‹ Recherches sur les métastasesChapitre 2 sur 50 · JJ · texte numérisé non relu

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moindres objets qui peuvent concourir à son perfectionnement.

L’observation en médecine est d’une telle importance, lorsqu’elle se rapporte aux faits positifs que la nature produit, qu’on ne peut la méconnaître sans tomber dans le vague des théories et des hypothèses, productions libres de l’esprit qui n’enfantent le plus souvent que l’erreur.

Ainsi tout est donc dans l’observation:

ars medica est tota in observationibus , a dit Bagliyi ; mais dans cette observation franche, impartiale et éclairée qu’on ne peut accuser de produire de faux systèmes , puisqu’il est malheureusement prouvé, comme le dit l’éloquent auteur de la prélace des Mémoires de l’académie royale de chirurgie, que des opinions entièrement opposées ont eu souvent pour elles le témoignage d’un nombre égal dé observations.

C’est , en elï'et , ainsi que l’on doit entendie 1 observation « sans plus s’y

tromper qu’à cette fausse expérience que chacun a voulu interpréter au gré de ses préventions , sans savoir que l’expérience n’égare jamais, puisqu’elle constitue la véritable science des faits acquis par une saine observation, rapportée à une époque où toutes les connaissances positives doivent concourir à confirmer la vérité, l’esprit dégagé de toute espèce d’entraves, d’erreurs ou d’intérêt.

Je dis intérêt , parce que le sordide appas de la fortune ne doit pas plus être le mobile du Médecin observateur, que les préjugés ne doivent l'asservir.

* En m’occupant d’observations , je n’ai pas moins agi dans cet esprit de conviction, qu’affranchi de toute préoccupation , je devais être vrai sans qu'aucune espèce de considération pût me retenir , dussé — je m’être exposé aux traits du mécontentement, aux sarcasmes même de la malignité , si elle s imaginait en trouver l’occasion.

Il doit arriver un temps, il me semble , où l’homme mûri de sa propre expérience, peut alors rigoureusement se dispenser de se courber sous le poids de l’autorité, en jurant, sur la parole du maître : autos epha.

Je sais, toutefois, sans me prémunir d;un trop haut degré de confiance en mes propres forces, que la plus grande réserve doit être l'attribut du Médecin, et qu’il ne doit conséquemment se prononcer que lorsque Pévidence lui est effectivement démontrée.

Ce principe devait, sans doute, me diriger dans mon observation, tout disposé que j’étais à me soumettre à un sage scepticisme et à l’épreuve du doute philosophique , lorsque quelques points de la matière qui m’a occupé, ne m’ont pas paru suffisamment éclairés.

Ma manière de procéder ne devait conséquemment pas me rendre étranger à ce précepte de SENNEBIERi, dans son

art d’observer, qu’il faut chercher ce qui est, en se défiant encore de ce que l’on observe.

M. Bricheteau ( article Observation du Dictionnaire des sciences médicales) a très-heureusement dit, sans doute, que la nature admet quelquefois le langage qu’on lui demande , et revêt î extérieur quon lui souhaite , et qiion pourrait , alors , ainsi la rendre complice de l’erreur , si on n’était muni d’une sage défiance de soi-même.

En cherchant à me garantir de ces écueils que je pouvais rencontrer sur ma route, je devais aussi user de persévérance, pour ne pas trop précipiter mon jugement , afin de ne pas m’égarer en augmentant le nombre de ces décisions hasardées.

Tant d’individus prétendent avoir raison en ne voyant qu’à travers le prisme de leurs propres idées ou de leurs préventions, selon le vent ou 1 inclinaison qui les dirigent ! Et puis une lois une

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opinion émise, on en revient si difficilement.

Dites à un homme passionnément amoureux , dit Locke ( de PEntendement humain , de l’Erreur ) , qu’il est dupé ; apportez-lui vingt témoins de Vinfidélité de sa maîtresse , il y a à parier dix contre un , que trois paroles obligeantes de cette infidèle renverseront en un moment tous leurs témoignages : QUOD VOLUMUS FACILE CRE- DIMUS. Ainsi nos préventions elles-mêmes que nous ne saurions trop combattre pour l'intérêt de la vérité, sont-elles des voiles qui obscurcissent les plus heureuses qualités de l'esprit.

A ces causes manifestes de la mauvaise observation ou d’une expérience mal dirigée, on pourrait ajouter comme source productrice des contradictions qui s’élèvent de toutes parts , cette manière rétrécie de considérer les opérations de la nature en ne dirigeant notre attention que vers une seule facette de l’objet qu’il fau-

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cirait nécessairement considérer sous tous ses rapports, sur tous les points difïerens de son étendue , en le voyant comme d’un centre d’où rien ne pourrait échapper à l’observateur, ayant soin, surtout, de ne pas partir d’un principe faux, dussent les conséquences en être rigoureuses , relativement au sujet dont on se serait occupé.

Ainsi le solidisme outré a-t-il été jusqu’à vouloir détruire, par des conséquences assez bien déduites des prémisses, ce qu’une saine doctrine devait nécessairement attribuer aux humeurs animées à leur manière, comme tout ce qui entre dans la composition de 1 organisme, dernier objet qui fait le premier sujet de mon ouvrage dans les preuves que je donne en faveur des métastases humorales, sans vouloir toutefois, ce qu’on ne peut attendre des lumières du temps, que l’humorisme ne prévale autrement que dans les limites de la circonscription que lui ont naturellement imposées les principes de l’école de l’immortel Bichaï.

Au surplus, je n’aurais, ici, d’autre mérite que celui de corroborer en quelque sorte les assertions de praticiens dont l’autorité est connue, en ajoutant un beau fait à ceux qu’ils ont rapportés, pour en concilier l’explication avec la doctrine physiologico-pathologique consacrée aujourd'hui , doctrine qui se repose si victorieusement, cl’une part, sur l’anatomie pathologique , de l’autre, sur les propriétés si bien appréciées de nos tissus et des appareils de la vie, dépouillement fait de toute abstraction chimérique ou éventuelle.

Je citerais encore contre cette espèce d’observation, qu’on réduit à un champ beaucoup trop borné pour qu’elle puisse convenablement expliquer les opérations de la nature, ces contradictions, ces opinions différentes au sujet de la régénération des os , tandis que les uns nient qu’elle puisse se faire , lorsque les autres affirment au contraire , quelle se lait, le périoste ou la substance de l’os y

servant seul , ou y participant à peine le concours de différens systèmes ou tissus étant plus positivement démontré, chacun alléguant la force de sa logique et l’exactitude de ses expériences ou plutôt des essais ( expérimenta ) qu’il a faits suivant la direction qu’il a prise pour en déduire le résultat qu’on croit être le plus vrai d’après son opinion.

En m’occupant de plusieurs autres objets dans mon ouvrage, c’est à ces deux principaux que j’ai voulu précisément m’arrêter comme dignes de remarque plus particulière , par les soins aussi qu’ils ont dû requérir de notre part.

J’avoue que pour m’occuper avec toute l’attention et le scrupule dont je pouvais être capable, il fallait que je ne hasardasse rien, que j'y réfléchisse longtemps , qu’après avoir pensé à toutes les objections que l’on pourrait, me faire, je m’étayasse assez d’érudition et du concours, surtout, de l’analyse et de la synthèse sans lesquelles l’observation des faits ne

présente aucun fondement stable , ainsi , comme on le dit de l’arithmétique, Que Paddilion et la soustraction se servent mutuellement de preuves.

En traitant de sujets divers de médecine et de chirurgie, malgré la médiocrité de mes moyens , je ne me suis pas cru incapable de nPoccuper également de deux branches évidemment inséparables de la même science , par l'indispensable nécessité de leurs rapports, dont Pexercice ne peut être véritablement séparé que par une vocation plus décidée pour une des parties du même art, qui affranchit les uns du courage et de la dextérité que comporte le manuel des opérations de quelque importance , puisque pour celles d’une pratique plus commune, aucun de ceux qui exercent la médecine n’a acquis le droit de s’y refuser.

L’utilité de ce concours de savoir et d application est tellement évidente, que personne n’en doute plus , même ceux

qui , pour perpétuer le crédit qu’ils veulent se donner dans le monde anciennement abusé , ne cessent de dire, à l’écart, pour que cela leur soit utile et profitable, qu’un Chirurgien, quelque méritant qu;il soit, ne peut être Médecin, par la raison qu ils se consacrent eux-mêmes à la médecine, et qu’ils n’ont conséquemment pas la prétention d’exercer un art dont ils abandonnent volontiers le manuel à ceux qui s’y livrent plus particulièrement.

Si la question n’était pas tellement résolue relativement à la possibilité de l’exercice des deux branches dans un même individu , qu’on ne put se dispenser de le rappeler , je citerais à l'appui de l’opinion qui est celle aujourd’hui de tout le monde éclairé, excepté des personnes intéressées à maintenir le préjugé défavorable à ceux qui avouent le titre de Chirurgien, la prolession de foi, à ce sujet, d’un des plus célèbres Médecins de l’école moderne.

M. le professeur Halle, membre de

Pinstitut , en parlant n ( discours lu en 1 8 1 5 , à la séance publique de la faculté de médecine de Paris ) de la nécessité de recourir souvent , à la fois , aux moyens extérieurs et internes pour rendre la f orce ou le calme aux organes , que la maladie soit du ressort de la chirurgie ou de la médecine, s’exprime en ces termes pour démontrer lindispensable utilité de la réunion de toutes les connaissances médicales , il parle de celui qui est appelé pour suffire à la double indication : A-t-il été Chirurgien ou Médecin ? Il a été tout , sans cela , ses efforts insufjisans et incomplets iC eussent point écarté le danger qui menaçait celui qui se confiait à ses lumières.

Cet aveu renferme , sans doute , implicitement l’obligation imposée au docteur en médecine et en chirurgie dans nos facultés, de puiser, aux mêmes sources, l’ensemble des connaissances dont l’accord et l’union leur auront été nécessaires.

On ne pourrait donc réduire la chirur-

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gie proprement dite, au simple manuel des opérations, sans flétrir en quelque sorte cet art, en le réduisant à un pur mécanisme , lorsqu’une connaissance entière de l’organisation et des di fie rens modes de lésions qui peuvent l’affecter, exigent, impérativement, de lui l’ensemble de tout le savoir qui constitue le Médecin , plus, le talent de celui qui sait trouver dans son courage et dans la délicatesse de ses sens externes, la faculté d'opérer, de joindre efficacement l’œuvre au conseil.

Sans des raisons aussi positives , le Nestor et l’un des premiers Médecins de notre âge, J. B. Franck, se fut-il écrié : « Quam egena igitur ars utraquc sine sorore incedit et quam magnis mortales bencficiis privabantur , ex quo tempore medicis impium erat , hunianum corpus , ut a gravi or i malo liberaretur , saucium reddere » (Oratio academica de chirurgo medicis auxiliis indigente, habita Ticini, die 3 1 mardi 1787.FRANKII, delect. opusc.

Il est beau, et, sans doute, toute réplique est désormais interdite, de pouvoir joindre autémoignage du célèbre Franck, celui de l’illustre La MartiniÈRE qui défendait ainsi auprès de Louis XV, dont il était le premier Chirurgien , les droits injustement contestés par l’esprit de corps, aux Chirurgiens dont les lumières ne brillèrent jamais d’un plus vif éclat que de son temps.

J’ose avancer à votre Majesté , Si R.E , comme un principe incontestable ^que la théorie ou la science de la chirurgie , n'est autre chose que la théorie et la science de la médecine même ; c’est-àdire , qriil ri y a pas deux théories dont Tune soit la théorie du Médecin et Vautre la théorie du Chirurgien. Ce Chirurgien ne doit ignorer rien de ce que sait ou doit savoir le Médecin. Ce qui constitue la théorie du Chirurgien doit êti'e su très-exactement du Médecin ; fen excepte le détail du manuel des opérations. (Mémoire présenté au Roi, par son pre-

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mier Chirurgien [ La MartinièRE ] , Paris ,

i749i in-4-°)

Ainsi , dit le Docteur Prunelle , s’exprimait un homme < jui Jît le plus noble usage de la faveur souveraine en T employant au perfectionnement de l’art qiiil exerçait et à la gloire de la patrie ; ainsi parlait un Chirurgien auquel les Médecins n’eurent à reprocher que des préventions , et qui se vengea noblement de leurs injustices , en rendant ses confrères plus instruits qu’ils ne Tavaient été , et en assurant ainsi à la chirurgie française , une primauté dont elle a joui constamment depuis lors. ( Des ÉTUDES du Médecin, de leurs connexions et DE LEUR méthodologie * discours prononcé à la rentrée de la faculté de médecine de Montpellier, le 1 7 novembre 1 8 1 5, par M. Prunelle , professeur de médecine légale et d’histoire de la médecine.

En confirmation des preuves que le mode d’enseignement actuel donne en faveur de l’instruction médicale du Chirurgien , qu’il rend également apte à exercer

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