’on pourrait accuser d’être équivoques , lorsque nous ne devons émettre que des faits positifs 5 aussi admettrons - nous bien moins encore , l’existence de la partie caséeuse dans le flux leucorrhéique d’une fdle de neuf ans, qu’ont observée concurrent ment MM. Portal, Gastellier et Aubert,

Nous n’opposerions pas pareille difficulté, si , comme dans nos analyses , on eut trouvé du fromage proprement dit, et une matière évidemment semblable à de la crème.

M. le Docteur Alibert , en rapportant que la veuve, sujet de son observation, n’avait jamais eu de suppression de lait , ni le moindre engorgement laiteux des mamelles, viendrait confirmer le doute que nous établissons sur l’éjection de l’urine laiteuse de sa malade , urine , encore , qui n’a été rendue qu’après plusieurs années de veuvage.

Ce que nous avons avancé sur la parfaite ressemblance de l’albumine avec la partie caséeuse , est appuyé de l’autorité de l’illustre Fourcroy, qui, convaincu de cette analogie, donne à la partie caséeuse la dénomination d’albumine caséeuse, en pensant que cette dernière substance ne diffère simplement de l’albumine simple que par un degré supérieur d’oxigénation. Fn lui contestant cet état d’oxigénation, que la théorie du jour pourrait infirmer, il nous suffirait de dire que l’action des memes réactifs lui a paru semblable sur tous les deux (1). Cette manière

(i) Système des connaissances chimiques. Analtsb'dü J.AIT. (T. 10 , page /tao> u Toutes les connaissances acquises

de voir est aussi celle des chimistes qui lui ont succédé.

M. le Docteur Orfila a également reconnu que ces deux substances se comportaient de la même manière à l’air sec et humide (1).

Thomson dit « que la ressemblance qui existe entre la matière caséeuse et V albumine , donne lieu de croire que la coagulation du lait et de ïalbumine dépend de la même cause. » ( Système de chimie , T. IV , article Lait , page 559).

On peut paraître étonné que M. le Professeur Thénard ait omis de dire, nommément, un seul mot sur la ressemblance de ces deux substances , lorsque, d’un autre côté, sans faire la moindre

sur les propriétés de la substance caséeuse , ont fait penser aux chimistes modernes que la substance caséeuse avait une analogie remarquable avec V albumine , et , en effet , c'est des divers matériaux animaux , celui dont le corps caséeux se rapproche leplus^par la coagulation au feu , par les acides 5 la dissolubilité dans l'ammoniaque , ses produits à la distillation , son altération par Vacide nitrique, n

(1) Chimie médicale. Analyse du lait. (T. a, p. *47* Principes immédiats qui ne sont ni gras, ni acides).

u -La fibrine , la partie caséeuse , T albumine coagulée et la matière jaune de la bile , exposés a l'air humide , ne tardent pas ét se putréfier. Si , an contraire , P atmosphère est parfaitement desséchée , ils peuvent être conservés indéfiniment.

mention des cas particuliers, qui peuvent faire tirer du véritable beurre du lait de femme, il pose en fait trop absolu, que la crème de ce lait n en donne point, quel que soit le temps pendant lequel on agite celui-ci (1).

En insérant ici le jugement de Fourcroy, nous devons également ajouter , que tout en admettant cette similitude , il pense , cependant , que si la partie caséeuse provient du sang, elle a du subir, en s’en séparant, et pour prendre une forme laiteuse , une modification qui n’a point encore été appréciée. ( Article cité. )

De toutes nos recherches , on peut donc en conclure, mieux qu on ne l’a fait jusqu’à présent, que la matière laiteuse se trouve évidemment dans les humeurs excrétées, par lesquelles elle* doit être nécessairement modifiée , puisqu’il est notoire qu un ou plusieurs des principes de cette matière, doivent être naturellement dénaturés,

( j) Cwt peut-etre bien en s’appuyant trop rigoureusement de J a /Urination de M. le Professeur Thénard , qu’au sujet de notre analyse , quelqu’un avait dit que la présence du fromage dans une de nos analyses, décelait une substitution de lait de vache , erreur que nus scrupules et notre conscience éclairée reiutatent victorieusement.

quelquefois, par la réaction de principes diffiérens. Ainsi, dans le système urinaire, le lait y étant déposé, l’urée devra sans doute décomposer le sucre de lait, en en désagrégeant les élémens, ainsi que nous Fa positivement prouvé la dernière analyse que nous avons faite.

Semblable motif de désagrégation n’existerait probablement pas pour l’humeur de certaines péritonites puerpérales , si l’on cherchait à en retirer la même matière , à moins que cette décomposition ne provint d’une autre cause. Mais, nous le répétons , d’après ceux mêmes qui se sont occupés d’anatyses animales, combien de savoir et de soins pour se tirer, utilement, d’un tel conflit de variétés et de décompositions dans ces sortes d’humeurs ! Avec quelle réserve ne doit -on pas émettre son jugement sur l’existence réelle des produits !

Par cela même , la difficulté d’affirmer dans certains cas, son opinion, ne serait -elle pas applicable aux Médecins qui disent positivement qu’il n’existe pas un atome de lait dans l’humeur des péritonites puerpérales telles qu’elles soient ?

Semblable proposition de leur part , pourrait être aisément contestée , si les réflexions

que nous avons émises recevaient quelque valeur de nos propres recherches , et de celles de ceux qui se sont occupés du même objet pour toutes les autres humeurs.

Ne serions-nous pas autorisés à nous servir, ici, des inductions tirées de l’analogie?

Nous parlerons, ailleurs, de cette autre espèce d analyse, dite médicale, qui se fortifie si bien des rapports existant entre la coïncidence et l’alternative de la résorption de l’humeur, d’abord en stase dans 1 organe secreteur, et la même humeur lejctee par les differens émonctoires. Les propi iétes physiques du fluide donne par ces deux voies, auraient -elles autant d’analogie , s il n était pas de même nature ? Qui peut douter, par exemple, des rapports qui existent entre l’humeur de la transpiration des femmes qui cessent d allaiter leurs enfans et le lait que pioduisent leurs seins ? Le vomissement évidemment laiteux qui nous a valu deux analyses, n est-il pas la confirmation de ce que nom avançons ?

Considération faite de la situation de la malade, et en ne s’arrêtant qu’au caractère physique de l’humeur vomie, à sa saveur douce.

sucrée, ascescente, à sa décomposition tranchée en sérosité et en coagulum , a sa propriété de tacher le linge et le plancher comme un corps gras , on pourrait être conduit à en inférer qu’elle était de nature véritablement laiteuse.

En effet , les voies digestives n’éprouvant d’autres maux qu’un trouble vital momentané dans semblable occurence, à quoi eût-on pu rapporter pareille évacuation? Sans parler de la blancheur laiteuse de l’urine, comment expliquer aussi, dans la même situation, la présence d’un corps gi as , si ressemblant à la crème du lait de femme qu’on lui avait comparé, sous le double rapport des propriétés physiques et des réactifs?

Ces considérations deviennent plausibles , lorsque deux médecins qu’on ne pourrait accuser de donner aveuglément dans le système des métastases, MM. Fournier-Pescay et Bégin, s’accordent à dire « que V urine et la bile , en rentrant en totalité dans V économie , peuvent se répandre dans tous les tissus où la couleur de rune et V odeur de Vautre les font facilement reconnaître. » ( Article nourrice , p. 295, du T. 36 du Dictionnaire des sciences médicales ). Et dans le cas même où ces MM. ne croiraient qu’à la diffusion de ce s humeurs, plu-

tôt qu’à leur collection évidente, toujours serait-il vrai que les métastasés seraient avoue'es par là.

Au résumé', nous ne pensons pas qu’il soit possible de révoquer en doute, un seul instant, Fexistence positive du lait dans les humeurs que MM. Sérulas et Gtjiton ont analysées : d’ailleurs, des faits des plus remarquables, puisés aux meilleures sources, viendront corroborer l’observation qui nous est propre. Ces sortes de rappi ochemens s appuient trop les uns et les autres pour que nous ayons omis de les faire. Nous éclairerons d’abord nome sujet de quelques vues pliysiologico-pathologiques , prises dans une docîj me que la medecine 11e peut désavouer.

Page 1