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SOMMES AUTORISÉS A TIRER CONTRE CERTAINES OPINIONS

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Sans trop nous répéter pour les détails dans lesquels nous sommes déjà entrés, nous dirons qu’il nous paraît démontré , par notre observation et nos vivisections , que le périoste est loin d’être l’agent principal, à plus forte raison exclusif, de la formation du cal et de la régénération de l’os, puisqu’il est positif, pour ce qui nous concerne, que cet œuvre s’est opérée sans le moyen du périoste et de la membrane médullaire.

Dans l’obsçrvation , nous avions été témoin de la destruction de ces membranes , tandis que., dans nos deux séries d’expériences , nous en avions entièrement dépouillé la portion d’os que nous voulions nécroser (1), lorsque, par

(i) Cette destruction, qui avait paru impraticable à Bichat ( Anatomie générale. Tissu osseux , page 379, (Màing abit) ,

le fait même de l’excision de l’os, dans un autre cas , ces membranes avaient été nécessairement retranchées.

Ce point de doctrine nous a paru d’autant plus important à établir, que des Chirurgiens qui font aujourd’hui* autorité, comme nous l’avons dit, fondent encore la régénération, dans les bornes qu’ils admettent , sur l’existence positive du périoste, ainsi que MM. Boyer et Ribes le professent particulièrement.

Ayant déjà produit l’opinion de M. le Baron Boyer, nous citerons seulement, à ce sujet, les expressions du Docteur Ribes (article Nécrose du Dictionnaire des sciences médicales , T. 35, page 35 1 ) : « Pour quil j ait 'vraiment régénération , il faut que le périoste soit intact: la destruction de cette membrane s'oppose absolument à la reproduction de l'os. »

Le Docteur Cruveilhier paraît seulement disposé à ne point reconnaître de propriété ossificatrice au périoste, lorsqu’il se trouve en con-

à cause du délabrement qui devait causer la mort, nous a été très-facile , ainsi que celle de la membrane médullaire , moyennant le procédé que nous avons indiqué.

Le Docteur Ckuveilhier ( Anatomie pathologique ), l’a ugée praticable, ainsi que nous, du moins pour le périoste.

tact avec du pus , et sur-tout qu’il y a accès de l’air , seule conse'quence qu’on puisse tirer selon lui , des faits cites par M. Léveillé , pour prouver le défaut d’ossification du périoste. ( vYnatomie pathologique, T. 2, page 3i. Transformations et productions organiques. — Ossification du périoste.) Bichat avait déjà observé que* dans ces circonstances, le pus absorbait les principes de nutrition tendant à constituer la substance osseuse.

Il est, toutefois, vrai de dire que le Docteur Cruveilhier avoue que les expériences qu’il a faites ne l’ont pas encore parfaitement éclairé sur la véritable tlieorie de l’ossification.

Nous avions déjà parlé de l’opinion du Professeur Pucherand, qui, d’après Scarpa, veut ainsi que le Docteur Léveillé, consacrer l’action exclusive du parenchyme cellulaire de l’os, et encore dans* des limites beaucoup trop circonscrites, comme nous l’avons déjà dit.

Btchat, qu’on est toujours disposé à citer lorsqu’il s’agit des propriétés organiques, sous le rapport de ses vues grandes et philosophiques , aurait du être plus particulièrement consulté par ceux qui veulent trop accorder au périoste,

en lui attribuant une action trop positive relativement à l’os.

Ainsi s’exprime-t-il en admettant, néanmoins, dans quelques circonstances, l’ossification des fibres les plus internes de cette membrane : Le périoste est étranger à la formation des os 5 il n'est qu accessoire à celle du cal : il est seulement une espèce de limite qui circonscrit dans les bornes naturelles les progrès de V ossification , et l'empêche de se livrer à d'irrégulières aberrations.

Puis il ajoute qu'il lui semble , au reste , qu'on a trop envisagé le périoste exclusivement par rapport aux os , que sans doute il est nécessaire à ces organes , mais , qui peut-être joue-t-il , par rapport aux organes fibreux , un rôle encore plus important , point de vue sous lequel il faut l'envisager , et qui prêtera bien plus à des considérations générales , que celui sous lequel Duhamel, Fougeroux , etc. , ont considéré cette membrane. ( Anatomie générale. Système fibreux, T. 2, pages 281, 282. Maingault.)

Nous aurons encore, plus bas, l’occasion de rapporter d’autres idées de Bichat sur la régénération des os.

En nous inscrivant contre le périoste, sous le rapport des propriétés qu’on lui attribuerait ici, trop exclusivement, il est clair que pour être conséquent avec nous-même, nous ne serons pas plus portés à embrasser aveuglément l’opinion qui accorderait tout au développement du parenchjune de l’os, ainsi que l’avaient déjà conçu Weidmann et Lamblot avant l’illustre Scarpa, dont MM. Richerand et Léveillé ont embrassé la théorie.

Nos idées sont tellement positives sur le concours des tissus pour la formation du cal ou la régénération que nous admettons par des preuves péremptoires, que nous passerions volontiers sur les propositions des auteurs qui nous seraient favorables, pour nous en tenir à nos simples démonstrations.

Il est en effet exact, d’après les témoignages que nous déposons dans ce mémoire, ce qu’on peut aussi facilement expérimenter que nous, que plusieurs choses restent prouvées :

i .° La formation d’un nouvel os ou séquestre autour de la portion de tout le corps de l’os que nous avions entièrement dépouillée de son

périoste et de sa membrane médullaire, pour la nécroser ( 1 .re série cT expériences ) }

2.0 L’élongation des bouts d’os qui restaient de la portion cylindrique que nous avons retranchée dans la deuxième série de nos vivisections}

3.° La formation, dans cette dernière série, de brides fibro-cartilagineuses , osseuses çà et là , servant d’enveloppes à deux caillots desséchés , tendant à réunir les extrémités d’os tronquées, tuméfiées elles-mêmes pour contribuer, ainsi que le centre, à la régénération du vide primitivement formé par l’ablation d’une portion centrale de l’os.

Pour expliquer positivement cette dernière circonstance , nous la rattacherons , plus bas , à l’opinion que Howship a beaucoup trop généralisée pour qu’elle ne devienne pas une erreur en la consacrant comme une règle.

Le premier fait établit, du moins, la régénération de l’os, sans le moindre concours des périostes, puisqu’il ne pourrait être recevable que ces membranes eussent produit le nouvel os, du lieu même où elles auraient cessé d’être

ruginées ou détruites, puisqu’il est certain que tout le cylindre nécrosé en avait été entièrement dépouillé.

Le second fait n’est pas moins péremptoire , en faveur d’une élongation de la substance même de l’os, élongation telle, qu’un vide formé par l’excision de moitié de sa longueur, paraissait presque totalement comblé par les bouts, qui étaient déjà très-près l’un de l’autre, tant le développement du parenchyme celluleux et non lamineux de l’os devenait manifeste.

Si nous avons déjà confirmé, par d’autres témoignages que les nôtres, la première série de nos expériences, nous pourrons justement citer, en faveur de la deuxième série, les observations, entr’autres, dê M. le Professeur Béclar et du Docteur Blaise, de Laon.

M. le Professeur Béclar ( Réflexions sur la nécrose. Bulletin de la Faculté de médecine de Paris , août i8i3), en contestant qu’une véritable régénération soit possible , dit , cependant, et c’est, il nous semble, se contredire évidemment, que lorsqu’il y a discontinuité parfaite entre les deux bouts d’un os fracture par l’extraction de plusieurs esquilles, les os s al-

longent l'un vers Tau Ire, de manière à ce qu'il u y ait pas de raccourcissement.

Le Docteur Blaise ( Essai sur la nécrose. Paris, i8i5), confirme, par plusieurs observations qui lui sont propres , ce genre de développement , en disant qu il peut-être assez considérable pour que les extrémités de l’os puissent se réunir, malgré leur éloignement, et réparer le vide qui s’était formé.

En revenant sur ce que nous avtnïs ântécédemment dit au sujet de la tendance des ouvertures du trépan à se fermer par le prolongement circulaire de leurs rebords , il serait facile d’établir un rapport assez exact entre ce fait et ceux dont nous venons de parler dans la deuxième série de nos expériences, puisqu’en supposant les mêmes circonstances, le vide se comblerait également sans qu’on pût attribuer cette espèce de régénération au périoste ou au péricrâne.

En prouvant évidemment l’élongation des extrémités fracturées, selon le cas qui la détermine, nous pourrions être supris que M. le Baron Larrey ( Notice citée ), dise affirmativement que lorsqu’il existe un vide entre les extrémités

fracturées d’un os long , l’intervalle ne se comble jamais, qu’il n’y a aucune espèce de régénération en un, mot , tandis qu’il a reconnu , d’ailleurs, que les ouvertures du trépan sur le crâne se fermaient par le développement successif de leurs rebords.

Ainsi donc, de quelques faits isolés et sans un examen rigoureux, voudrait -on toujours tirer une conséquence générale?

Les faits sur lesquels M. Larrey repose son assertion, sont, d’une part, une portion de cylindre de l’humérus qu’il a retranchée sur un animal vivant, sans qu’il y ait eu de régénération, le périoste même conservé} de l’autre, des blessés qui, après avoir perdu toute l’épaisseur d’une partie d’un os long, n’ont obtenu aucune réparation du vide qui existait.

Nous devons observer que le temps étant indispensable à cette sorte de régénération, on serait en droit de reprocher à M. Larrey de ne pas avoir déterminé la durée qui s’est écoulée depuis le principe de l’accident jusqu’au moment où il paraît avoir fixé son jugement.

Le but de M Larrey était de prouver, d’ail-

leurs , que la présence même du périoste ne sert pas à la régénération, puisque celle-ci ne pourrait .toutefois s'opérer , selon lui , qu’au moyen des vaisseaux de la substance corticale de l’os, restée saine 5 et encore dans les os longs, laisserait-elle toujours une dépression et un raccourcissement relatif à la perte de substance.

En effet, pour appuyer l’élorigalion en faveur de laquelle nous avons donné une suite d’expériences, où se trouverait donc la difficulté, dans l’hypothèse de Scarpa, que le développement vasculaire se fit aussi bien par les extrémités tronquées que par les portions saines restées de l’os, en partie, nécrosé, ou bien de la fracture?

Nous dirons, cependant, que d’après nos ex« périences de la première série, nous avons été à même de nous convaincre, comme nous l’avons déjà dit, que les portions saines de l’os7 dans le lieu même de la séparation de la nécrose, 11’avaient évidemment paru faire aùcune espèce de progrès en longueur. Mais ne devonsnous pas attribuer ce fait à l’obstacle que los nécrosé devait nécessairement apporter, par sa contiguïté, à leur développement, lorsque, d’ailleurs, la nature régénératrice dirigeait tous ses

efforts vers la surface extérieure de la nécrose pour l’envelopper ou la séquestrer?

Après avoir aussi positivement démontré le vice des théories admises sur le cal , il est sans doute convenable , dans l’affirmation des principes qui nous dirigent, de rappeler aux personnes qui auront pu l’oublier, que l’immortel Bichat avait conçu, relativement au cal, des idées bien moins bornées que les leurs , en donnant à la nature une toute autre puissance que celle qu’ils lui attribuent. Au lieu de restreindre tout au périoste, n’a-t-il pas dit (Anatomie générale. Système osseuoc , p. 208. Maingault), que la formation du cal était plus spécialement due aux tissus compacte et celluleux, ainsi qu’à toutes les parties de la surface divisée en général?

Et c’est en blâmant les opinions particulières de Haller, Duhamel, Fougeroux, etc., qu’il a si judicieusement observé , contr’elles , qu'elles ont toutes un vice fondamental , celui de considérer la nutrition osseuse d'une manière isolée , de ne pas la présenter comme une division de la nutrition générale , d'admettre , pour l'expliquer , des raisonnement unique-

ment applicables aux os , et qui ne dérivent point , comme conséquences , Je eew-r qui servent à établir la nutrition de tous les organes. (Article cité, page 201.)

Certes qu’un raisonnement aussi juste devait encore produire cette espèce de sentence qui le suit , qui , pour s’appliquer d’abord au- même sujet, n’est pas moins de précepte pour toute espèce d’explications médicales : Ne perdons pas de vue ce principe essentiel et sur lequel reposent tous les phénomènes de V économie , savoir , qu'à une multitude cV effets préside un très-petit nombre de causes. ( Article cité , page 201.)

Quoi donc , en conséquence , de plus simple que ce développement de bourgeons qui se fait sur toutes les parties divisées, qui n’est, proprement dit, que l’extension du parenchyme nutritif, se mettant en rapport avec la gélatine, pour passer successivement à l’état cartilagineux, puis osseux, développement fait lui-même du sj^stême vasculaire , principe formateur de toute création organique !

Et n’est-ce pas précisément ce que nous avons été à même de suivre dans la marche des phé-

nomènes qui se sont passés, abstraction faite des préventions coutumières qui pouvaient influencer nos recherches.

Ainsi avons -nous vu les systèmes fibreux, musculaire, cellulaire et osseux, divisés par le résultat des accidens ou de nos épreuves, contribuer à cette transformation que nous avons observée pour la rendre aussi fidèlement que notre intelligence nous a permis de le faire.

Avec des idées aussi peu bornées que celles de Bichat , lorsqu’elles sont si souvent circonscrites ailleurs , parce que nous ne voulons guères donner à la nature que les limites étroites de notre génie, on ne sera, conséquemment, pas étonné que ce grand homme, en parlant de l’irrégularité naturelle du cal, ait dit pour favoriser la doctrine de la régénération, qu'il était, d'autant plus gros que les bouts ont resté plus écartés , parce que les bourgeons charnus ayant eu plus despace ci parcourir pour se rencontrer , se sont plus étendus , et , par conséquent, ont absorbé plus de substance nutritive. (Article cité, page 201.)

Pourrait-on dire que cette explication ne renfermât pas implicitement la proposition de la

2.e série de nos expériences, lorsque l’antécédent démontrerait, avec évidence, l’exactitude des résultats de la i.ie sérié, ainsi que celle des phénomènes qui se sont passés dans le sujet de l'observation que nous avons d’abord donnée.

Le Docteur Freteau, dont nous avons mentionné 1 observation, n’a pas autrement expliqué, que Bichat, le bel exemple qu’il nous a donné d'une régénération complète de toute l’épaisseur de la presque totalité du corps entier du tibia.

Le célèbre Paré [des moyens de procéder ci Ici ■ sep ai a don des os caries , p. 'j 20 de ses ceuvi es ) , sans nous eclairer bien positivement sur la nécrose qu'il paraît confondre avec la caiie, a dit, a 1 avantage de la régénération, lorsque l’os carié est expulsé, qu’il se faut lié garder d appliquer dessus quelques méclicamens corrosifs , de peur de consumer la chair que nature aura produit dessus : laquelle estant nouucllement engendrée , est molle comme formage nouucllement coagulé, à cause qu'il n’y a guères que le sang y est concret et pris ; pourtant se faut donner garde de la consumer par médicamens âcres.

C'est auec le temps elle s'endurcit et se forme en manière de petits grains de grenade , en laquelle on void la sanie rougeastre , polie , égale , glutineuse , non fétide et puis blanche.

Paré, en donnant à penser que la régénération de l’os s’opère plus particulièrement dans les os longs ,• avait, sans doute, eu déjà des motifs pour croire, comme il le dit dans son i5.e livre des Fractures, p. 542, que de la médulle et de la propre substance de Vos , se faict une résudation crasse et terrestre , dont s'engendre et faict le callus , par la vertu nutritive , tenant le lieu de formatrice.

Ainsi, en se servant du témoignage des autorités que nous avons consultées , reste- t-il positif que les différens systèmes peuvent concourir à la formation du cal et de sa régénération , sans qu’on ait tout à attribuer au périoste ou à la substance seule de l’os.

L’anatomie pathologique n’a -t- elle pas, d’ailleurs, péremptoirement prouvé de nos jours que chacun de nos tissus pouvait également s’ossifier , sans que cette opération puisse être attribuée pour cela au périoste qui n’existe que sur le système qu’il recouvre ?

À-t-on vu que cette membrane préexistât à la formation des os dans Femhryon, et pourquoi lui accorderait-t-on, alors, plus que la nature ne lui a départi ?

S’il n’y a nul doute que cette membrane distribue à l’os la plus grande partie de ses vaisseaux, que son intégrité ne soit nécessaire à la vie de ce système, ne suffirait-il pas de lui donner cet attribut de fonctions avec sa part de concours à la régénération ou à la formation de l’os , quand elle existe encore , sans qu’on puisse dire qu’elle soit le seul moyen dont la nature se serve en pareil cas , ainsi qu’on le supposerait trop exclusivement de la substance osseuse elle-même.

N’avons-nous pas en effet prouvé que la re% génération de l’os s’était évidemment opérée là où le périoste et la membrane médullaire avaient été détruits , ainsi que toute l’épaisseur d’un os dans une étendue considérable ?

L’expérience XII de Troja attesterait, seule, contre le système qu’il a admis , la régénération sans la moindre participation du périoste , puisqu’il est de fait qu’il avait obtenu un nouvel

os dans le lieu meme où il avait de' trait cette membrane.

La re'ge'ne'ration , comme nous l’avons, d’ailleurs, positivement prouvé, ne serait pas moins démontrée, où il y aurait destruction entière de la continuité de l’os.

Nous pourrions tres-bien aussi, dans ce cas, nous prévaloir de cette propre assertion du docteur Cruveilhier : M. le Docteur Thomas nia donné un tibia nécrosé , enveloppé dans les deux tiers de sa surface par un os nouveau , spongieux $ la surface de ce tibia est trèslisse, et présente tous les sillons , même les plus petits , de celle d'un os sain. J'ai vu d'autres os qui étaient dans le même état , et certes , ce sont bien là des exemples de né et ose de toute l épaisseur de Vos. ( Anatomie pathologique, transformation et productions organiques, T. 2, page 37.)

Il resterait donc constant , par le résultat des observations qui ont été faites dans l’esprit le plus impartial, en consultant en même temps nos propres expériences, qu’au lieu de s’asservir à une seule opinion, on pourrait justement ad-

mettre le concours des systèmes de IIaller , de Dethleef, de Bordenave, de Duhamel et de Scarpa, dans les rapports que nous avons été à même d’assigner. C’est ainsi que nous avons vu une humeur gélatineuse épanchée, l’élongation des bouts d’os, les muscles, le tissu cellulaire, le périoste lui-même, concourir, à-lafois , à la régénération de l’os. Ainsi avons-nous vu cette humeur visqueuse , contenant les rudimens de l’ossification, s’épancher, s’infiltrer à travers les tissus pour passer successivement à l’état cartilagineux et osseux. L’élongation des bouts fracturés nous a également été démontrée !

Nous sommes sans doute autorises à tirer aussi nos preuves de M. Cullerier ( Mémoire cité, À nnuaire méclico-chirurgical ), qui a vu la dure mère s’ossifier, sur quelques points, pour contribuer à fermer une ouverture provenant d’une large nécrose du crâne } de Troja et du Docteur Cruveilhier (Ouvrages cités), qui ont observé que les muscles avaient contribué à la formation du cal dans des fractures} de Tenon , de MM. Blaise et Béclar ( Articles cités ) , qui se sont assurés de l’élon- «ation des bouts fracturés; de MM. Scarpa,

Pucherand et Léveillé ( Ouvrages cités ) , qui

se sont convaincus du développement du parenchyme de l’os dans son épaisseur.

M. Cruveilhier (Ouvrage cite'. Ossification de la membrane médullaire , T. ■ 2, page \ 1 ), dit, au sujet de l’ossification de la membrane médullaire, et de la moelle elle-même, qu’il a évidemment observée , avec le docteur Breschet, dans des fractures faites à des pigeons, qu’il ne peut expliquer la formation du cal dans l’écartement de 52 millimètres, entre les deux fragmens d’un tibia fracturé que lui avait fait voir le Docteur Tuilier, qu’en l’attribuant à l’ossification des muscles. M. Cruveilhier avait, d’ailleurs, vu cette transformation de muscles en substance osseuse dans deux pigeons dont il avait fracturé les os.

Comme nous l’avons dit, celte dernière espèce d’ossification nous a paru manifeste dans l’observation de Dupeyra, ainsi que dans la deuxième série de nos expériences.

Le fait de Dupeyra ne nous avait pas moins démontré que la régénération passait aussi par le fibro - cartilage , substance cpii unissait sensiblement le bout inférieur du tibia tic notre

blessé à une lame plus solide, qui était déjà en grande partie osseuse.

Assez embarrassé d’expliquer la consolidation, sans raccourcissement, d’un vide absolu de 54 millimètres , après une fracture du tibia, le Docteur Cloquet, dans son rapport sur ce fait donné par le Docteur Pellieux aîné (Dissertation citée ) , demande s’il ne faut pas croire que comme dans la fracture de la rotule, il 11e se serait pas développé un tissu fibreux particulier , occupant l’espace compris entre les deux fragmens de la fracture.

Cette conjecture du Docteur Cloquet estelle, du moins, un aveu modeste sur le doute qu’il devait justement émettre, entraîné peutêtre, dune part, par l’opinion qui se refusait à admettre la régénération , de l’autre par cette sorte de conviction que lui offrait l’observation du Docteur Pellieux.

Nos travaux ne nous ont rien fait trop préjuger, d’ailleurs, en faveur de l’ossification du périoste interne et de la moëlle. Nous avons seulement observé, ainsi que nous l’avons dit au sujet de la 2.c série de nos expériences, que les bouts d os sépares de la nécrosé n’avaient

pas éprouvé le moindre allongement , qu’ils étaient simplement fermés par ossification, un peu au-dessus de leur séparation, et recouverts d’une manière aussi lisse que tout l’intérieur du séquestre, dont ils formaient les sommets du cône, réunis vers le centre de la nécrose.

Il est présumable que la surface interne lisse du nouvel os, serait devenue, par la suite, après la disparition du vieux os nécrosé, une véritable membrane médullaire, qui, plus concentrée par le resserrement du nouvel os, aurait fini par produire de la moëlle. Ceci paraît assez évident d’après quelques faits. Nous le vérifierions en multipliant nos expériences, ainsi que nous nous le promettons.

La deuxième série de nos expériences nous a également démontré l’obturation ou l’occlusion entière du canal médullaire avec le développement laminé ou arrondi et anguleux des extrémités tronquées , sans que le canal médullaire ait paru plus spécialement fournir à l’élongation de l’os.

La régénération du tibia de Dupeyra nous présenta des circonstances aussi curieuses que convaincantes : le développement en longueur

du bout supérieur ou fémoral , tandis que le bout inférieur ou calcanien, sans augmentation de substance, s’unissait, par un fibro-cartilage, à une lame assez épaisse, en partie cartilagineuse et osseuse, dépendante d’une surface albumineuse dans laquelle se trouvaient, à quelques intervalles, des noyaux osseux plus ou moins larges, ainsi que le démontre la i.re figure de la première planche de notre ouvrage.

Ce que nous avons dit relativement au périoste et à la membrane médullaire , nous fournit ici l’occasion de citer un fait remarquable du Docteur Lebel, en opposition avec la manière de voir de MM. Richerand et Léveillé, qui, d’après Brun, prétendent que la mort de ces deux membranes est indispensable, pour que la nécrose de toute la circonférence et de toute l’épaisseur d’un os long ait lieu.

Le Docteur Lebel ( Ouvrage cité ) , parle , en conséquence, de l’extraction qu’il a faite de i35 millimètres de long de toute l’épaisseur d’un tibia nécrosé , bien que la plus grande partie du périoste fut restée intacte , ainsi que toute la moelle de cette portion d’os, la régénération de celui-ci s’étant assez évidemment opérée pour que le blessé pût marcher sans claudication.

Ce cas tendrait sans doute encore à prouver, à l’appui de nos observations, que la régénération des os pourrait avoir toute autre source que l’ossification des membranes dont nous venons de parler, sans les exclure, toutefois, de cette œuvre, dans les circonstances qui leur seraient favorables , puisqu’il est de fait que tous les tissus peuvent y contribuer.

Il nous resterait enfin , favorisé par la 7.ni® expérience de la deuxième série , à dire ce que nous pensons de la nouvelle explication du cal donnée par John Howship. (Mémoire cité.)

Nous pourrions être autorisés, il nous semble, d’après ce fait qui nous est propre, de la présence du coagulum du sang, qui, dans cette circonstance seule, a servi d’occasion à la formation de brides fibreuses, ossifiées çà et là, pour concourir, ainsi que les extrémités osseuses, tuméfiées, à une véritable régénération, sans que le coagulum ait pris, lui-même, aucun caractère de vitalité par le développement de vaisseaux sanguins, à penser que la théorie de Howship ne pourrait être d’une application générale, parce qu’elle supposerait toujours la nécessité de l’infiltration du sang dans le périoste,

ou son accumulation dans les parties environnantes de la fracture de fos nécrosé, pour que les vaisseaux artériels qui s’y développeraient pussent constituer le cal ou la régénération.

N’ayant observé nous -mêmes qu’une seule fois, sur seize pigeons, le phénomène de l’expérience que nous rapportons ici, noire pouvons justement être étonnés que Howship veuille fonder sa théorie sur des choses purement éventuelles, qui ne peuvent également exister partout. Et certes que son injection des vaisseaux du cal n’ajouterait rien à l’explication qu’il voudrait nous donner , puisqu’il était bien reconnu avant lui, que le cal s’organisait ainsi cpie l’os lui-même.

Le Docteur Pugal nous a transmis ( Annales cliniques de la société de médecine de Montpellier, juin 1812.) l’observation d’un cal évidemment établi sur un os régénéré qui s’était fracturé après avoir acquis une organisation aussi parfaite que celle de la portion d’os qu’il avait remplacée.

La théorie d’HowsHiP ne pourrait donc être recevable dans tous les cas, puisqu’elle tendrait

à généraliser un simple phénomène. Par exemple, concevrait-on qu’elle put être admise pour rendre raison de la régénération d’un os , lorsqu’on aurait à peine trouvé un peu de sang épanché ? On ne devrait considérer , en conséquence, l’explication d’Howsmp que comme un moyen de plus pour éclairer le travail de la régénération, ainsi que le cas pathologique, n.° 7, de la 2.e série de nos expériences, le démontre. Voyez les figures 9 et 10 de la 2.e planche. Les autres numéros de la même série prouvent évidemment, pour ce mode d’expériences , que le moyen d’Howsmp s’y trouve en défaut.

Nos expériences , au résumé , pourraient être considérées comme la suite et la conséquence même de celles de MM. Willermé et Breschet, relativement aux fractures qu’ils ont faites sur des chiens et des pigeons pour observer les progrès du cal.

C’est ainsi que nous pourrions nous servir de cette conclusion du Docteur Willermé ( article Ossification du cal , page 436 du tome 38 du Dictionnaire des sciences médicales ) , pour baser la théorie que nous partageons avec lui

et le Docteur Breschet, à part ce qxii nous est plus spécialement propre, ceci ne concernant que les fractures : Le cçil ou la cicatrice des os fracturés , n'est pas exclusivement du à V épanchement d'un Jluide particulier qui se concrète ou passe graduellement à Vétat osseux , ni non plus dans la plupart des cas à celle des bourgeons charnus développés sur la cassure , mais il est souvent du à toutes ces circonstances réunies ou à une partie déliés ; et dans tous les cas , le résultat dune série d'altérations qui s'observent dans les parties molles avoisinant immédiatement la fracture dans le périoste , dans les cavités des os , dans leur tissu lui-même , et dans la substance intermédiaire des fragmens.

M. le Professeur Dupuytrin ( Cours oral d anatomie pathologique') avait déjà , en grande partie, avoué ce jugement dans la distinction qu'il a faite du cal provisoire et du cal définitif, afin de mieux expliquer les phénomènes de l’ossification.

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