‹ Recherches sur les métastasesChapitre 39 sur 50 · DES EXPÉRIENCES FAITES SUR DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DES EXPÉRIENCES FAITES SUR DES ANIMAUX

C est une jouissance bien douce pour un observateur de la nature, de lavoir occupée à réparer et restituer, s’il est permis de s’exprimer ainsi, une partie dont elle s’est spontanément dépouillée, ou qui lui a été enlevée par quelque accident. C’est sans doute là une de ses plus belles opérations, comme un de ses plus grands bienfaits, n

Observation sur une moitié de mâchoire inférieure détruite par la carie , régénérée , par* M. Percy. (Journal de médecine, janvier 1791, T; 86, p. 197.)

1 avouerai ingenuement , naguères trop peu disposé à croire aux belles observations de plusieurs chirurgiens célèbres, relativement à la régénération des os, je penchais vers une espèce de doute que je ne puis plus justifier aujourd’hui , en conséquence des faits dont je viens actuellement appuyer ces observations.

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Il nous était bien permis, jusqu’alors, de ne pas être convaincu , puisque , d’après même MM. Boyer et Ric.hera.nd , rien ne remplace la portion d’os nécrosée , lorsqu’elle comprend toute l’épaisseur de celui-ci.

Et ce n’est , sans doute , qu’à présent que nous restons bien persuadés, par notre propre expérience , de la justesse de ce principe que l’éloquent chirurgien de Lyon , Marc-Antoine Petit, oppose, avec raison, à ces deux habiles professeurs de la faculté de Paris , dont l’opinion devrait être d’autant plus réservée que leurs noms sont devenus autorités, non-seulement en France, mais encore en Europe.

Ainsi s’exprime Petit, (Discours sur les.

MALADIES PRINCIPALES OBSERVÉES A l’hOTEL-DIEU

de lyon ) : « Ce qui n étonne plus le médecin aujourd'hui , mais ce qii'il admet toujours , c'est que de telles parties se réparent ' , et que le membre , après avoir perdu sa solidité, redevient ferme et capable de toutes ses fonctions. »

Petit avait observé cette régénération après l’extraction du corps entier du tibia, sans qu’une portion en fut restée pour servir à réparer la

perte, ce qui est essentiel à noter pour ne pas favoriser l’opinion de ceux qui imposent cette condition au développement des substances osseuses.

Nous ne répéterons pas l’épigraphe que nous avons empruntée à l’illustre Percy, il est évident qu’elle est tout-à-fait à l’avantage de la manière de voir que nous ne craignons pas d’avouer.

D’ailleurs, nous multiplierons nos preuves, en observant, toutefois, aux fauteurs de l’opinion contraire à la nôtre, qu’ils auraient eu tort, pour appuyer leur décision , relativement à la non régénération de l’os, en cas que toute l’épaisseur de l’os aurait été détruite, de ne pas signaler les circonstances particulières dans lesquelles le blessé se serait trouvé, dans la supposition, sur-tout, que le sujet eût été assez épuisé, pour ne pouvoir pas fournir à une réparation que l’on ne peut raisonnablement plus révoquer en doute.

Mais en confirmant ici la régénération positiv® des os , nous devions nous proposer aussi d’éclairer la manière dont elle se fait pour, contribuer à détruire le vague dans lequel nous a nécessairement jeté la variété des explications

faites en faveur de tel ou tel système, que le périoste et la membrane médullaire, la substance propre de l’os, l’organisation calcaire du sang épanché, soient l’un ou l’autre le moyen exclusif de l’ossification, ou que tous y concourent, y compris toutes les parties qui enveloppent la fracture ou la perte de substance, c’est-à-dire tous les tissus quels qu’ils soient.

Après l’observation que nous allons immédiatement donner pour exposer la part que tous les tissus ont pris à la régénération qui en est le sujet, indépendamment du périoste l.ii-même qui n’existait plus , nous confirmerons le fait qui sert de texte à notre mémoire, de témoignages non équivoques que nous devrons à des expériences que nous avons faites sur un assez grand nombre de pigeons , dans le dessein d’apporter, s’il est possible, la conviction dans Tesprit même des plus prévenus, sans prétendre, toutefois, donner une explication complète de tous les phénomènes qui peuvent se passer. D’autres feront mieux que nous } mais, du moins, aurons-nous contribué à mettre les observateurs sur la meilleure voie, en détruisant ce malheureux esprit d’exclusion qui nous réduit à une seule idée, lorsque le concours de plusieurs choses est si souvent nécessaire.

C’est ainsi que tout bon esprit en médecine devrait toujours avoir présent à sa pensée, ce précepte de notre immortel Bichat :

Défiez-vous de toute explication partielle , tronquée , qui circonscrit les ressources de la nature , selon les bornes de notre intelligence. (Anatomie générale, système osseux).

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