‹ Recherches sur les métastasesChapitre 3 sur 50 · MONSIEUR LE BARON · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE BARON

En vous priant d’agréer la dédicace d’un ouvrage qu’il n’a pas dépendu de moi de rendre plus digne de vous, j’ose vous l’offrir sous le double titre de toute ma gratitude personnelle et de la profonde vénération que nous vous devons pour. avoir réfléchi tant d’éclat sur la chirurgie militaire en France,

Tout en vous, Monsieur le Baron, doit exciter notre admiration , lorsque la postérité elle-même, en rappelant vos travaux littéraires, vous comprendra aussi au nombre des bienfaiteurs de l’humanité.

Nul doute , souffrez cet hommage rendu à la vérité, qu’elle ne dise que, par vos pressantes sollicitations , vous obtîntes du vainqueur d’Hohenlinden et du général de Kray, de faire respecter les hôpitaux de guerre comme des asiles sacrés et inviolables , où la valeur malheureuse doit être libre et respectée, asiles où vous donnâtes, ainsi que sur le champ de bataille, l’exemple d’un zèle si religieux } qu’elle ne rappelle ces ambulances légères que vous eûtes le mérite d’imaginer dans un temps où il fallait bien opposer la vitesse des ailes du génie conservateur à la rapidité du vol du génie de la destruction.

Elle i\ oubliera pas les vœux que vous fîtes, dirigé par une noble philantropie , de voir constituer un corps d’infirmiers militaires doiff vous n’avez obtenu un moment la création que pour être aussitôt détruit par cet esprit de malfaisance qui ne se complût que trop à la dégradation des hôpitaux militaires.

De quelle utilité ne fussent pas devenus, aussi, ces infirmiers despotats ou brancardiers dont vous conçûtes l’idée ingénieuse qui, pour le plus grand salut des blessés, eussent réuni, à-la-fois, dans l’arme qui les aurait protégés, les secours et les moyens de transport que la

gravité des blessures exige sur le champ cle bataille, pour les soustraire rapidement à l’ennemi , en même temps qu’aux suites si fâcheuses du retard.

Je pourrais dire ce que la dignité de l’art vous inspira contre les vices honteux d’une administration négligée, lorsqu’il me serait facile de signaler cette noble éloquence crue vous opposâtes constamment aux détracteurs de la chirurgie. .

Mais il m’est sans doute plus doux de dire que vous fûtes toujours nommé le bienfaiteur et le consolateur du soldat, partout où vos soins devenaient nécessaires sans crainte des dangers que vous pouviez éviter.

Combien de fois ne vous invoqua - 1 - il pas lorsqu il était en proie aux douleurs les plus déchirantes ! Et quel est le vétéran de nos camps qui ait oublié Percy !

A ous rappelez cet illustre et bon Paré , dont on vous a donné le nom , en faveur duquel se lit entendre cette acclamation quand la garnison de Metz assiégé le vit entrer dans ses murs :

fie craignons plus de nous battre , notre bon Paré est parmi nous.

A Austerlitz, dont la renommée est immortelle pour la valeur française, on ne dit rien moins de vous, lorsqu’un grand capitaine qui la dirigeait alors, sans calculer qu’il était une gloire plus grande encore, celle de donner la paix et le bonheur à la France, vous salua en disant qu’il se reposait sur votre zèle et votre humanité des soins dus à tant de braves et d’infortunés.

Puisse cet hommage , Monsieur le Baron , être accueilli de vous , en faveur des sentimens qui m’animent, bien qu’il puisse en coûter à votre modestie de recevoir un tribut de louange dont je ne suis qu’un faible interprète !

Daignez agréer l’expression du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être,

Monsieur le Baron,

Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,

GHARMEIL.

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