PLAN DU TRAVAIL
Nous désirons dans ce travail exposer les recherches personnelles et originales que nous avons faites en étudiant depuis sept ans lès microbes anaérobies. Cette classe de microbes est loin d’avoir conquis la place considérable qu’elle doit occuper par son importance biologique et en raison du grand nombre d’affections animales et humaines qu’elle détermine, ou dont elle dirige l’évolution. La technique classique, délicate et difficultueuse, est cause en partie du petit nombre de recherches faites à ce sujet. Il nous a paru important d'établir une technique simple et rigoureuse, d’un emploi rapidement accessible à tous les travailleurs : le procédé de la boîte de Pétri, le tube cacheté, le tube cacheté étranglé répondent à ce desideratum. Mais le souvenir de nos études de zoologie et de botanique, l'enseignement de MM. Delage et Bonnier, la lecture des travaux du prof. Giard, certains faits partiels signalés dans différentes recherches de bactériologie nous amenèrent à penser que la fonction « anaérobiose » n'avait pas la valeur absolue que lui donnait encore la Bactériologie classique. Nos procédés de mensuration de l'anaérobiose, l'étude du tube profond, du tube étroit eurent vite fait de nous convaincre qu'il était facile de cul-
tiver au contact de l'air les microbes dits à tort avant nos recherches anaérobies stricts. L'aérobisation des anaérobies nous a amené à étudier la biologie des microbes ainsi adaptés à une nouvelle existence et à formuler des lois biologiques nouvelles. Enfin nous avons pu formuler une hypothèse rationnelle sur l’origine des anaérobies pathogènes et poser les bases d’une nouvelle méthode d'immunisation des animaux dont l'avenir nous dira la valeur, et dont ce travail rapporte les premières constatations. Ce travail sera divisé en trois parties. Dans la première partie, nous préciserons notre technique; dans la deuxième partie, nous ferons le relevé des faits expérimentaux, qui se rapportent aux microbes étudiés ; dans la troisième partie, nous dégagerons les faits généraux qui découlent des expériences faites. Une conclusion résumera en quelques propositions notre travail.
D'accord avec nos maîtres, nous avons dans cette étude fait une part minime à la bibliographie. Les procédés de culture des anaérobies sont largement décrits dans les traités classiques et rien n’eût servi d'en recopier la description. Quant à l'aérobisation, méthode nouvelle, elle ne comporte pas de recherche bibliographique; toutefois nous n'avons pas voulu passer sous silence les travaux de bactériologie qui présentent avec les nôtres une analogie même lointaine; nous signalons dès notre introduction les travaux de Tarozzi qui postérieurement à nous a conçu un procédé de culture des anaérobies au contact de l'air.