Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang, fibrine, globules, matériaux solides du sérum, et eau, dans les maladies
•Sur les modifications de proportion de quelques principes du sang (fibrine, globules, matériaux solides du sérum, et eau) dans les maladies;
Par MM. ANDRAL f.t GAVARRET.
Nous nous proposons de faire connaître dans ce Mémoire (i) les résultats des recherches que nous avons entreprises, dans le but de déterminer les changements de proportion que quelques principes du sang, savoir, la fibrine, les globules, les matériaux solides du sérum et l’eau, peuvent éprouver dans les maladies.
Nous avons réservé le nom de librine à celte partie du sang qui vient adhérer, sous forme solide, au balai avec lequel on fouette la masse de ce liquide, aussitôt après sa sortie de la veine. Nous ne discuterons pas la question de savoir si les globules sont eux-mêmes formés par de la librine, ou si la fibrine diffère réellement de l’albumine. Ce qui importe surtout, pour le but que nous nous sommes proposé d’atteindre dans ce Mémoire, c’est de constater jusqu’à quel point et dans quelles limites celle partie spontanément coagulable, qui se sépare du reste du sang par le battage, peut varier de quantité ; c’est de
(1) Nous avons communique ce Mémoire à l’Académie des Sciences (séances du ^7 juillet et du 3 août 1840).
,lnu. cl- Chili!, cl de l'hys , ï i.xxv. (Novembre 18 jo.) |5
rechercher si ces variations de quantité ne sont pas en rapport soit avec certaines modifications de constitution du sang, soit avec certains états morbides. Or nous pouvons affirmer, d après nos recherches, qu’il en est réellement ainsi. Ce que nous savons également, c’est qu’en soustrayant ainsi la fibrine d’une masse donnée de sang, on n’altère point la constitution des globules : lorsqu’en effiet, ainsi que nous l’avons pratiqué, on a aussi complètement que possible défibriné une portion de sang par les procédés ordinaires, et qu’on examine au microscope cette portion défibrinée, on y trouve les globules à un état d’intégrité parfait.
Quant aux matériaux solides du sérum , ils doivent être considérés comme une partie très complexe , dont nous ne nous sommes pas proposé de séparer les nombreux principes, et dans laquelle seulement nous avons cherché à isoler les uns des autres, d’une part les matériaux organiques, et d’autre part les matériaux inorganiques. Relativement à l’objet spécial de nos recherches, nous avons dû nous rappeler que la majeure partie des matériaux organiques étaient de l’albumine.
Depuis le mois d’octobre 1839 jusqu’au mois de juillet i84o, nous avons étudié les proportions de la fibrine, des globules, des matériaux solides du sérum, et de l’eau sur 36o saignées, pratiquées chez 200 malades reçus dans nos salles de l’hôpital de la Charité.
Ces recherches ont été faites en isolant et pesant les différents principes dont nous voulions déterminer les différences de quantité dans les maladies, et pour cela nous avons employé le procédé suivant, indiqué par MM. Prévost et Dumas, et auquel M. Dumas nous a conseillé d’avoir recours pour ce genre de recherches.
Le sang est reçu dans deux capsules d’égale capacité, et dont chacune peut contenir 180 grammes d’eau.
Dans une des deux capsules on recueille les premier et quatrième quarts de la saignée ; on abandonne cette portion de sang à elle-même, pour la laisser se coaguler.
Dans l’autre capsule on recueille les deuxième et troisième quarts de la saignée; on bat immédiatement cette seconde portion de sang, pour obtenir la fibrine, qu’on lave avec soin.
Les deux portions de la saignée ainsi séparées doivent avoir la même composition, quelle que soit linlluence de l’écoulement sur la composition du sang recueilli.
Quand la coagulation est elïectuée, ou sépare avec soin le sérum du caillot et l’on dessèche :
i°. La fibrine qui avait été obtenue en battant la moitié de la saigrn e;
2°. Le sérum;
3°. Le caillot.
On pèsela fibrine sèche, et l’on connaît ainsi la quantité de fibrine que contient le caillot sur lequel on opère.
On pèse le sérum après dessiccation complète, et I on connaît ainsi sa composition en eau et en matériaux solides.
On pèse enfin le caillot desséché : la quantité d’eau qu’il contenait, représentée par la perte éprouvée dans cette opération de dessiccation, permet de calculer la quantité de matériaux solides du sérum que contient le caillot desséché ; en retranchant dit poids du caillot sec le poids de la fibrine, plus le poids des matériaux solides du sérum qu’il contient et qu’on a calculé, il reste le poids des globules que renferme le caillot.
Cette suite d’opérations fournit donc
i°. Le poids de la fibrine ;