III'^ TABLEAU
Rapport projjotiionncl tics différents principes du sang dans les Jiivrcs continues cn/nplicpu'cs dans leur cours d'une phlagninsic.
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()<= cas (g).!
(a) Complication d'angine assez intense.
(b) Recrudescence de l'angine.
(c) Angine couenueusc.
(d) Complication d'érysipèle de la face très léger.
(e) Gonflement et rougeur des amygdales.
(r) Bronchite aiguë intense ; la malade est souffrante depuis quelques mois.
(g) La malade a accouché, il y a trois mois , et a toujours été souffrante depuis.
(h) Symptômes de méningite peu intense.
§ III. — Du sang dans la fièure typhoïde. — Nous avons examiné le sang cliez vingt individus atteints de cette maladie , et dans cinquante saignées.
Nous n'appelons du nom de lièvre typhoïde que la,
fièvre conliiuu; (|ui roconnait pour caraclère analomique rinllainmaliou cxantliémateuse , puis ulcéreuse, des folli- < ides intestinaux. Les lésions dont le tube digestif est le siège dans cette maladie, toutes spéciales qu'elles sont, appartiennent par leur forme aux lésions phlegmasiques; par conséquent on serait eu droit de supposer que , dans une pyrexie de ce genre, le sang doit participer jusqu'à un certain point de ce qu'il y a d'inflammatoire , sinon dans l'essence de la maladie , au moins dans l'altération des solides cpii l'accompagne; mais il n'en est nullement ainsi. Le sang de la fièvre typlioïde n'a aucune sorte de l apport, sous le point de vue de la proportion relative ou absolue de la fibrine, avec le sang des inflammations. Quelle que soit l'intensité de la phlegmasie intestinale , le sang n'eu emprunte pas ses caractères. Mais tandis que les idcérations des voies digestives, dans la fièvre typhoïde, quels que soient leur nombre et leur étendue, ne sauraient donner au sang les qualités que l'inflammation lui imprime, le sang pourra revêtir exceptionnellement ces qualités, si dans le cours d'une fièvre typhoïde, il survient une phlegmasie accidentelle, dont l'existence reste indépendante de celle de la fièvre au milieu de laquelle elle s'est jetée. A l'exception de ce dernier cas , dont nous traiterons à part, la fibrine, dans une fièvre typhoïde bien caractérisée, ne s'élève jamais d'une manière notable au-dessus de son chiffre physiologique ; elle le conserve assez souvent ; rnais souvent aussi elle s'abaisse au-dessous de lui , offrant ainsi une manière d'être précisément inverse de celle qu'elle offre dans toute phlegmasie bien établie. En outre, tandis que, dans celle-ci, la fibrine augmente en raison directe de l'intensité de la maladie, c'est le contraire qui a lieu dans la fièvi"e ty-
phoïde; plus celte fièvre acquiert de gravité, et plus la c|uantité de fibrine va en diminuant; et cette diminution peut être telle, que c'est dans certaines formes graves de la fièvre typhoïde que s'est trouvé pour nous le minimunx de la fibrine, tandis que son maximum s'est rencontré dans la pneumonie. Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que cette fibrine diminue ainsi ou par la répétition des saignées, ou par la prolongation de la diète. Car dans quelque maladie que ce soit, faites intervenir les influences de diète et de perte de sang , vous ne verrez pas diminuer la fibrine, si ce n'est dans quelques cas très rares, dont nous avons précédemment parlé, alors que l'organisation est profondément épuisée par des hémorragies très abondantes et très répétées , et encore dans ces cas la diminution de la fibrine est constamment précédée d'une très grande diminution des globules ; or c'est ce qui n'a pas lieu dans la fièvre typhoïde. Ajoutons enfin que dès que cette fièvre reprend une tendance vers le mieux, et avant que l'économie ne se soit réparée par assez d'aliments, on voit sur-le-cbamp la fibrine remonter vers un cliifFre plus élevé pour continuer à augmenter dans la convalescence , et cette ascension de la fibrine a lieu à une époque où les globules continuent à descendre, vu l 'épuisement où est encore le malade , et l'insuffisance de son alimentation. Nous avons vu, en parlant de l'état du sang dans les pblegmasies , que dès le début même de ces maladies, et avant que les saignées ou la diète n'eussent agi, les globules, loin de s'élever, avaient au contraire, dans beaucoup de cas du moins , une tendance marquée à diminuer. Dans la fièvre typhoïde les globules offrent une tendance inverse : plus en effet on examine le sang à une époque rapprochée du début de la maladie, plus on
trouve de cas clans lesquels les globules "non-seuleiiienl n'ont pas diminué, mais ont au contraire augmenté d'une manière très notable. Nous ne disons pas qu'il en est toujouis ainsi, nous disons qu'il en a été ainsi dans plus de cas que dans la plupart des autres maladies , et cela nous semble d'autant plus digne d'attention, quedéjà, dans les cas relatifs au prodrome des fièvres continues , nous avons constaté la même disposition des globules à devenir plus nombreux. Si maintenant nous recherchons le chiffre des globules à une époque plus avancée de la fièvre , nous trouverons que dans plusieurs cas ils se maintinrent encore assez élevés 5 et si, malgré une diète déjà longue et des pertes de sang déjà siibies, on trouve encore le chiffre des globules un peu au-dessus de la moyenne ou à son niveau, on ne devra pas hésiter à en conclure que dans les premiers temps de la maladie le sang a dû contenir un grand excès de globules, sinon il en offrirait moins à l'époque avancée où on l'examine.
L'augmentation du nombre des globides est donc un des traits saillants qui ressortent de l'analyse du sang dans la fièvre typhoïde. Mais cette augmentation n'est pas constante, comme l'est l'augmentation de la fibrine dans les phlegmasies; elle n'est donc pas tme condition essentielle de l'existence de la maladie; et ce qui le prouve encore, c'est que, même dans le cas où les globules sont très abondants au début , ils ne tardent pas à le devenir de moins en moins , à retomber vers leur chiffre normal , ou à s'abaisser au-dessous, et cependant la maladie continue et s'aggrave. Remarquons toutefois que dans le cas même où, absolument parlant , la quantité de globules n'est pas très considérable , elle peut l'être encore beaucoup relativement à la fibrine, qui a généralement diminué.
En résumé, une diminution de la fibrine d'autant plus marquée et d'autant plus considérable que la fièvre typhoïde a elle-même plus de gravité , voilà le trait caractéristique de l'altération du sang dans cette maladie , d'où se déduit, comme autre trait, un excès de globules pairapport à la fibrine; mais dans les premiers temps il n'y a en réalité (et cela même pas toujours) qu'excès de globules, et la fibrine n'est alors en moins que par rapport à eux. A une époque de gravité plus grande , il y a en réalité diminution de la fibrine , d'où il suit que le caractère fondamental de l'altération du sang dans la fièvre typhoïde ne se développe ou ne devient manifeste que dans sa forme grave, et que, dansles cas légers, il peut arriver que le sang ne présente que des caractères purement négatifs. Prouvons maintenant ces divei^ses assertions par l'indication de quelques chiffres.
Dans les divers cas de fièvre typhoïde dont nous présenterons ci-dessous le tableau général, la fibrine a donné pour maximum 3,7, et pour minimum 1(1)5 ^^ous ne pre-
(1) Nous avons cité plus haut un cas que nous avons plus récemment observé, et dans lequel le sang ne compterait plus que o ,9 en fibrine. L'individu auquel ce cas est relatil' était parvenu, lorsqu'on le saigna, à ce degré de la fièvre typhoïde où les symptômes adynamiques sont très prononcés ; il avait du délire , une stupeur considérable, et du sang s'écoulait comme passivement de la surface de la membrane muqueuse de la bouche et de celle des fosses nasales; la langue et les dents étaient couvertes de croûtes noires. Malgré cet étal très grave, et malgré cet abaissement si remarquable du chiffre de la fibrine, le malade est aujourd'hui en pleine convalescence.