DISCUSSION DES RÉSULTATS OBTENUS CHEZ LES VARIQUEUX
Les malades variqueux n’ont jamais atteint un pourcentage de chute égal ou supérieur à 30 %, sauf dans l’observation n° 9 où la malade présentait des varices essentielles remarquablement bien tolérées et strictement unilatérales. Les temps de chute sont voisins de la normale (entre 4 s. et 37 s.), les temps de retour sont diminués (entre 10 s. et
La pose d’un garrot modérément serré sous le genou a toujours amélioré la chute de pression chez ces malades et a allongé les temps de chute et de retour, c’est-à-dire a rapproché beaucoup des conditions normales, ce garrot jouant le rôle d’une véritable valvule. Le garrot, en oblitérant les veines superficielles, empêche le reflux veineux si l'insuffisance valvulaire est en aval et, si cette insuffisance est située en amont, oblige tout le sang veineux superficiel à emprunter la voie profonde qui, chez ces malades, est encore théoriquement intacte. Il allonge le temps de retour en interdisant de la même manière un reflux veineux.
Lorsque la courbe présentait des oscillations nettes pendant la marche, le port du garrot ne modifiait pratiquement pas l'amplitude de ces oscillations. IMPALLOMENI voit là la manifestation d'une insuffisance des communicantes, ce qui se comprend ; mais nous n'avons pas assez d'observations pour en juger.
Si l'effort fourni dans l'épreuve de la marche varie beaucoup avec chaque individu, il reste suffisant pour amener la pression veineuse à son niveau d'activité ; 1l en est autrement dans l'épreuve de VALSALVA. Chez nos témoins qui comprenaient le sens de l'épreuve et savaient la pratiquer, les résultats sont certes valables. Il en ira différemment pour nos malades chez lesquels l'épreuve de VALSALVA sera plus souvent imparfaitement remplacée par un exercice de poussée abdominale. Soulignons que le garrot a toujours supprimé l'augmentation de pression ; enfin, chez deux sujets (obs. n° 7 et n° 10), l'augmentation a été assez importante et, surtout, immédiate ( 20 et + 18 mm Hg).
Dans l'observation n° 7, le malade était atteint d'une périphlébite, les temps de chute et de retour sont très diminués (4 et 10 s.), le garrot a nettement amélioré la chute qui passe de 8 % à 25 %. Il est vrai qu'il ne s'agissait que d’une périphlébite légère, qui avait très rapidement guéri.
Chez ce même malade, l'épreuve de VALSALVA a entrainé. une augmentation immédiate et importante de la pression qui passe de 80 à 130 mm de mercure ; le garrot a supprimé cette augmentation. Cette importante hyperpression est cependant bien loin d'atteindre celles qui ont été constatées par DELBET (260 mm Hg) et par ApamMs (224 mm. Ha). Les mesures de pression intra-abdominale réalisées par MurPHY et MENGERT à l’aide d’un ballonnet intravaginal relié à un manomètre, montrent d'ailleurs à l'effort des pressions qui atteignent 200 mm de mercure. Sans évidemment atteindre de telles valeurs, on peut supposer que la pression abdominale réalise à chaque instant des poussées brusques à l'effort, dans les changements de position et dans les mouvements inspiratoires forcés. Et on peut considérer le système veineux des membres inférieurs comme constamment soumis en orthostatisme à un régime de surpression exercé dans son ensemble par les contractions musculaires du membre inférieur et dans sa partie haute par les variations de la pression intra-abdominale. À cela s'ajoute la nécessité d’adaptations rapides aux variations, la pression veineuse orthostatique, par exemple, étant égale à au moins cinq fois celle de décubitus. Et l’on ne peut que s'étonner de l'extraordinaire résistance du système veineux.